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Quand des habitants de Seine-et-Marne optent pour la chaudière à bois plutôt que la pompe à chaleur

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Alors que la fraîcheur va bientôt faire son retour, certains ont fait le choix de se tourner vers la chaudière à bois, alternative à la pompe à chaleur, pour chauffer leur foyer.

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Installées en 2022, cette chaudière permet au propriétaire de chauffer une surface de 200m².

Installée en 2022, cette chaudière permet au propriétaire de chauffer une surface de 200 m². ©LPB

Par Gerald Delin Publié le 5 oct. 2026 à 10h08

Loin des canicules successives de cet été, les basses températures devraient progressivement arriver sur la Seine-et-Marne en ce début du mois d’octobre. Pas de quoi encore recourir au chauffage, néanmoins de quoi s’interroger de nouveau sur la façon la plus efficace et la moins coûteuse de chauffer son logement, un bâtiment ou encore des bureaux. Certains habitants de Saint-Cyr-sur-Morin et Doue ont déjà fait le choix de leur équipement. 

« Toutes les aides politiques sont tournées vers l’électrique »

Si beaucoup de personnes se chauffent encore aujourd’hui au fioul, la tendance est nettement à la baisse ces dernières années et les lois visant à éliminer ce mode de chauffage n’y sont pas étrangères. En effet, depuis le 1er juillet 2022, il est strictement interdit d’installer une chaudière fioul neuve, y compris pour du remplacement, l’État souhaitant installer durablement des solutions plus écologiques. Nombreux sont ceux qui se tournent alors vers la pompe à chaleur. Entre 180 000 et 200 000 sont installées par an ces dernières années. Ces installations peuvent notamment bénéficier du dispositif de l’État, MaPrimeRénov’, permettant ainsi de réduire les coûts pour le propriétaire. Un avantage dont ne bénéficient plus les installations de chaudière biomasse (à bois) depuis le 1er septembre.

Cette nouvelle mesure représente un coup dur certain pour le secteur. « Toutes les aides politiques sont tournées vers l’électrique. Ce sont des solutions pourtant très comparables en termes d’investissement et d’exploitation. La soutenir ne serait pas absurde », regrette Thomas Perrissin, notamment Président fondateur de ÖkoFEN France, spécialiste de la chaudière à granulé. « Nous ne sommes pas en concurrence avec les pompes à chaleur. Nous sommes complémentaires. Mais aujourd’hui la discussion se fait principalement sur les aides. Avec des aides identiques, la question du choix se poserait uniquement selon le profil de la maison ou du bâtiment : quelle est la meilleure solution de chauffage », complète Hervé Le Horgne, directeur général chez Hargassner, également fabricant et installateur de chaudières à granulé.

Un ballon tampon peut être installé avec la chaudière afin de limiter l'usure et la consommation.

Un ballon tampon peut être installé avec la chaudière afin de limiter l’usure et la consommation. ©LPB

« Je ne reviendrais pas en arrière »

Avec environ 10 000 chaudières biomasse installées par an, le secteur est en effet très loin de pouvoir concurrencer l’essor de la pompe à chaleur. Il se présente néanmoins comme une véritable alternative. « Pour des gens qui sont en bout de ligne électrique, la pompe à chaleur, ça ne fonctionnera pas. Pour les gens qui chauffent avec des gros radiateurs en fonte, la pompe à chaleur ne sera pas optimale car il faut beaucoup de puissance. Plus il fait froid, plus la pompe à chaleur aura du mal à chauffer. Et dans une zone rurale boisée, avec des producteurs de granulés à côté, c’est pertinent d’avoir une chaudière biomasse », détaille Hervé Le Horgne.

Habitant d’un hameau de Saint-Cyr-sur-Morin, Patrick Lequesne a fait le choix il y a quelques années de remplacer sa chaudière au fioul par une chaudière à granulés. « J’avais une ancienne chaudière et avec le prix du fioul je payais déjà environ 3 000 euros par an. Je n’avais pas trop d’options pour changer. Le gaz ce n’était pas possible avec le réseau, la pompe à chaleur non plus car j’ai une grande surface et il fallait énormément de puissance. Ici tous mes voisins étaient aux pellets (granulés), donc j’ai fait ce choix », explique ce retraité seine-et-marnais.

Aujourd’hui, Patrick paie son rechargement de granulés environ 1 200 – 1 300 euros par an pour sa chaudière « au bien meilleur rendement, qui fait moins de bruit et qui ne dégage aucune odeur. » Il ajoute environ 500 euros d’entretien pour sa chaudière et ses trois autres poêles qu’il utilise sur 100 m², quand les 200 autres mètres carrés sont chauffés par la chaudière à granulés. Une différence de prix énorme comparé à son ancienne chaudière, sans même prendre en compte l’augmentation du prix du fioul ces derniers mois en lien avec la guerre en Iran.

Pour installer son équipement, une chaudière et un silo extérieur permettant de stocker et d’alimenter la chaudière en granulés, Patrick a dû investir environ 30 000 euros, et a bénéficié de 2 500 euros d’aide de MaPrimeRénov’. « Je ne reviendrais pas en arrière », assure-t-il.

« Ce mode de chauffage correspond parfaitement à l’esprit et les besoins du lieu »

À quelques kilomètres de là, à Doue, Julie Schwarz a elle aussi opté pour une chaudière à granulés afin de chauffer son éco-lieu nommé Humanovia. Cet ancien presbytère totalement rénové de 450 m², prévoit prochainement d’ouvrir ses portes afin d’accueillir, en plus des personnes déjà présentes en pension de famille solidaire, des activités en tout genre telles que des séminaires, des ateliers de peinture, des réceptions de mariages, etc., ou encore des cours de yoga « afin de faire vivre le village. »

La chaudière à bois correspond ici parfaitement à l’utilisation prévue du lieu : une grande surface à chauffer et la présence de gros radiateurs en fonte. À noter ici l’installation d’un ballon tampon qui permettra à la chaudière de fonctionner à son meilleur rendement en stockant dans celui-ci l’excédant de chaleur produite par la chaudière et en limitant l’encrassement et la consommation de cette dernière. « Le lieu a été créé dans une démarche éco-responsable, dans le respect de l’environnement. Et ce mode de chauffage correspond parfaitement à l’esprit et les besoins du lieu », résume Julie Schwarz.

Véritable alternative à la pompe à chaleur, la chaudière biomasse comblera assurément les besoins de bon nombre d’habitations et autres bâtiments dans les prochaines années. Si elle possède une clientèle certaine, l’État et ses différentes aides pourraient grandement influer sur son avenir.

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