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La décision du gouvernement saskatchewanais de prolonger la durée de vie des centrales au charbon pourrait coûter bien plus cher que prévu. Selon une analyse réalisée par Brett Dolter, la facture globale pourrait grimper à 46,4 milliards de dollars sur 20 ans.
La Saskatchewan a annoncé en 2025 son intention de défier Ottawa en prolongeant la durée de vie de ses centrales au charbon.
Le professeur agrégé au Département d'économie de l'Université de Regina Brett Dolter explique avoir entrepris cette démarche afin d'effectuer ses propres calculs. Il a également évalué les émissions de gaz à effet de serre de cette stratégie de transition vers le nucléaire. Selon lui, il existe de meilleures solutions pour alimenter la province, tant sur le plan du coût que sur le plan environnemental.
Si nous pouvions choisir un scénario qui nous permette de réaliser des économies, de réduire les émissions et, en moyenne, de faire économiser plus de 800 $ par an au contribuable, j’y verrais un avantage évident pour s’engager dans cette voie.

Le professeur agrégé au département d'économie de l'Université de Regina Brett Dolter.
Photo : Radio-Canada / Alexander Quon
Dans les scénarios évalués par l’expert figurent notamment des combinaisons de gaz naturel et d’énergies renouvelables, une option initialement envisagée, puis abandonnée par SaskPower.
Pour arriver à ses résultats, Brett Dolter s’est appuyé en partie sur des données internes de SaskPower divulguées par le Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Saskatchewan.
Brett Dolter a également utilisé des chiffres communiqués par la Commission d’examen des tarifs de la Saskatchewan, ainsi que certaines hypothèses, la province n’ayant pas rendu publiques ses propres analyses.
D’après le spécialiste, les économies potentielles pour la province sont encore plus importantes si elle inclut la tarification carbone. Sans cette taxe, la facture passe de 46,4 milliards de dollars à 30,2 milliards de dollars sur 20 ans.
Dès qu'on ajoute le prix du carbone, cela revient beaucoup moins cher [pour ces autres options], moins de la moitié du coût, affirme-t-il.
En raison des émissions polluantes considérables générées par les centrales au charbon, on paie une somme considérable au titre du prix du carbone.
Le gouvernement évite de commenter l’analyse
Le gouvernement saskatchewanais a évité de répondre directement aux questions de CBC/Radio-Canada sur l’analyse réalisée par Brett Dolter.
La province affirme plutôt : Un approvisionnement en électricité fiable et abordable est le pilier de la croissance continue de la Saskatchewan. Le gouvernement fait ainsi écho à la déclaration du ministre de la Société d’investissements de la Couronne, Jeremy Harrison, qui a affirmé que la Saskatchewan avait adopté une approche tout compris pour répondre à ses besoins énergétiques.
Cela signifie exploiter et utiliser de manière responsable les ressources dont dispose aujourd'hui la Saskatchewan, tout en préparant un avenir alimenté par l'uranium de la province grâce au développement de l'énergie nucléaire.
Selon un document déposé par SaskPower devant la Commission d’examen des tarifs de la Saskatchewan, le prolongement de la durée de vie des centrales au charbon permettrait d’économiser 21 milliards de dollars en dépenses d’immobilisation, comparativement aux exigences du Règlement fédéral sur l’électricité propre.
Or, ce maintien du charbon prend le contre-pied des engagements pris par la province il y a quelques années, alors qu'elle visait un abandon complet de cette filière. La Saskatchewan avait même prévu une enveloppe de 10,5 millions de dollars pour appuyer la transition économique des collectivités directement touchées par la fermeture des centrales, notamment Estevan et Coronach.

Selon le maire d’Estevan, Tony Sernick, la fermeture des centrales au charbon d'ici 2030 aurait réduit la population de sa ville de près d'un tiers.
Photo : Radio-Canada / Alexander Silberman
Perte d’un tiers de la population
Le maire de la ville d’Estevan, Tony Sernick, estime que l’arrêt des centrales au charbon aurait eu des conséquences désastreuses pour sa ville de 11 000 habitants.
Avant ces annonces [concernant le charbon et le nucléaire], notre ville s'apprêtait à perdre jusqu'à un tiers de sa population, assure Tony Sernick.
Depuis que le gouvernement provincial a confirmé le maintien des centrales, Estevan souffle. Avec la relance du charbon et, espérons-le, la transition vers le nucléaire, cela devrait atténuer quelque peu les fluctuations et les baisses et permettre de maintenir un rythme plus constant pour l'avenir.
Des risques juridiques
Brett Dolter affirme toutefois que la province court des risques juridiques si elle ne se plie pas à la réglementation d’Ottawa. Le fédéral exige la fermeture de toutes les centrales au charbon après 50 ans d'exploitation, ou d'ici 2030, selon la première de ces deux échéances.
Le ministre Jeremy Harrison a déjà réitéré l'intention de la province de passer outre ces directives. Nous allons continuer à exploiter nos centrales à charbon au-delà de 2029, a déclaré Jeremy Harrison, ajoutant que la réglementation fédérale est inconstitutionnelle.
Dans le pire des cas, nous allons dépenser une somme importante pour rénover ces centrales à charbon, explique Brett Dolter, soulignant que ces investissements seraient alors purement perdus. Disons 2,6 milliards de dollars, et en fin de compte, nous allons perdre quand même les recours judiciaires et devrons les fermer.
Avec les informations d'Alexander Quon


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