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Procès de Richard Neil : l’ADN ne ment pas... même 30 ans plus tard, dit la Couronne

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La Couronne au procès de Richard Neil affirme que les preuves d'ADN, les empreintes digitales et l'identification de l'individu de 67 ans sont irréfutables à la clôture des audiences, vendredi, à Brampton. Richard Neil est notamment accusé d'avoir agressé trois enfants dans des parcs du sud de l'Ontario de 1992 à 1995. Il avait été arrêté en 2024 après avoir été rattrapé par ses caractéristiques génétiques.

AVERTISSEMENT : cet article pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs.

Richard Neil a plaidé non coupable à l'ouverture de son procès, le 5 octobre, des 17 accusations déposées contre lui : enlèvement, agressions sexuelles ayant causé des blessures et administration d'une substance stupéfiante notamment.

Ses présumées victimes étaient deux garçons de 8 et 10 ans et une adolescente de 15 ans. Leur identité est protégée par une ordonnance de non-publication des tribunaux.

Réquisitoire de la Couronne

Dans ses conclusions, la Couronne affirme, en citant les experts qu'elle a appelés durant le procès, que les preuves par ADN sont infaillibles et qu'elles ne laissent aucune place à l'erreur comme le suggère la défense.

La procureure Kelli Frew mentionne que les échantillons d'ADN dans cette affaire, ceux relevés sur les lieux du crime et ceux de l'accusé, ont été examinés adéquatement et même contre-vérifiés.

Les spécimens ont été prélevés sur trois années différentes, dans 15 endroits différents sur trois scènes de crime et elles concordent avec celles de l'accusé, déclare-t-elle.

Les scènes de crime sont le parc Norton Place à Brampton, le parc Idlewood à Kitchener et le parc Wildwood à Oakville.

La procureure Frew souligne que l'ADN de 310 autres suspects a été exclu au moment des tests.

La science a évolué en 30 ans, mais les résultats demeurent les mêmes, poursuit-elle en affirmant que les examens médico-légaux sont fiables peu importe si ces tests ont été administrés à des années d’intervalle.

La procureure mentionne que les échantillons d'ADN rassemblés à l'époque n'ont été ni altérés, ni perdus, ni détruits, ni contaminés et que les conclusions scientifiques demeurent inchangées.

Vous devriez avoir une confiance aveugle dans les tests ADN, dit-elle aux jurés.

Richard Neil au moment de son arrestation en 2024.

Richard Neil a été appréhendé en mars 2024 par la Police régionale de Peel.

Photo : Avec l'autorisation de la police régionale de Peel

Me Frew ajoute dans la même veine que les empreintes digitales de l'accusé concordent avec celles qui ont été relevées par la police sur un sac de la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) et une bouteille de soda que l'accusé portait sur lui au moment des faits.

Le détective Bob Hofstetter de la police régionale de Peel a toujours fait un sans-faute en 30 ans de carrière dans l'examen d'empreintes digitales, rappelle-t-elle.

Me Frew affirme que l'accusé était familier avec les trois parcs en question, puisqu'il vivait à proximité entre ses déménagements. Elle remarque en outre que les trois agressions se sont produites alors qu'il était entre deux emplois.

Richard Neil avait l’occasion de commettre les crimes, car il ne travaillait pas et disposait d’une voiture pour se déplacer librement, précise-t-elle.

L'affiche du parc Norton Place à Brampton.

L'une des trois agressions a eu lieu en septembre 1994 sur un garçon de 10 ans au parc Norton Place de Brampton. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell

Elle ajoute enfin que le témoignage de Richard Neil durant le procès était hésitant, peu fiable et incohérent. Il a été incapable de répondre avec franchise à nos questions, rappelle-t-elle en affirmant qu'il n'a pas pu créer un doute raisonnable dans l'esprit des jurés.

En conclusion, Me Frew a demandé aux jurés d'utiliser leur gros bon sens dans leurs délibérations la semaine prochaine et de se fier aux preuves scientifiques dans cette affaire.

Toutes les pièces à conviction pointent en direction du même suspect… son identité n’est plus un mystère.

Si vous êtes satisfait que Richard Neil a été correctement identifié au-delà de tout doute raisonnable, vous devez alors le reconnaître coupable sur toute la ligne, conclut-elle.

Plaidoyer de la défense

Dans ses derniers arguments, la défense a expliqué, jeudi, qu’elle ne contestait pas la véracité des agressions, ni le fait qu’un auteur unique en soit l’auteur. L’avocat Leo Adler a répété toutefois qu'il y a erreur sur la personne.

La question est plutôt de savoir de qui il s'agit. Et ce n’est pas Richard Neil, a-t-il affirmé d'entrée de jeu.

Me Adler a notamment fait valoir que la description physique que les présumées victimes ont donnée à la police au sujet de l'agresseur dans les années 1990 ne correspond pas systématiquement aux photos de Richard Neil de l'époque.

Richard Neil a lui-même affirmé, à la barre des témoins, qu'il n'avait jamais eu d'acné dans sa jeunesse, comme l'avaient prétendu les trois enfants.

Une vielle bouteille de soda en plastique.

Selon la Couronne, des empreintes digitales de Richard Neil ont été relevées sur cette bouteille en plastique récupérée à l'époque sur l'une des trois scènes de crime.

Photo : AVEC L'AUTORISATION DE LA COUR SUPÉRIEURE DE L'ONTARIO

Me Adler a également souligné que, bien que Richard Neil admette avoir un fétichisme pour l’urine, son client a affirmé que cette paraphilie n'était apparue que vers 2012.

L'accusé avait d'ailleurs expliqué qu'il ne pratique ce fantasme qu'avec des hommes adultes et consentants exclusivement et toujours à domicile, jamais dans la nature.

La procureure Frew a toutefois affirmé qu'il ne peut s'agir là d'une coïncidence.

Me Adler a surtout remis en question la fiabilité des analyses d’empreintes digitales et d’ADN des experts de la Couronne, en soulignant que leurs calculs initiaux ont écarté trop vite d'autres suspects potentiels comme le frère de Richard Neil.

Une position que la procureure Frew a comparée à une simple théorie de la défense.

Le palais de justice de Brampton

Richard Neil a été traduit devant le palais de justice de Brampton en banlieue de Toronto.

Photo : Radio-Canada / (archives CBC)

Me Adler a par ailleurs affirmé que la quantité d'ADN relevé à l'époque est bien trop faible pour pouvoir mener des examens exhaustifs concluants.

Il a en outre remis en question le vocabulaire que les experts ont utilisé durant les audiences, en rappelant qu'ils ne cessaient de répondre : L'individu ne peut être exclu au lieu d'avancer avec certitude une correspondance entre les échantillons d'ADN provenant de la scène des crimes et ceux de son client.

Me Frew a toutefois demandé au jury de ne pas se laisser tromper par un tel langage, parce que la signification de ces deux expressions veut dire exactement la même chose.

La juge Rosemarie Juginovic, de la Cour supérieure de l'Ontario, donnera ses instructions au jury à midi lundi, si bien que les délibérations débuteront en fin d'après-midi le même jour.

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