NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Si les athlètes de calibre olympique étaient dopés, seriez-vous autant intéressé par leurs prouesses sportives ?
C’est le pari qu’ont pris les Enhanced Games (« Jeux améliorés »), un événement multisport où les athlètes peuvent utiliser des substances pour améliorer leurs performances sans être sujets à des tests antidrogue. Les Enhanced Games, qui se sont déroulées pour une première fois à Las Vegas, aux États-Unis, le 24 mai, se veulent plus qu’une compétition sportive : il s’agit d’un spectacle à grand déploiement, comme seuls les Américains savent en faire.
Natation, athlétisme, haltérophilie : quelques sports étaient au menu pour les athlètes prêts à prêter leur corps à la science. « Nous sommes dans une nouvelle ère, où le sport rencontre le spectacle », peut-on entendre dans une vidéo promotionnelle de l’événement. En tout, 6,6 millions de dollars américains ont été distribués aux gagnants des différentes épreuves.
Bachir Sirois-Moumni n’est pas surpris que ce genre d’événement voie le jour. « Dans le contexte du développement du sport moderne, comme les Jeux olympiques, ça a toujours été une espèce d’optimisation de la race humaine », explique le professeur adjoint à l’École de communication sociale de l’Université Saint-Paul. Selon lui, les Enhanced Games s’inscrivent dans une tendance plus large d’optimisation des performances humaines, comme l’illustre la récente popularité des peptides.
« On est rendu à un état où le sport spectacle est complètement déchaîné, où même le corps devient assez ironiquement jetable à l’intérieur de l’industrie du sport », explique celui dont les travaux s’intéressent au spectacle sportif médiatique, aux identités et aux célébrités. « C’est toute l’ironie du sport pour la santé, mais d’un sport qui peut tuer », met-il en garde.
Le Comité international olympique abonde dans ce sens : il a qualifié les Enhanced Games et leur appui à la consommation de produits dopants de « dangereux », évoquant « une trahison de tout ce que nous défendons ».
Financés par la Silicon Valley
Les Enhanced Games sont organisés par l’entrepreneur australien Aron D’Souza. Derrière lui, des figures controversées de la Silicon Valley, tel Peter Thiel, ont participé au financement de l’événement. Ce milliardaire américain, fondateur de PayPal, a récemment donné des conférences où il décrivait Greta Thunberg comme l’Antéchrist et présentait une version de l’histoire où la technologie fait office de moteur central du changement social.
Pour Sirois-Moumni, ces figures arrivent avec « un gros discours transhumaniste, une espèce d’amélioration des corps par la drogue, par la technologie ». Un discours porté notamment par Bryan Johnson, ce millionnaire américain qui utilise des protocoles complexes pour tenter de rajeunir son corps. Ce dernier était présent dimanche aux Enhanced Games.
Sur le site Web de l’événement, on se fait proposer une pléiade de produits, comme des peptides et de la testostérone. L’organisation affirme être appuyée par une « commission médicale indépendante » qui joue « un rôle crucial dans la protection du bien-être des athlètes par l’établissement de protocoles de sécurité médicale, la supervision du profilage médical des athlètes et la formulation de conseils sur l’admissibilité et la sécurité pour la compétition dans les Enhanced Games ».
« C’est une espèce de culture d’auto-optimisation qui est en train de se construire où ça devient normalisé de prendre des anabolisants ou encore d’autres drogues de performance », constate M. Sirois-Moumni.
Critiques envers les Olympiques
Ce ne sont pas tous les athlètes et chercheurs qui sont aussi critiques à l’égard de cette compétition que M. Sirois-Moumni. Certains voient l’émergence des premiers Enhanced Games comme une occasion d’ouvrir des discussions nécessaires au sein du sport international et olympique.
À la lumière de leurs recherches, des experts en gestion du sport affirment dans un récent article de La Conversation que « loin d’être un simple spectacle de foire, l’émergence [de cette compétition] est symptomatique de problèmes profonds, anciens et persistants, ainsi que d’échecs répétés qui doivent être résolus au sein du sport traditionnel ». Ils donnent comme exemples de ces problèmes la consommation largement connue de certaines substances anabolisantes, ainsi que l’érosion de la confiance envers les institutions antidopage.
Bachir Sirois-Moumni maintient un regard sévère sur ces compétitions. « Je pense que le développement du sport professionnel paye quand même le prix de ce capitalisme tellement avancé, au point que le corps du sportif lui-même devient un bien qui est sacrifiable pour battre un record [et empocher] un million de dollars. »
Peu de records battus
Avant l’événement, l’objectif avoué des organisateurs était clair : battre le plus de records du monde possible. Mais après l’unique journée de compétition, un seul record a été battu, soit celui du 50 m nage libre, par le Grec Kristian Gkolomeev.
Certains athlètes ont même complètement raté leur performance, comme l’haltérophile canadien Boady Santavy. « J’ai regardé ça avec un peu de tristesse. Je me disais : c’est assez triste de s’entraîner là-dessus pendant un an pour choker ses trois snatchs », se désole M. Sirois-Moumni. En d’autres mots, Santavy a raté à trois reprises son arraché.
D’autres, qui n’étaient pas dopés, ont même remporté leur épreuve face à des athlètes qui l’étaient. Tristan Evelyn, sprinteuse de la Barbade, a remporté le 100 m sans dopage. « Cela prouve qu’il faut plus que de la chimie pour gagner », a-t-elle conclu après la course.


2 week_ago
64



























.jpg)






French (CA)