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En quittant leurs fonctions au sein de la famille royale en 2020 pour s'installer en Californie, le duc et la duchesse de Sussex ont apporté avec eux quelque chose que même Hollywood ne peut créer: la royauté. Six ans plus tard, alors que le couple vient d'annoncer son retour au Royaume-Uni «d'ici la fin du mois», que subsiste-t-il de cette parenthèse américaine présentée comme une quête de liberté et d'émancipation? La BBC a mené l'enquête.
Si Harry et Meghan ont connu un certain succès dans l'industrie du divertissement, leur règne hollywoodien s'est avéré de courte durée. La Californie a d'ailleurs accueilli la nouvelle de leur départ avec circonspection.
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Outre-Atlantique, le prince Harry et son épouse étaient avant tout venus chercher une certaine indépendance, notamment financière. Installé à Montecito, une enclave très prisée des célébrités située au nord de Los Angeles, le couple a rapidement signé des contrats de plusieurs millions de dollars avec les géants du streaming et de l'audio, pour la production de podcasts et de séries.
«Ils étaient tellement convoités, c'étaient des noms qui faisaient la une de la presse et attiraient immédiatement l'attention», explique Stacy Jones, directrice générale de Hollywood Branded, une agence de marketing et de relations publiques. «À Hollywood, quand on est une célébrité, on participe à une succession infinie de fêtes et d'activités, ajoute-t-elle. Mais on se rend vite compte que tous ces événements servent à promouvoir quelque chose et à vendre.»
Podcasts, livre, émissions et séries
Du contrat pluriannuel signé avec Spotify, estimé à 25 millions de dollars (environ 21 millions d'euros) est né le podcast animé par Meghan Archetypes. En douze épisodes, la série audio explore et déconstruit les étiquettes et stéréotypes qui visent les femmes à travers des conversations avec des invitées vedettes comme la joueuse de tennis Serena Williams ou la chanteuse Mariah Carey.
Avec Netflix, un contrat de cinq ans a été signé par l'ancien couple royal. Sa valeur se situerait entre 60 et 100 millions de dollars (environ 51 et 85 millions d'euros). Plusieurs productions ont vu le jour, dont la série documentaire Harry & Meghan (2022).
De son côté, le prince Harry a également connu un certain succès commercial, en monnayant son récit familial. Ses mémoires, consignés dans l'essai Spare (Le Suppléant, en français), ont suscité l'engouement de ceux qui suivent de près les péripéties de la famille royale. Plus de six millions d'exemplaires se sont écoulés à travers le monde. En Angleterre, il est devenu le livre de non-fiction le plus rapidement vendu de l'histoire de l'édition britannique.
La fin des projets Netflix?
Le duc de Sussex reste extrêmement médiatisé: son quotidien, ses rapports avec la famille royale ainsi que les causes auxquelles il s'associe font régulièrement la une des journaux, au Royaume-Uni comme ailleurs dans le monde.
Ses projets sur Netflix s'inspirent d'ailleurs largement de ses centres d'intérêt. La mini-série documentaire Heart of Invictus (2023) suit l'entraînement de six vétérans en vue des Invictus Games, une compétition multisports pour soldats blessés initiée par le duc de Sussex. La série Polo (2024) plonge, elle, les spectateurs dans les coulisses du polo professionnel, un sport cher au fils cadet du roi Charles III.
Meghan a de son côté mis en avant sa passion pour l'art de vivre et la cuisine dans l'émission With love, Meghan (2025), diffusée sur Netflix. Vêtue d'un tablier de cuisine, elle initie les spectateurs à l'art de recevoir, avec en arrière-plan les montagnes ensoleillées de Santa Ynez. Après deux saisons, le géant du streaming a mis fin au programme, alors que les critiques fustigeaient le style de vie «hors de propos» et une mise en scène jugée excessivement léchée. «Netflix produit des films. Netflix ne produit pas de confiture», assène Stacy Jones, la gourou des stratégies de marque.
En retournant au Royaume-Uni, le couple chercherait à retrouver une «proximité avec la famille royale pour se légitimer ou pour en tirer un profit commercial», explique Kinsey Schofield, dont le podcast éponyme s'intéresse de près à la famille royale. L'expérience américaine des Sussex semble avoir montré les limites de la célébrité déconnectée de l'institution qui l'a fait naître. Toutefois, bien qu'ils affirment vouloir rentrer pour mener une vie simple, le couple pourrait ne pas passer inaperçu.
«Ce ne sont pas des personnes capables de se fondre dans la masse. Ce sont les vedettes de leur propre émission ou de celles des autres. Même s'ils ne sont que des vedettes de second plan, ils n'en restent pas moins des vedettes», conclut Stacy Jones.





























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