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Le programme Environnement-Plage, mis en place en 1970, est désormais chose du passé. Québec ne fera plus le suivi de la qualité de l’eau des plages de la province. C’est maintenant aux exploitants de plages qu’il revient d’assurer, de façon autonome, l’échantillonnage de l’eau pour garantir la sécurité des baigneurs.
Au Bas-Saint-Laurent, le ministère assurait le suivi de huit plages en 2025 en vertu de ce programme volontaire.
La porte-parole régionale au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Ghizlane Behdaoui, souligne qu’au Québec, aucune réglementation n’oblige les exploitants de plage de faire des tests de qualité de l’eau. La seule obligation des exploitants est d’offrir une eau de baignade de qualité.
Ils offrent un indice de la qualité de l'eau de baignade pour avoir plus de clientèle, pas parce que c’est la loi, explique-t-elle.
Mme Behdaoui ajoute que les exploitants des plages assumaient déjà les coûts des tests de qualité de l'eau. Le ministère, ce qu'il faisait, c'était d'assurer la logistique, précise-t-elle.
Les exploitants deviendront donc responsables de réaliser des échantillonnages, s’ils le souhaitent, entre deux et cinq fois pendant l'été, soit entre la mi-juin et la fin août, selon la méthodologie proposée par le ministère.
Plages échantillonnées par le ministère en 2025 au Bas-Saint-Laurent
| Plage municipale d’Auclair | A |
| Plage municipale de Cabano | A |
| Plage municipale de Dégelis | A |
| Plage des Îles | B |
| Plage municipale de Notre-Dame-du-Lac | B |
| Plage municipale Bon Aire (Packington) | A |
| Camping plage Pohénégamook | A |
| Plage du Camp musical de Saint-Alexandre | B |
La Sépaq est aussi touchée par l’abandon du programme.
Pas d'enjeux particuliers
Pour la Ville de Pohénégamook, cette décision de Québec d’abolir le programme de suivi de l’eau des plages ne crée pas de défis particuliers.
Je ne crois pas que ça soit un problème pour nous de s'assurer de la qualité de l’eau de la plage. [...] On fait des tests d'eau toutes les semaines pour le ministère de la Santé et on envoie ça à un laboratoire de Rimouski, affirme le maire de Pohénégamook, Benoit Morin.

À la plage municipale de Saint-Mathieu-de-Rioux, sur la rive du lac Saint-Mathieu, c'est la municipalité qui effectue les tests de qualité de l'eau. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
C’est un organisme à but non lucratif qui s’occupe du Camping plage Pohénégamook.
C'est sûr que la Municipalité va s'assurer que ça soit bien bien fait. [...] On avait une qualité d'eau qui était très bonne, ça a tout le temps été pour les années précédentes, donc je ne crois pas qu’il va y avoir des problèmes pour que ça continue dans les années qui vont venir, estime-t-il.
Certains exploitants et municipalités effectuent déjà eux-mêmes les tests nécessaires pour surveiller la salubrité de leurs eaux de baignade, comme c'est le cas à la plage municipale de Saint-Mathieu-de-Rioux.
Faux sentiment de sécurité
Ghizlane Behdaoui explique que cette décision du ministère découle du chantier d'efficacité de l’État dans lequel il a été demandé à tous les ministères et tous les organismes de procéder à une révision ordonnée rigoureuse des paniers de services.
Elle souligne que le ministère a fait le choix de concentrer ses interventions sur les activités ayant un impact sur la qualité d'eau des plans d'eau. Par exemple, la pollution diffuse agricole, l’enrichissement en phosphore, les sources d'eaux usées. Plutôt que de faire l'échantillonnage de plage, le ministère priorise le contrôle à la source des contaminants pour régler le problème, explique-t-elle.

Certaines municipalités indiquent par précaution que la baignade est interdite parce que la plage n'est pas surveillée et qu'il n'y a pas d'analyse de la qualité de l'eau, comme ici, à la plage municipale de Mont-Carmel, sur le bord du lac de l'Est. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
D’autres raisons ont pesé dans la balance dans la décision d’abolir ce programme.
Il y avait une baisse de participation depuis plusieurs années. Le programme était souvent critiqué.
Il ne permettait pas d'avoir en temps réel une évaluation de la qualité bactériologique de l'eau de la plage. Ça a créé auprès de la population un faux sentiment de sécurité.
De plus, pour souscrire au programme, le ministère exigeait que les plages soient surveillées par des sauveteurs. La rareté et les coûts reliés à ce type de main-d'œuvre en avaient découragé plus d'un.
Elle souligne que le ministère de l’Environnement conserve toutefois son rôle de surveillant et qu'il interviendra en cas d'infraction aux lois environnementales en vigueur. Toute activité suspecte, polluante ou non conforme aux règles peut être signalée au ministère par les citoyens.
Le ministère de l’Environnement a aussi coupé dans le suivi de la qualité de plusieurs cours d’eau via le Réseau-Rivières créé en 1967, dont au moins six rivières du Bas-Saint-Laurent.


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