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Pour obtenir un prix, il fallait donc creuser un trou, y déposer son slip et patienter.
Organisée à Zurich par les Annals of Improbable Research, la cérémonie distingue des recherches qui, selon sa formule maison, « font d’abord rire, puis réfléchir ». Le public a respecté le protocole : des avions en papier ont été lancés vers la scène. Il faut croire que l’humanité garde un peu de bon sens lorsqu’elle se retrouve face à un trophée en forme de champignon-pied humain.
Les riches volent des bonbons
Une équipe a rassemblé des preuves montrant que les personnes issues des classes supérieures sont plus susceptibles de voler des bonbons à des enfants et d’adopter d’autres comportements non éthiques. Une découverte que l’Associated Press a oublié de mentionner dans son compte-rendu de la soirée de gala, mais que Euro News n’a pas négligée. La bourgeoisie européenne serait-elle moins susceptible que l’américaine ?
Le lait de cafard, pas encore au rayon frais
Le prix de chimie revient à une équipe ayant étudié les protéines produites par le cafard vivipare Diploptera punctata. Elles contiennent plus de trois fois l’énergie du lait de vache à quantité équivalente. Inutile toutefois de sortir la tasse et les céréales : ce « lait » nourrit les embryons dans la poche incubatrice de leur mère et se présente sous forme de minuscules cristaux nutritifs.
La recherche primée est issue d’une étude publiée en 2016, dont les détails sont rappelés par The Scientist. Voilà donc un aliment très énergétique, difficile à produire et doté d’un packaging qui fait fuir les voisins.
Des slips enterrés pour ausculter les sols
Autre lauréat, un vaste test de terrain a consisté à enfouir environ 1 000 paires de sous-vêtements en coton dans plus de 25 pays. Deux mois plus tard, les chercheurs les ont déterrés pour observer leur état. Plus le tissu avait été dégradé par les organismes vivants du sol, plus celui-ci était considéré comme biologiquement actif.
Un slip qui disparaît vite est le signe d’un sol qui travaille. Ce n’est pas très glamour, mais beaucoup plus concret qu’un PowerPoint sur la biodiversité. La recherche rappelle surtout que les bactéries, champignons et petits animaux du sous-sol font une grande partie du travail sans réclamer ni prime, ni plateau télé.
Baiser, mouchage et science sans costume trois-pièces
Les Ig Nobel ont aussi distingué Matilda Brindle, Stuart West et Catherine Talbot pour leurs travaux sur l’histoire évolutive du baiser. Une tradition vieille de 21,5 millions d’années non réservée à l’espèce humaine.
Le Japonais Tokuji Unno a été récompensé de façon postume pour une étude consacrée à l’aérodynamique du mouchage. Ses conclusions : souffler fermement et suffisamment longtemps, en bouchant si besoin une narine pour dégager l’autre. Après des décennies d’errance, voici donc l’humanité munie d’un protocole validé pour se moucher correctement.
Les prix Ig Nobel ne se moquent pas des chercheurs. Ils rappellent plutôt qu’une question étrange peut parfois produire une réponse utile. Et qu’au milieu des grands discours sur l’innovation, il reste heureusement des gens capables d’enterrer des sous-vêtements pour comprendre ce qui se passe sous nos pieds.


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