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Qu’est-ce que le champ gazier South Pars, dans la mire de Trump ?

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Dans une nouvelle escalade du conflit opposant l’Iran à Israël et les États-Unis, des frappes israéliennes ont visé mercredi le champ gazier de South Pars, une importante réserve de gaz naturel iranienne. Dans la foulée, le président américain, Donald Trump, a menacé de « détruire massivement l’intégralité du gisement » si l’Iran poursuit ses attaques contre les installations énergétiques du Qatar.

Situé sur mer, en plein centre du Golfe Persique, South Pars n’est en fait que la moitié d’une infrastructure reconnue comme étant la plus grande réserve de gaz connue au monde. Au total, l’on y compte un volume de gaz utilisable estimé à 1800 billions de pieds cubes.

Si l’Iran contrôle South Pars, l’autre partie — North Dome — appartient au Qatar. Géographiquement parlant, il s’agit d’une infrastructure unique qui est séparée par une ligne politique.

En raison principalement de la portion qatarienne, le gisement est le deuxième exportateur de gaz naturel au monde, derrière les États-Unis. « On dit souvent que le Qatar est un grand producteur de gaz, eh bien c’est justement de là qu’il tire ses ressources », illustre Yvan Cliche, spécialiste en énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal.

La portion iranienne, pour sa part, représente la principale source d’approvisionnement énergétique et gazière de l’Iran, indique M. Cliche.

Pourquoi attaquer le South Pars ?

Pour ce dernier, vouloir mettre à mal l’apport en énergie de l’Iran peut représenter une des raisons qui a mené à la frappe israélienne sur la partie iranienne du gisement. « C’est classique dans n’importe quelle guerre : si vous ciblez les infrastructures énergétiques, le pays ne peut plus fonctionner », explique-t-il. « Et en plus, si l’Iran veut remettre à flot ses installations, ça va être très coûteux. »

L’attaque israélienne a aussi dû rendre le Qatar nerveux : « si jamais il y a une frappe mal calculée, ça pourrait les affecter », note d’ailleurs M. Cliche.

Après la frappe visant le champ gazier de South Pars, Donald Trump a affirmé dans une publication sur sa plateforme Truth Social que « les États-Unis ne savaient rien de cette attaque et le Qatar n’y a été impliqué d’aucune façon ». « Plus aucune attaque ne sera menée par Israël », a également assuré le président américain.

Quels seront les impacts ?

Dans les derniers jours de la guerre, l’Iran a aussi visé divers sites de productions d’hydrocarbures de la région, notamment au Qatar, au Koweït et en Arabie saoudite.

Aux yeux d’Yvan Cliche, cela est un énième signe que la situation économique « se dégrade ». « Non seulement on n’a pas de visibilité sur la paralysie du détroit d’Ormuz, mais on commence à attaquer des sites de productions gaziers. »

Il y a toutefois une différence notoire entre la hausse du prix du pétrole et les hausses de prix du gaz naturel « qui vont s’ensuivre si les frappes se poursuivent, surtout si ça détruit les infrastructures du Qatar » : le marché gazier n’est pas mondialisé comme l’est celui du pétrole, souligne M. Cliche.

« Il est déterminé par des dynamiques régionales. Donc, en Amérique du Nord, on n’est pas si affectés par l’explosion des prix du gaz, mais l’économie européenne et l’économie asiatique, elles en dépendent fortement, décortique le spécialiste des questions énergétiques. S’il y a une augmentation significative des prix du gaz, il y aura un impact évidemment majeur sur les économies de ces deux continents. »

Est-ce que cette hausse des prix pourrait venir percoler jusqu’à notre côté de l’Atlantique ? Pas directement, affirme Yvan Cliche, mais si les importantes infrastructures gazières continuent d’être mises à mal, « ça enlève le numéro deux de la carte [le Qatar] ». « Et quand tu enlèves le numéro deux, ça donne plus de pouvoir au numéro un, les États-Unis dans ce cas. Avec une plus grande marge de manœuvre, les producteurs de gaz américains vont sortir gagnants et vont pouvoir vendre leur produit à un prix beaucoup plus élevé. »

L’impact serait d’autant plus important, car le champ gazier North Dome, par exemple, prendrait un long moment à reconstruire s’il venait à être détruit, soutient M. Cliche.

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