Un avion qui se précipite à toute vitesse vers le sol. Il n’y a plus personne aux commandes. Les dés paraissent jetés, la catastrophe imminente. Et puis, le miracle survient. Des passagers font irruption dans la cabine de pilotage, l’un d’eux saisit le guidon et redresse l’appareil in extremis. Tout le monde est sain et sauf. L’histoire de l’attentat raté sur le vol FZ1073 de Flydubai, qui relie Tel-Aviv à la capitale des Emirats unis, est comme une fable à fin heureuse, presque trop belle pour être vraie. On pousse un gros soupir de soulagement, en songeant à la joie des passagers de s’en être sortis contre toute attente.
Comme dans une fable, disions-nous, dont nous aurions envie d’élargir la leçon à toutes les tragédies en cours au Moyen-Orient (et ailleurs), qui ensanglantent l’actualité depuis trop longtemps et déjouent les pronostics optimistes patiemment échafaudés au cours des ans. Cette petite portion du globe semble entraînée par un mouvement vers l’abîme où le monde entier glisse progressivement avec elle. On aimerait donc voir dans ce dénouement inespéré un petit signe d’espoir qui redonne confiance en la nature humaine. Ou pour le moins une métaphore positive, suggérant que le futur n’est pas joué d’avance et qu’il est toujours possible de redresser une situation désespérée, comme aujourd’hui. Que ce soit en Palestine, au Soudan, en Ukraine, ou dans le détroit d’Ormuz, l’actualité danse sur un rythme mortifère, avec ses hauts mais surtout ses bas, à l’image des variations journalières des cours du pétrole, thermomètre sans état d’âme des crises de l’humanité en mal d’avenir. La cabine de pilotage est bien vide.


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