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DÉCRYPTAGE – Doublure de Lucas Chevalier en début de saison, le portier international russe (18 sélections) de 27 ans a su s’imposer dans les buts parisiens cette saison.
«Il a été incroyable». Peu habitué à changer les louanges de ses joueurs à titre individuel face aux journalistes, Luis Enrique n’a pas hésité mercredi, à Lens, lorsqu’il a été interrogé sur la performance de Matveï Safonov. Il faut dire que le portier international russe de 27 ans a sorti le grand jeu à Bollaert. Si les Parisiens sont repartis de Lens avec la victoire (0-2), ils le doivent à l’efficacité diabolique de leurs attaquants, «Kvara» et Ibrahim Mbaye, qui ont marqué sur les «deux occasions et demie» du PSG dans ce match, dixit Pierre Sage, mais aussi et surtout à leur pieuvre russe. Infranchissable. Huit arrêts pour l’ancien dernier rempart de Krasnodar, comme à Chelsea (0-3).
Safonov la jouait toutefois modeste au micro du diffuseur, après la rencontre. «Mon meilleur match ? Je ne sais pas. Le plus important pour moi, c’est qu’on a gagné. Le reste, c’est du bonus pour moi. Je n’ai pas envie de choisir juste un match», a-t-il glissé sur beIN SPORTS. Et d’ajouter, avec un petit sourire malicieux : «Un secret ? Il n’y a pas de secret. Pour ce qui est de ce match, je dirais que j’ai eu de la chance. Si les frappes partent de l’autre côté, je ne peux rien faire. C’est l’adversaire qui m’a donné cette opportunité. Je m’en suis servie». En effet, disons que les attaquants lensois, maladroits au possible, ont tout fait pour mettre Safonov dans les meilleures conditions, s’évertuant à lui tirer dessus… «Le score est injuste», a pesté Pierre Sage. Oui, mais les Lensois ont creusé leur propre tombe. Et Safonov a fait le reste.
Rassurant
Une chose est sûre : le natif de Krasnodar, quoique pas toujours très académique dans ses interventions, rassure. C’est tout ce qui a manqué à Lucas Chevalier, recruté pour 55 M€ bonus compris l’été dernier, après une grande saison à Lille, et qui devait prendre la suite de Gigio Donnarumma. L’ancien Lillois n’a jamais su s’imposer, se fondre dans le moule ni diffuser la confiance à sa défense. Ça ne veut pas dire que l’intéressé est un mauvais gardien, ni même que Safonov est intrinsèquement meilleur. Simplement, il y en a un qui a su saisir sa chance, et l’autre, non. Qui va à la chasse...
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Recruté en 2024 pour 20 M€, Matveï Safonov avait pourtant raté le coche l’an dernier, quand Luis Enrique lui a donné l’opportunité de jouer une poignée de matchs. C’est notamment lui qui gardait les buts parisiens à Munich, en phase de ligue. Défaite 1-0 face au Bayern, sur une boulette de… Safonov. Après cela, il n’y avait plus de concurrence, aucun suspense, pas l’ombre d’un doute : Donnarumma a définitivement scellé son statut de numéro 1, avec la réussite que l’on sait sur la fin de la saison 2024-25, et notamment en Ligue des champions. Safonov a visiblement appris de ses erreurs.
Tu dois être performant quand tu joues au PSG et que l’entraîneur te donne la possibilité de jouer.
Luis EnriqueLe voir évoluer à ce niveau, c’est globalement une surprise. Mais pas pour Luis Enrique, droit dans ses bottes au moment d’évoquer la progression de son numéro 39. «Vous êtes peut-être surpris. J’ai toujours dit qu’on a trois gardiens de très haut niveau. On a commencé avec Lucas Chevalier, on a changé. On cherche les joueurs qui sont les meilleurs pour l’équipe et ça peut changer, même chez les gardiens. Il faut être ouvert, c’est mieux pour les joueurs et ça veut dire qu’il faut être performant tous les jours. Les joueurs qui étaient sur le terrain (mercredi) ont montré cette capacité. On avait sept blessés (Hakimi, Chevalier, Ndjantou, Pacho, Mendes et Lee étaient absents à Lens mercredi, NDLR), mais ça ne change rien. Tu dois être performant quand tu joues au PSG et que l’entraîneur te donne la possibilité de jouer», jure-t-il.
C’est ce qui a fait toute la différence entre Safonov et Chevalier, qui a découvert «un autre métier» à Paris, comme il l’avait indiqué au Figaro en début de saison, mais aussi un nouveau statut, celui de doublure. Après avoir marqué les esprits lors de la finale de la Coupe intercontinentale, avec ses quatre arrêts lors de la séance de tirs au but malgré... une main cassée, le Russe a définitivement pris la place de numéro 1 lors de la réception de Newcastle (1-1), le 28 janvier, en C1. La bascule. En plus, le natif de Calais s’est récemment blessé à la cuisse, à l’entraînement. Quand ça ne veut pas… Et ce quand Safonov avait, lui, de petits pépins au mollet.
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Les miettes pour Renato Marin
Déjà titulaire en Coupe de France contre les amateurs de Fontenay (4-0), en décembre, Renato Marin en a profité pour disputer ses deux premières rencontres de Ligue 1 face à Lorient (2-2) et Brest (1-0). «Je veux toujours avoir les joueurs prêts et la meilleure manière, c’est de jouer. Renato a montré son niveau et fait un bon boulot, courageux», avait salué Luis Enrique, après Brest, au sujet de la prestation du jeune (19 ans) portier italo-brésilien, qui joue pour l’Italie U19 et qui a été débauché à la Roma l’été dernier.
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Sachant que l’enjeu sur le plan comptable sera inexistant pour les deux équipes ce dimanche (21h), à Jean-Bouin, pour le derby entre le Paris FC et les champions de France du PSG lors de la 34e journée de Ligue 1, c’est peut-être encore le petit – façon de parler, il mesure 1,90m – Renato Marin qui aura l’occasion de garder les buts parisiens, qui sait ? Ce ne sera en tout cas pas Lucas Chevalier, qui vient tout juste de reprendre l’entraînement individuel, comme Achraf Hakimi, Willian Pacho ou encore Nuno Mendes.
Pas de Mondial pour Chevalier
La priorité, et c’est le cas depuis la qualification face au Bayern (5-4, 1-1), c’est la finale de la Ligue des champions contre Arsenal, le 30 mai, à Budapest. C’est ça qui guidera les choix de Luis Enrique ce dimanche. Pour ce qui est de savoir qui sera le dernier rempart du Paris-SG en Hongrie, il n’y a pas de doute. La question, c’est de savoir de quoi l’avenir sera fait pour Lucas Chevalier après cette année noire. Un cauchemar. Et encore plus noire depuis l’annonce de la liste des 26 pour le Mondial (11 juin-19 juillet), jeudi. Liste au sein de laquelle on retrouve le néophyte lensois Robin Risser en tant que gardien numéro 3, mais pas Lucas Chevalier, qui va devoir se poser les bonnes questions. En attendant, c’est à Matveï Safonov de jouer à Paris.


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