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Les autorités françaises s’interrogent et tardent à trancher : faut-il rapidement interdire, pénaliser la possession et la vente du protoxyde d’azote ? Depuis trois ans, les Pays-Bas ont fait ce choix. Avec quels résultats ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Une voiture en train de couler. Le ballon dans la main du conducteur contient du gaz hilarant. Pour en finir avec ces accidents en série, les Pays-Bas décident en 2023 d'interdire toute vente de protoxyde d'azote à des fins récréatives. Trop de dégâts sur la santé. Salina a 26 ans, soignée dans la clinique "Yes we can", était devenue complètement dépendante : "J'inhalais 200 à 300 ballons par jour et par nuit. À la fin, ma langue était paralysée et brûlée. Et puis je ne pouvais plus manger ni boire. Je pouvais à peine aller aux toilettes. Si j'avais continué, j'aurais pu finir dans un cercueil."
Depuis l'interdiction, premier bilan : le nombre d'accidents mortels liés à la prise de gaz hilarant est passé de 31 à 20 en un an. Mais la consommation de gaz hilarant n'a pas disparu pour autant. Aldo van Eijk, éboueur au service de propreté de la communauté de Rotterdam (Pays-Bas), en sait quelque chose : "Et une nouvelle bonbonne à 70 euros. Elle est encore pleine. C'est fou de trouver ça dans la rue comme ça." Avant d'être illégales, les bouteilles étaient consignées. Elles retournaient donc dans les supermarchés.
Mais aujourd'hui, elles sont abandonnées sur le trottoir et la ville de Rotterdam a même aménagé des camionnettes pour récupérer sans danger ces bonbonnes. "J'en trouve entre 500 et 600 par semaine. Vous voyez, là, c'est un endroit idéal pour ceux qui prennent du gaz hilarant. C'est un grand parking, bien calme, ils peuvent aspirer leur ballon", décrit Aldo van Eijk.
Aujourd'hui, ces bouteilles s'achètent en ligne, de manière illégale. Les journalistes de France 2 ont fait le test. Un vendeur leur répond : "Une bouteille à 70 euros, les deux à 120." Un rendez-vous est fixé 15 minutes plus tard sur le parking d'une station-service. "Ici, ce n'est plus légal. On ne peut pas le montrer. Mais ce n'est pas un gros problème. C'est comme le haschich ou le cannabis", assume le vendeur.
Ces bouteilles contenant l'équivalent de 200 ballons proviennent d'Allemagne, où la vente est légale. Pour Derek van Enk, directeur de la clinique "Yes We Can", il faut aller plus loin : "On a besoin d'une interdiction dans toute l'Europe, parce que si c'est illégal aux Pays-Bas, il faudrait aussi le faire en Allemagne et en Belgique." Et pour les contrôles routiers, les autorités néerlandaises viennent de mettre au point un test de dépistage du gaz hilarant sur le même modèle que l'alcootest.


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