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En été comme en hiver, près d’une quinzaine d’élèves de 4 et 5 ans au Témiscamingue découvrent autrement le monde qui les entoure avec le Projet Racines.
On avait un grand intérêt pour le plein air à la base, explique l’enseignante Roxanne Beaupré.
Avec les enfants, il y avait aussi un besoin d’augmenter leur motricité globale, leur motricité fine, mais tant qu’à être dehors, pourquoi ne pas récolter, pourquoi ne pas en faire plus, poursuit sa collègue Isabelle Semegen.
Incursion dans une journée où la généalogie, la peinture et les poules se côtoient dans une classe de maternelle de l’école du Soleil-Levant, à Latulipe-et-Gaboury.
Des muffins

Madame Guilaine et les enfants fouettent les ingrédients dans un grand bol et déposeront plus tard la pâte dans les moules.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
À cette table, les enfants préparent des muffins aux pommes. Ça nous prend une tasse. Il faut mettre tout ça, montre Madame Guilaine, une bénévole. Un grand bonheur pour Kaylee, qui adore cuisiner. J’ai souhaité, dans [un] arbre à souhaits, de cuisiner plus, confie-t-elle.
Une trentaine de bénévoles prennent part au Projet Racines en donnant un coup de main aux enseignantes directement à l’école ou en recevant les enfants dans leur milieu.
Découvrir ses ancêtres

Guillaume Internoscia fait répéter des phrases à Renée pour faire un montage audio sur sa généalogie. « Selon le livre des Lardinois… », répète timidement Renée.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Guillaume, du Centre IGD Culture Latulipe, et Renée enregistrent une capsule audio pour le sentier de généalogie, qui sera inauguré en mai.
Chaque enfant aura un code QR sur un disque de bois dans le sentier, où des histoires de généalogie seront racontées par les élèves. Ça prend beaucoup d’informations pour réussir à faire une bonne généalogie, donc là, au début, ça va être plus les points forts de leur famille, indique M. Internoscia.
Des bâtons de marche colorés

Les élèves étalent de la peinture sur des bâtons de marche pour les sentiers de la Pointe-aux-Roches, sur le bord du lac des Quinze.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Il n’y en avait plus beaucoup, donc les élèves ont décidé d’en faire plus. C’est sûr qu’on a eu besoin des élèves du secondaire pour venir couper le bois, enlever l’écorce. Ensuite, les élèves de maternelle ont fait la partie du sablage, signale Madame Isabelle.

Les fleurs utilisées pour la teinture de ce bâton proviennent du jardin des Jeunes pousses, derrière la serre de Moffet.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Des pigments de fleur et du jaune d’œuf ont été utilisés pour colorer les premiers bâtons de marche. Avec le pigment qui est sec, c’est le jaune d’œuf qui va venir lier tout ça, précise l’enseignante.
Science et nettoyants

Pour arriver à un produit d’une même couleur, les enfants mélangent les liquides dans un bac pour ensuite les transvider dans des pots.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Je veux sentir!, demandent les enfants à la vue des pots de produits nettoyants. « Regarde celui-là : sapin et orange. Qu’est-ce que tu remarques? », demande Madame Roxanne. « Lui, il est rouge, puis lui, il est orange », répond une élève.
Ce sont les petites mains des maternelles qui ont récolté les épines de sapin pour les mélanger à du vinaigre. Ils ont aussi fait macérer des pelures d’orange pour proposer une odeur différente.
Des notions de science se mêlent aussi à cette activité. On a dû se réajuster, parce qu’au début, on mettait les oranges à la surface de notre pot, puis on a vu que les oranges commençaient à pourrir parce qu’elles étaient à la surface avec l’oxygène, illustre l'enseignante.
Visite au village

Visite au Centre IGD, juste à côté de l’école, où les enfants sont remerciés avec un grand sourire.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Après le dîner, c’est l’heure d’aller porter les muffins aux gens du village.
Quand on demande à un jeune garçon s’il aime en distribuer, il répond : Oui, mais qu’est-ce que j’aime le plus c’est les manger!
Les liens avec les autres citoyens sont précieux, constatent les enseignantes. On est allés chanter à une grand-maman et ses voisins sont des Anishnabeg. Ils sont sortis et ils avaient l’air vraiment touchés d'entendre une chanson de Noël dans leur langue, se souvient Isabelle Semegen.
S’intéresser aux oiseaux

