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Hébergement, suivi psychologique, conseils pour nouveaux papas : l’organisme Hommes Sept-Ils accompagne depuis 25 ans les pères en difficulté. Mais malgré ces efforts, certains papas hésitent toujours à demander l’aide dont ils ont besoin, selon l'organisme.
Sébastien Poirier est l'un de ceux qui ont cogné à la porte de l'organisme en 2025. Il encourage ses pairs à faire comme lui.
S’il y avait un message aux papas, c’est : ne restez pas tout seul dans votre solitude, dans votre souffrance. Il y a de l’aide pour s’en sortir. Je vous le garantis, déclare Sébastien Poirier, la gorge nouée par l'émotion.
Le grand gaillard en a long à dire sur son passage chez Hommes Sept-Ils. Originaire de Québec, il a traversé un divorce particulièrement éprouvant avec sa conjointe au cours des dernières années.
Sans ressources, sans famille et sans amis pour l’héberger à Sept-Îles, il se rappelle avoir vécu une profonde détresse.

Hommes Sept-Ils peut accueillir une vingtaine de pères avec leurs enfants dans sa Maison oxygène.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
C’est stressant. J’ai une fille de cinq ans, je n’ai nulle part où aller. Je ne sais pas si je vais pouvoir garder mon enfant.
Je n'avais pas les moyens de garder l’appartement que j’avais. Je suis donc venu faire une demande chez Hommes Sept-Ils et ils m’ont accepté, raconte-t-il.

Les discussions entre Sébastien Poirier et les autres résidents de la Maison oxygène ont participé à son processus de guérison.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Apprendre à se reconstruire
S’amorce alors un long processus de guérison. Sébastien Poirier et sa fille sont hébergés pendant 11 mois dans la Maison oxygène, que gère Hommes Sept-Ils.
De son propre aveu, Sébastien Poirier était un homme orgueilleux qui refusait de demander de l’aide, malgré un bagage de problèmes personnels lourd à porter. En arrivant chez Hommes Sept-Ils, il apprend petit à petit à s'ouvrir, à se montrer vulnérable.

Aujourd'hui, Sébastien Poirier se dit mieux outillé pour gérer son quotidien et ses émotions.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
En parlant avec d’autres pères qui vivent la même situation que moi, je comprends que je ne suis pas seul. On se parle, on s'entraide... c’est hallucinant ce que ça apporte d’être entouré par des gens qui traversent les mêmes épreuves que toi.
Il reçoit l’appui d’une travailleuse sociale, d’une thérapeute et participe à des activités père-enfant. L’organisme l’aide même à payer ses frais d’avocats pour avoir la garde complète de sa fille. Sans eux, je n'aurais plus ma fille. Je ne sais pas ce que je serais devenu, confie-t-il.
Sébastien Poirier affirme qu’il est devenu un nouvel homme grâce à l'organisme. Aujourd’hui, je suis fier de dire que je suis un bon papa.
Une ressource sous pression
Selon Edmond Michaud, qui dirige l’organisme depuis 13 ans, la demande est en hausse depuis la pandémie de COVID-19.

Selon le directeur de l'organisme, Edmond Michaud, plusieurs pères souffrent en silence et tardent à obtenir l'aide nécessaire.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Dans les dernières années, l’organisme a dû placer certains papas et leurs enfants sur une liste d’attente à de nombreuses reprises. Jeudi, l’organisme affichait un taux d’occupation de 75 %.
Le directeur de l’organisme précise que les séparations ne sont pas toujours à l'origine des demandes d'aide.

Hommes Sept-Ils et Homme aide Manicouagan affichent souvent complet.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
La plupart du temps, le papa est séparé depuis un certain temps. [..] C'est la mère des enfants qui va nous appeler pour dire :‘’J’aimerais ça qu’il réintègre la vie des enfants. Pouvez-vous l’aider?''
Ce qui fait qu’ils ont besoin d’aide en hébergement, c’est souvent des difficultés personnelles, d’emploi, de revenus et d’accès à un logement adapté pour recevoir ses enfants, ajoute Edmond Michaud.
Le directeur souligne également que ce type de soutien requiert souvent du personnel 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Le réseau des Maisons oxygène peine à offrir l’ensemble de ces services.
Ça prend une volonté politique. Au-delà du ministère de la Santé, il y a d’autres ministères qui peuvent s’impliquer. Il faut aller chercher toutes les ressources nécessaires. On n'en est pas encore là, se désole Edmond Michaud.


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