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L’eurodéputé, dont les ambitions pour 2027 sont limpides, a découvert dans ce documentaire de Public Sénat l’histoire de son grand-père Rubin, espion pour l’URSS.

Extrait « Les Glucksmann, une histoire de famille », sur Public Sénat, diffusé le 31 janvier 2025.
EN BREF • Dans un documentaire de Public Sénat, Raphaël Glucksmann découvre le passé d’espion soviétique de son grand-père Rubin.
• Rubin Glucksmann, né en 1899, a été recruté par le Komintern pour « exporter la révolution bolchevique » et a opéré sous divers pseudonymes.
• Déporté en 1940, il meurt lors d’un naufrage, laissant un héritage complexe à ses descendants.
« C’est mon grand-père Rubin ? Gidoni c’est qui ? Je ne sais pas. » Raphaël Glucksmann ne connaît que très peu l’histoire de son grand-père. Il l’avoue sans difficulté dans un documentaire Les Glucksmann, une histoire de famille, diffusé ce samedi 31 janvier sur Public Sénat et qui se penche sur la vie de cet homme, né à la fin du XIXe siècle et espion pour l’URSS.
Réalisé par le journaliste Steve Jourdin, le documentaire explore la vie de Rubin Glucksmann, aussi connu sous divers noms d’emprunt dont « Reuven Gidoni ». Confronté à ce pseudonyme, Raphaël Glucksmann fait un lien avec aïeul dont il « sait qu’il était agent ». Mais « il n’y a jamais eu de grandes discussions familiales sur nos origines, d’où on venait, peut-être parce que mon père a été orphelin de père très vite », raconte-t-il.
« J’avais pris un café juste avant avec (Raphaël Glucksmann) en lui disant qu’on avait des informations. Je voulais savoir ce qu’il savait. Il ne savait presque rien » confirme Steve Jourdain sur le plateau de Public Sénat à la veille de la sortie du documentaire. « Il savait qu’il y avait un agent soviétique dans la famille, mais il ne connaissait pas les détails. Je lui ai proposé de lui faire ces révélations s’il m’accordait cette interview à l’occasion de laquelle je lui révélerai certaines choses. Il a joué le jeu », poursuit le journaliste.
Le parcours de Rubin Glucksmann a pu être retracé grâce à l’historien allemand Sebastian Voigt et aux archives du contre-espionnage britannique. Auprès de Public Sénat, ce spécialiste raconte le parcours de Rubin Glucksmann, né en 1899 dans ce qui est à l’époque l’empire Austro-hongrois et aujourd’hui l’Ukraine. Proche dans sa jeunesse du milieu marxiste et sioniste, il émigre vers le Moyen-Orient pour y participer à la fondation d’un État socialiste. Mais il rejoint finalement le Parti communiste de Palestine où il sera recruté comme « espion soviétique » par le Komintern de Staline, repéré notamment pour sa capacité à parler plusieurs langues. Le nom de « Reuven Gidoni » est celui qui figure sur son passeport palestinien.
Sa mission principale ? « Exporter la révolution bolchevique partout », résume Public Sénat, qui évoque des voyages en Autriche, en Palestine, en Allemagne, en France et en Angleterre. Il pouvait par exemple « transférer clandestinement des armes aux républicains espagnols », précise Sebastian Voigt. Entre-temps, Rubin Glucksmann devient père d’André Glucksmann, né en France en 1937. En Allemagne puis en Angleterre, il se voit confier la tête d’une entreprise de fourrure, une structure de paille qui sert principalement à financer l’espionnage soviétique.
Cette couverture sera sa dernière. Dénoncé par un ancien général soviétique rallié aux Occidentaux, Rubin Glucksmann est déporté comme prisonnier vers le Canada en 1940. Mais le navire sera torpillé par la marine nazie allemande. André Glucksmann a trois ans. Il suivra une orientation politique à l’opposé de celle de son père, dénonçant les goulags « terrorisants » de l’ère soviétique. Un positionnement qui n’est pas sans rappeler celui de Raphaël Glucksmann, candidat putatif à la présidentielle 2027.


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