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Après la fusillade du gala de la presse, Charles III a maintenu sa visite à Washington sans afficher une inquiétude pour sa sécurité. Un sang-froid qui a conduit des internautes à exhumer une vidéo de 1994, où le souverain apparaît imperturbable à Sydney face à un homme qui tente de tirer sur lui (à blanc).
Passer la publicité Passer la publicitéCharles III «est très courageux», a salué Donald Trump dimanche après que le roi a décidé de maintenir sa visite à Washington avec sa femme Camilla, malgré la fusillade au gala de la presse. Et le président américain ne croyait pas si bien dire. Le souverain britannique a déjà échappé, avec élégance, à une tentative d’assassinat en public à Sydney en janvier 1994. La vidéo de cette scène, qui a depuis marqué l’histoire, est réapparue sur les réseaux sociaux à la suite de l’attaque qui visait Donald Trump et son administration. Le traditionnel flegme britannique dont avait fait preuve celui qui n’était alors que le prince Charles est devenu viral.
«Charles aux USA. Au croisement des événements, revoir absolument ce bijou de flegme. À Sydney, en 1994, on le voit plus occupé par sa manchette que par les coups de feu d’un vulgaire assaillant», a par exemple commenté le journaliste politique de LCI Darius Rochebin sur X.
Contrairement à Donald Trump dimanche qui s’est immédiatement réfugié sous une table dès les premières détonations avant d’être escorté par les agents du Secret Service, Charles - alors âgé de 46 ans - était resté imperturbable à l’approche de l’assaillant armé sur la scène.
«Légèrement amusé»
Le prince de Galles s’apprêtait à prononcer son discours à l’occasion de la fête nationale australienne quand un homme a surgi de nulle part, sautant par-dessus les barrières. Deux coups de feu ont ensuite retenti dans le Tumbalong Park. Sans sourciller et d’un calme olympien, le fils de la reine Élisabeth II a observé le tireur se diriger vers lui jusqu’à ce qu’un membre de la sécurité - le commissaire Colin Trimming, chef de la protection rapprochée du prince - ne le bouscule pour l’écarter du danger. Il a ensuite été évacué de la scène.
Malgré les cris et la panique qui gagne l’assemblée, Charles III n’a pas fui et semblait même «légèrement amusé», décrivait à l’époque un journaliste de l’Independent Television News (ITN). Des invités ont rapidement encerclé le prince «pour lui demander s’il n’avait pas peur», a-t-il ajouté. Pendant ce temps, à seulement deux mètres du souverain, l’assaillant David Kang a été plaqué au sol et maîtrisé par une quinzaine de personnes puis conduit au commissariat de police de Sydney.
Revendication politique
Les autorités apprendront plus tard que le pistolet de David Kang n’était pas chargé. Cet étudiant en anthropologie de 23 ans avait décidé de tirer deux coups de feu à blanc pour protester contre le traitement infligé à plusieurs centaines de demandeurs d’asile cambodgiens détenus dans des camps en Australie. Il avait auparavant écrit au prince Charles, au président des États-Unis, des Nations unies et au pape à ce sujet sans obtenir de réponse. Le lendemain de l’incident, il a comparu devant le tribunal où il a affirmé qu’il souffrait d’une dépression. Il encourait 20 ans de prison mais a finalement été condamné à 500 heures de travaux d’intérêt général.
Le soir de l’attaque, le premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud de l’époque John Fahey a affirmé à la télévision que le prince de Galles n’était «pas inquiet, pas contrarié et que ce qui le préoccupait avant tout, c’est le fait qu’une petite mésaventure ait gâché une journée qui, sans cela, aurait été merveilleuse. Il ne s’est pas senti en danger et n’a à aucun moment pensé qu’il se passait quoi que ce soit sous l’eau».
Plus tôt dans la journée, quelques heures après l’incident, le prince avait fait le choix de remonter sur scène afin de prononcer comme prévu son discours, sans même mentionner l’attaque. Une parfaite illustration de la célèbre devise de la famille royale britannique : «Never complain, never explain.»


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