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DÉCRYPTAGE – Le technicien parisien n’a pas son pareil pour faire office de paratonnerre au profit de ses joueurs, face aux journalistes. Une stratégie connue et assumée.
Luis Enrique et la presse, une longue histoire… Et pas une histoire d’amour. Ça ne date d’ailleurs pas de son arrivée à Paris. Le mépris du technicien espagnol pour les journalistes n’est pas franchement un secret. L’intéressé ne s’en cache pas. Et encore moins après une défaite… Sans filtre. Encore jeudi, à la veille du déplacement à Auxerre ce vendredi (20h, Ligue 1+), lors de la 19e journée de Ligue 1, et au surlendemain de la défaite sur le terrain du Sporting (2-1), «Lucho» s’est fait plaisir. «Vous n’avez pas 50% des infos que j’ai à ma disposition», s’est-il agacé en conférence de presse, au Campus.
Et de poursuivre : «Quand je vois l’opinion de beaucoup de journalistes sur d’autres entraîneurs à la télévision, je me dis que c’est incroyable… Quel courage, vous n’avez pas les informations mais vous parlez ! C’est ça, le football professionnel…» Ambiance. Une sortie qui intervient après son show à Lisbonne. L’ancien coach du Barça avait notamment que le football est un «sport de merde», c’est-à-dire un sport qui ouvre la porte à un résultat de ce genre après avoir vu le PSG très largement dominer les débats pendant la majeure partie de la rencontre. Un PSG dominateur ? Oui. Inefficace dans les deux surfaces aussi… «C’est injuste», avait-il encore expliqué face aux médias, estimant avoir vu «le meilleur match à l’extérieur cette saison».
Je suis plus confortable avec les critiques que les éloges.
Luis EnriqueÉpuisé par les critiques de journalistes qui, selon lui, ne sont pas aptes à juger son travail, Luis Enrique n’a pas son pareil pour allumer des contrefeux. «Je dois comprendre les gens qui basent leur analyse par rapport au résultat», grince-t-il avec une condescendance. «C’est incroyable : après un match comme ça (à Lisbonne, NDLR), recevoir des critiques… Mais finalement, je suis plus confortable avec les critiques que les éloges», affirme-t-il.
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Pourtant, il ne manque pas d’éloges depuis son arrivée sur les bords de la Seine, et notamment le sacre européen. En ce moment, il est pourtant juste de souligner que le PSG n’est pas aussi flamboyant qu’en 2024-25, inefficace ici, manquant d’intensité là, voire dominé, comme face à l’OM (2-2, 4-1 tab). Deux revers sur les trois derniers matchs toutes compétitions confondues. «On est dans un très bon moment», prétend néanmoins Luis Enrique, assurant que la saison est «extraordinaire». Circulez, il n’y a rien à voir.
Mbappé tancé après un triplé
Les critiques, «Lucho» préfère les adresser à ses joueurs après une victoire. En 2023, on se souvient qu’il avait tancé Mbappé, qui venait de passer un triplé à Reims. Après le succès 3-0 face à Lille, vendredi dernier, il avait fait peu ou prou la même chose avec Ousmane Dembélé, auteur d’un doublé, dont «un but de PlayStation». L’ex-sélectionneur espagnol avait également ciblé les manques de ses joueurs, en termes de centration, d’intensité et dans les aspects défensifs. «J’aime être à contre-courant», avoue-t-il.
Pour le reste, Luis Enrique sait feindre lorsqu’il en ressent le besoin. Et ça arrive souvent, avouons-le. Ne sachant plus trop quoi dire sur Lucas Chevalier, qui a encore déçu au stade José Alvalade, Luis Enrique a préféré renvoyer la balle dans le camp des journalistes, coupables de tous les maux.
«La première chose que je dirai aux joueurs en arrivant au PSG, c’est que lors de la première saison, ils seront critiqués, quoi qu’ils fassent, explique-t-il. C’est arrivé à Bradley Barcola, Désiré Doué, beaucoup de joueurs… C’est normal». C’est surtout globalement faux. Mais plus c’est gros, plus ça passe…
C’est important de savoir que lorsque tu arrives dans une équipe de ce niveau, les critiques sont habituelles, il faut savoir les affronter.
