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Onze audiences en un an, et toujours pas de jugement. Le procès d’Alice Nkom devant le tribunal de Douala-Bonanjo vient encore d’être reporté, cette fois au 7 septembre 2026. Franchement, à ce rythme, difficile de ne pas y voir autre chose qu’un simple problème de calendrier judiciaire.
Un dossier qui s’enlise depuis août 2025
L’affaire a démarré le 4 août 2025 devant la même juridiction. Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe, respectivement coprésidente et directrice exécutive du Redhac, sont poursuivies pour bris de scellés, rébellion et refus de répondre à une convocation. Tout est parti de la fermeture forcée des bureaux de leur organisation en décembre 2024, sur ordre du ministère de l’Administration territoriale dirigé par Paul Atanga Nji.
Alice Nkom avait elle-même brisé les scellés, en plein jour, devant témoins. « Un acte sans base légale n’est pas un acte d’autorité, c’est une voie de fait », avait-elle posté sur les réseaux sociaux, rappelant qu’aucune décision de justice n’autorisait selon elle cette fermeture. Le Redhac, accusé de « financement illicite », a toujours nié en bloc. La prochaine étape est fixée au 7 septembre, pour les réquisitions du ministère public.
Un procès devenu terrain politique
Le truc, c’est que cette affaire ne se limite plus à une histoire de scellés brisés. Depuis novembre 2025, Alice Nkom est devenue la porte-parole officielle d’Issa Tchiroma Bakary, l’opposant autoproclamé « président élu » après le scrutin d’octobre 2025, aujourd’hui réfugié en Gambie.
Pourtant, cette avocate de 81 ans n’avait pas attendu Tchiroma pour irriter le pouvoir. Défenseuse historique des droits humains, notamment des personnes LGBTQIA+ au Cameroun, elle traînait déjà une réputation de figure gênante à Yaoundé. Un proche du dossier résume la situation sans détour : « À travers elle et le Redhac, le pouvoir cherche certainement à atteindre l’opposant. »
Sa voix porte à l’étranger, en Europe comme aux États-Unis. C’est précisément ce qui inquiète le régime. Le signal est clair. Ce procès ressemble de moins en moins à une simple affaire de droit commun.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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