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Le gouvernement a décidé d’utiliser le protocole de la méningite pour définir les cas contact du hantavirus. Distance, durée d’exposition, isolement : voici ce que cela change concrètement.
Par Anne-Fleur Andrle avec AFP
Face au risque de propagation du hantavirus, le gouvernement français a dévoilé mercredi 13 mai sa nouvelle doctrine sanitaire. Et un point retient particulièrement l’attention : les autorités ont décidé de s’appuyer sur le protocole utilisé contre la méningite pour définir les cas contact du virus.
Cette stratégie doit désormais servir de base au suivi sanitaire et à l’isolement des personnes exposées.
Pourquoi le gouvernement utilise le protocole de la méningite
Dans son communiqué publié mercredi soir, Matignon explique que « la communauté scientifique a identifié les modalités de contagiosité du Hantavirus comme étant proche de la méningite ».
Le gouvernement souligne que la méningite est une maladie « largement connue en France » et dont les règles de prise en charge sont déjà « validées scientifiquement, connues et éprouvées par les ARS et les établissements recevant du public ». Concrètement, les autorités sanitaires reprennent donc les critères utilisés pour identifier les personnes les plus exposées après un contact avec un malade.
Comment un cas contact est désormais défini
Selon le protocole annoncé ce mercredi, une personne sera désormais considérée comme cas contact du hantavirus en cas de contact rapproché avec une personne positive, dans les 10 jours précédant son test, à moins de deux mètres et pendant plus de 15 minutes.
Une fois identifiée, cette personne fait alors l’objet d’un « contact tracing » conduit par les agences régionales de santé et d’un isolement hospitalier avec suivi médical.
Le gouvernement précise que la France applique actuellement la doctrine « la plus stricte » en imposant un isolement en milieu hospitalier pour tous les cas contact identifiés.
La ministre de la Santé « a proposé à tous les pays européens, ainsi qu’aux autres pays ayant accueilli des rapatriés du MV Hondius ou des personnes cas contacts de la personne décédée à Johannesburg le 26 avril dernier, d’harmoniser leurs doctrines sanitaires au niveau de sécurité sanitaire le plus élevé », selon le communiqué du gouvernement.
Pourquoi cette doctrine vise aussi à rassurer
L’autre nouveauté importante annoncée mercredi concerne les tests négatifs. Selon les autorités sanitaires françaises, « un test négatif excluait toute contagiosité à l’instant T d’une personne considérée comme cas contact ».
Autrement dit, une personne testée négative ne serait pas contaminante au moment du test. Une donnée jugée suffisamment solide par les autorités pour écarter, à ce stade, le risque de contamination plus large autour des cas contact déjà identifiés. « Il est permis d’exclure toute contamination antérieure d’autres personnes à ce stade des connaissances médicales », écrit Matignon.
Où en est la situation sanitaire en France
Au total, les quelque 22 personnes identifiées comme cas contact en France sont actuellement hospitalisées et placées à l’isolement. Selon le gouvernement, aucune ne présente de symptôme. Parmi elles, quatre enfants scolarisés ont été testés négatifs.
Les autorités françaises rappellent également que les contaminations recensées concernent uniquement des passagers de la croisière du MV Hondius. « Il n’y a pas de circulation du virus dans la population générale », a assuré mercredi la ministre de la Santé Stéphanie Rist devant le Sénat.
La seule Française testée positive, une femme de plus de 65 ans rapatriée le week-end dernier, reste hospitalisée en réanimation à l’hôpital Bichat à Paris dans un état critique.


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