Luis EnriqueEt d’ajouter : «On a signé trois joueurs cette saison, Lucas Chevalier, Renato Marin et Illya Zabarnyi. C’est difficile d’être dans la dynamique. Les critiques sont normales. C’est important de savoir que lorsque tu arrives dans une équipe de ce niveau, c’est habituel, il faut savoir les affronter. Je suis content de ce que j’ai vu des nouveaux joueurs. Le doute ? Rien. Pas de doute.» Pour Luis Enrique, c’est plus simple de répondre par l’absurde. Au moins, ça permet de ne pas enfoncer des joueurs qui, ne lui en déplaise, ne sont pas au mieux. Analyser la situation objectivement n’insulte toutefois pas l’avenir…
Parfois, Luis Enrique fait néanmoins passer des messages face à la presse, comme lorsqu’il avait tancé Gigio Donnarumma en mettant en avant les qualités de Matfey Safonov à l’automne 2024. Le plus souvent, il ne fait que donner le change. Et encore, la situation du Paris-SG n’est, à l’heure qu’il est, pas dramatique. Outre l’élimination en Coupe de France, Marquinhos et ses petits camarades sont en lice en Ligue 1 comme en Ligue des champions.
Repris de volée par le club
On imagine bien que la guerre serait déclarée si les résultats devenaient vraiment mauvais… Le club l’avait d’ailleurs repris de volée au début de son mandat, à l’automne 2023, lorsqu’il affrontait des journalistes qui étaient pourtant globalement positifs. Il s’était, un peu, assagi. Chassez le naturel...
«Pourquoi suis-je optimiste ? C’est très simple. Il suffit de voir qu’on a marqué quatre buts de plus que la saison dernière. Or, l’année dernière, ce n’était pas mal (sourire). (...) Si on analyse cette saison particulière (après un été à rallonge et avec une pluie de blessures, NDLR), on est dans un très bon moment, avec les points qu’on mérite en Ligue 1, et, malgré le pire calendrier, on est dans une position privilégiée en C1 (le classement ici )», jure-t-il.
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Mais si les Parisiens ne changent pas de braquet et que les recrues ne se mettent pas au diapason, Chevalier en tête, la campagne en C1 risque de s’achever avant Budapest. On peut toujours espérer un déclic, comme la saison passée face à City (4-2)… C’était il y a un an, quasiment jour pour jour.
La saison passée, on ne savait pas qu’on pouvait gagner.
Luis Enrique«C’est très dur de savoir s’il y aura un moment comme cela, souffle Luis Enrique. La différence entre cette saison et la précédente ? C’est clair : la saison passée, on ne savait pas qu’on pouvait gagner, les joueurs n’étaient donc pas en confiance, tandis que cette saison, ils savent qu’ils peuvent gagner et, encore mieux, les autres équipes savent qu’on peut gagner».
Une chose est sûre : la com’ de Luis Enrique permet au moins de gagner du temps, en plaçant un parapluie au-dessus de la tête de ses joueurs. Elle crée du «nous» pour son groupe, par opposition au «eux» des journalistes.
Match piège
Reste à continuer de donner le change sur le terrain. Et notamment ce vendredi, contre le mal classé auxerrois (17e). Un match piège. D’autant que Paris est privé de sept joueurs (Hakimi, Neves, Ruiz…) et que cette rencontre arrive avant le choc face à Newcastle, en «Champions’».
En attendant, cap sur la Bourgogne. «C’est le genre de match où on peut être confrontés à un bloc bas, avec peu d’espace et de temps. Il faut donc être lucide. On est habitués à ce type de problème, mais ce n’est pas pour cela que ce sera simple… Il faudra être attentifs et précis. Sans temps ni espace, c’est plus dur de marquer des buts», note-t-il. Un bon test pour montrer que les offensifs parisiens savent se montrer efficaces tout en évitant d’être fébriles.


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