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Procès Paty : «Une chape de plomb nous est tombée sur la tête», déplore la mère de Samuel Paty après les décisions en appel

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Bernadette Paty estime que le tribunal, qui a prononcé des peines inférieures pour deux des quatre condamnés, a «abandonné encore une fois Samuel».

Jusqu’ici, elle n’avait pas souhaité s’exprimer pour ne pas «entacher en quoi que ce soit les procès» Paty. Mais avec le jugement rendu en appel lundi 2 mars, «on est allé trop loin», déplore ce mardi Bernadette Paty, mère du professeur assassiné en 2020 par un jihadiste tchétchène, Abdoullakh Anzorov. «On ne comprend pas les décisions de la cour», s’est-elle émue au micro de RTL, regrettant que le tribunal ait «abandonné encore une fois Samuel».

La cour d’assises spéciale de Paris a condamné lundi en appel quatre hommes pour leur rôle dans l’engrenage qui a conduit à l’assassinat de Samuel Paty. Condamnés pour association de malfaiteurs mais sans que son caractère terroriste ne soit retenu, deux proches du tueur, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, ont vu leur peine réduite. Ils ont été condamnés à six et sept ans de prison, contre 16 ans de réclusion criminelle en première instance.

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Un jugement qui «chagrine beaucoup» les parents de Samuel Paty. «On ne comprend pas cet écart. [...] Ce n’est pas possible qu’ils ne soient pas au courant de ce que voulait faire Abdoullakh Anzorov», souligne Bernadette Paty. Epsirkhanov et Boudaoud étaient poursuivis pour avoir véhiculé Anzorov et l’avoir aidé à se procurer des armes avant son crime, commis le 16 octobre 2020, près du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Ils assurent n’avoir pas eu conscience de la dérive jihadiste ni du projet d’attentat d’Anzorov, qui avait été abattu par la police qu’il menaçait. Et ils ont cette fois convaincu la cour.

Une «fatwa numérique contre Samuel»

Les peines les plus lourdes, respectivement 10 et 15 ans de réclusion, ont été prononcées contre un parent d’élève, Brahim Chnina, 54 ans, et surtout le militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, coupables d’associations de malfaiteurs terroriste. Ils ont été les initiateurs de la campagne de haine en ligne, qui ne s’était arrêtée qu’avec la décapitation du professeur d’histoire-géographie par Abdoullakh Anzorov, parce qu’il avait montré des caricatures du prophète Mahomet lors de son cours sur la liberté d’expression.

Ces peines-là sont «un début de victoire», assure Bernadette Paty. «On a reconnu qu’ils étaient vraiment responsables de la mise en œuvre mortifère d’Anzorov, vu la cabale qu’ils avaient entretenue sur les réseaux sociaux depuis le début du mois d’octobre. C’était vraiment une fatwa numérique contre Samuel. De ce côté-là on est tout à fait satisfait. On espère que cette condamnation va faire réfléchir pour que plus jamais on assassine un professeur parce qu’il a fait un cours qui a déplu», poursuit-elle. Abdelhakim Sefrioui s’est pourvu en cassation.

«On tient avec des médicaments»

Bernadette Paty estime par ailleurs que la mémoire de son fils a de nouveau été «salie» lors d’un procès où «plein de choses anormales se sont passées». «Il n’a fait que son travail. [...] Samuel était d’une tolérance exemplaire vis-à-vis des religions même s’il n’était pas croyant», explique-t-elle. «On tient avec des médicaments, des antidépresseurs, des anxiolytiques, des somnifères. Depuis plus de cinq ans, on traîne un boulet qui nous écrase, de plus en plus lourd. Depuis hier soir, une chape de plomb nous est tombée sur la tête. J’en veux à ce jugement, j’en veux beaucoup. Ils n’ont pas pris leurs responsabilités. Et ça, je ne le comprendrai jamais.»

En parallèle de la procédure judiciaire criminelle, la famille Paty a également saisi le parquet de Paris pour «non-empêchement de crime» et «non-assistance à personne en péril», visant des représentants de l’État. «Samuel s’est vraiment retrouvé tout seul face à l’institution, face à la cabale menée contre lui», rappelle Bernadette Paty. «Il allait faire ses cours avec un marteau dans son sac à dos. Ça a dû être horrible pour lui.»

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