Abrupte comme une tragédie de Sophocle. Sans épanchement ni glose. A la Comédie de Genève, Alexander Zeldin projette Antigone dans une villa middle class, quelque part dans la banlieue de Londres. L’artiste britannique, 42 ans, continue de mettre en pièces la chambre noire de nos névroses, après Une mort dans la famille et The Confessions, deux textes, à l’affiche de la Comédie en 2023, où il s’inspirait de l’histoire des siens, de sa mère notamment. The Other Place n’a pas leur envergure, mais on retrouve ce qui fait la signature du metteur en scène, une âpreté de jeu de chaque instant, un réalisme halluciné et des interprètes au diapason.
Antigone est donc bien notre contemporaine. Chez Sophocle, la fille d’Œdipe est celle qui dit non à Créon, son oncle tout-puissant. Le patriarche voudrait que les charognards dévorent le cadavre du rebelle Polynice, le frère d’Antigone. Pas de sépulture pour le traître! Elle s’arc-boute aux dieux et crache au visage du tyran. C’est ce scénario qu’Alexander Zeldin recoud à sa façon dans The Other Place, titre qui définit le projet. A l’origine de cette actualisation, une commande du National Theatre of Great Britain, l’une des grandes institutions londoniennes.


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