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Un homme de 24 ans résidant à Québec fait face à une série d’accusations de terrorisme après une enquête de la Gendarmerie royale du Canada qui l’aurait mené jusqu’à un projet d’arme chimique destiné à empoisonner des citoyens canadiens.
Louay Angoud est accusé d’avoir eu l’intention de perpétrer au moins une attaque au nom du groupe terroriste État islamique, selon la GRC. L’affaire prend désormais une dimension supplémentaire alors qu’un propriétaire de Québec affirme que le jeune homme lui avait déjà parlé de « célébrer le 11 septembre ».
Des contacts allégués avec l’État islamique
Selon l’enquête de la GRC, Angoud aurait communiqué sur Internet avec des membres d’un groupe terroriste. Il aurait également recueilli des renseignements lui permettant de fabriquer une arme chimique susceptible d’être utilisée pour empoisonner des Canadiens.
L’enquête a été confiée à l’Équipe intégrée de la sécurité nationale, l’unité spécialisée chargée d’enquêter sur les menaces terroristes et autres dossiers touchant la sécurité nationale.
La police fédérale affirme qu’Angoud aurait envisagé « au moins une attaque » pour le compte de l’État islamique. Aucun détail n’a encore été rendu public concernant une cible précise, un lieu éventuel d’attaque, le produit chimique envisagé ou le degré d’avancement réel d’un éventuel dispositif.
Il est donc important, à ce stade, de distinguer la recherche d’informations alléguée par les policiers de la possession effective d’une arme chimique : la GRC affirme qu’Angoud recueillait de l’information pour en fabriquer une, mais n’a pas annoncé avoir découvert une arme chimique fonctionnelle.
« Il célébrait le 11 septembre »
L’élément le plus troublant apparu dans les heures suivant l’annonce de l’arrestation provient du propriétaire de la maison de chambres du chemin Saint-Louis où résidait Angoud.
Dans un entretien accordé au Journal de Québec, Guillaume Ratté-Côté affirme avoir un jour proposé à son locataire de l’aider à effectuer un travail dans l’immeuble.
Angoud aurait refusé en lui expliquant qu’il n’était pas disponible parce qu’il « célébrait le 11 septembre », affirme le propriétaire.
Ratté-Côté soutient également que les accusations annoncées jeudi ne l’ont pas complètement surpris. « Avec tout ce qu’il m’a dit au fil des ans, ça ne m’étonne pas tant que ça », a-t-il déclaré au quotidien. Ces propos constituent le témoignage du propriétaire et n’ont pas, à ce stade, été éprouvés devant un tribunal.
Selon le même reportage, Angoud résidait dans cette maison de chambres du chemin Saint-Louis et y aurait été arrêté mercredi soir.
Quatre accusations criminelles
Angoud fait maintenant face à quatre chefs particulièrement sérieux : utilisation ou possession de biens à des fins terroristes, commission d’une infraction au profit d’un groupe terroriste, participation à une activité d’un groupe terroriste et possession d’une arme dans un dessein dangereux.
Selon La Presse Canadienne, les peines associées aux accusations auxquelles il fait face peuvent aller de dix ans d’emprisonnement jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité, selon le chef et l’issue des procédures.
Le jeune homme devait comparaître jeudi alors que l’enquête et les procédures judiciaires ne font que commencer.
La GRC dit pour sa part faire de la lutte contre la radicalisation menant à la violence une priorité et affirme poursuivre ses efforts contre ce qu’elle qualifie d’« extrémisme violent à motivation religieuse ».
Une affaire qui demeure entourée de nombreuses inconnues
Malgré la gravité exceptionnelle des accusations, plusieurs éléments essentiels demeurent inconnus jeudi après-midi. Les autorités n’ont pas précisé comment Angoud aurait établi ses contacts avec des membres de l’État islamique, depuis combien de temps il était surveillé ni ce qui a précisément déclenché son arrestation.
On ignore également si les enquêteurs ont saisi des substances chimiques, du matériel de laboratoire ou seulement de la documentation et des communications électroniques.
L’affaire est néanmoins inhabituelle par la combinaison des accusations : les policiers ne parlent pas seulement de propagande ou de soutien idéologique à l’État islamique, mais d’un individu qui aurait cherché à acquérir les connaissances nécessaires à la fabrication d’une arme chimique dans l’objectif allégué d’empoisonner des citoyens.
Ces affirmations demeurent toutefois celles de la poursuite et de la GRC. Louay Angoud est présumé innocent tant que sa culpabilité n’aura pas été établie devant un tribunal.


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