Bientôt, des bouteilles remplies de quenouilles séchées, de laine et d'écorce aideront les oiseaux à faire leur nid dans le sentier.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Après le dîner, petite marche dans le sentier des oiseaux, où les enfants ont installé des nichoirs, des mangeoires et des décorations.
Le Projet Racines vise à ramener les valeurs territoriales, prendre le temps avec les enfants, le retour aux sources, puis le rapport avec la nature, nous dit Roxanne Beaupré.

Des élèves en profitent pour récolter un peu de résine sur un bout de bois pour découvrir un allume-feu naturel. «J'essaie de trouver la petite gomme comme ça», nous explique Kaylee.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Les autres élèves du primaire et du secondaire participent aussi à des activités quand leur horaire le permet. Ça devient un projet plus d’envergure ''école''. Quand les élèves ont parlé qu’ils voulaient avoir plus de mangeoires, l’enseignante de secondaire 2 est venue nous voir, citent les enseignantes en exemple.
Sauter dans le foin

Les deux enseignantes le constatent: le plein air fait une différence chez leurs élèves. «La valorisation, la confiance. On voit aussi une connaissance générale en lien avec la nature». D’autres qui craignaient les animaux osent maintenant les approcher.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
L’autobus est arrivé : c’est le temps d’aller voir Poncho, la chèvre vedette de la ferme. Aussitôt arrivés, les enfants vident du compost pour les animaux et en profitent pour les flatter. Oh! Les cochons!, s’exclame un jeune garçon avec excitation.
Dans le poulailler, quelques écoliers aident à récolter les œufs et d'autres flattent les oiseaux. J’ai eu la reine des poules, se réjouit Kaylee, sa nouvelle amie dans les bras.

Des enfants jouent et sautent dans le foin.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
L’été, il y a la cueillette de fleurs sauvages, jouer dans les champs, en apprendre un peu plus sur la machinerie agricole, souligne Isabelle Semegen, l’instigatrice des activités à la ferme depuis quelques années.
Des friandises au grand air

Des guimauves grillées sur le feu, ou des «chamallows» comme disent les enfants, ravissent les petites dents sucrées.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Madame Roxanne étend ensuite du sel sur la neige pour y placer un grand bol. Avec de la crème et un fouet, elle veut tester une façon créative de faire de la crème glacée.
« Pourquoi il y a ça? », demande un élève. « C’est du sel qui va faire une réaction chimique avec le plat, le froid. Ça va faire en sorte que notre crème glacée, elle va devenir plus vite en crème glacée », explique l'enseignante.

Une première expérience de crème glacée sur neige pour les enfants.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Aussi des entrepreneurs
Le projet Racines sera évalué par un jury régional dans la catégorie préscolaire au Défi OSEntreprendre. Les deux instigatrices à l’école du Soleil-Levant croisent les doigts pour remporter un prix.
Même si le projet reçoit l’appui financier de plusieurs partenaires et commanditaires, une bourse permettrait de développer d’autres activités. On avait une serre à l’école, on aimerait en ravoir une, illustre Isabelle Semegen.
D’autres projets sont en vue, comme Latulipe en fleurs, avec l’entretien des plates-bandes de l’école et la possibilité d’installer des bacs à fleurs pour embellir la municipalité. Des semis sont aussi en préparation pour une autre année à la serre communautaire de Moffet, où des liens intergénérationnels se tissent.

Les enfants fabriquent aussi des parfums d'ambiance.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Advenant un transfert d’école, Roxanne Beaupré aimerait implanter de telles activités dans son prochain milieu. On est vraiment fières de ce qu’on accomplit parce qu’on voit la différence, de passer plus de temps à l’extérieur, on le voit chez les enfants, fait-elle valoir. Donc pourquoi ne pas le voir plus grand?


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