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Les noms des cinq finalistes du Prix du récit Radio-Canada 2026 sont dévoilés. Les textes ont été sélectionnés par un jury, composé de l’écrivaine et professeure Claire Legendre, de l’écrivain et animateur Jean-Philippe Pleau et de l’ancien chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador Ghislain Picard. Chaque année, ce prix récompense des textes originaux d'autrices et d'auteurs amateurs ou professionnels.
Les récits inédits de Jean Grandmont, de Gabrielle Huot-Foch, de Jennyfer Philippe, de Raphaël Potvin et de Sophie René de Cotret ont été choisis parmi les 24 textes de la liste préliminaire établie par le comité de lecture.
Le nom de la personne gagnante sera dévoilé le 22 septembre.
La liste des finalistes de langue anglaise (CBC Short Story Prize) a été dévoilée sur le site de CBC Books (nouvelle fenêtre).
Les finalistes :
(Cliquez sur le titre de leur nouvelle pour la lire)
Jean Grandmont pour Corps étranger

Jean Grandmont est finaliste du Prix du récit Radio-Canada 2026.
Photo : Justine Latour
Jean Grandmont est né à Sorel à l’époque où l'entreprise Marine Industries faisait vivre bien des familles, dont la sienne, avec un père électricien. Il a fait des études en philosophie et en littérature. Professeur de philosophie jusqu’à ce qu’il soit frappé par la maladie de Parkinson, il a pris sa retraite pour profiter du temps, qu’il qualifie de précieux.
Grand lecteur, il n’avait jamais véritablement pensé écrire avant le décès de sa mère. Il a alors entrepris de rédiger quelques textes pour garder une trace de ses impressions. Cette habitude heureuse s’est bien ancrée! Depuis, j’écris.
Finaliste pour la quatrième fois
C’est la quatrième fois que Jean Grandmont se taille une place parmi les finalistes des Prix de la création. J’ai bien de la chance, et chaque fois, ma réjouissance est tout aussi vive!
Il a été finaliste du Prix de la nouvelle à trois reprises : en 2021, à sa première participation à un concours d’écriture, avec Machineries, puis en 2022 avec Chairs chaudes et viandes froides et en 2024 avec le texte Funeste chimie de la fermentation. Il était aussi de la liste préliminaire de la nouvelle en 2025 avec Les douces noces de la fonte et du bois.
Cette continuité doit beaucoup [au fonctionnement] des Prix de la création Radio-Canada! La reconnaissance par un jury qui œuvre totalement à l’aveugle constitue une puissante tape dans le dos. C’est un inestimable encouragement.
Ce grand lecteur lit de tout, notamment le dernier livre de son amie écrivaine Annie-Claude Thériault. Il écrit aussi toujours avec l’espoir d’être publié un jour. On écrit pour être lu, non? Il encourage d'ailleurs le public à participer aux Prix de la création pour faire voyager ses écrits : Si on le sent, il faut y aller. On n’a rien à perdre.
Gabrielle Huot-Foch pour Snowflake

Gabrielle Huot-Foch est finaliste du Prix du récit Radio-Canada 2026.
Photo : Manoushka Larouche
Gabrielle Huot-Foch habite Montréal. Elle a occupé divers emplois dans le milieu littéraire avant d'enseigner la littérature au collégial.
L’écriture lui est venue naturellement à l’adolescence, lorsqu'on lui a offert un ordinateur portable. Ce qui m’a permis, littéralement, d’écrire depuis ma "pièce à soi", étant donné que l’ordinateur familial était dans la pièce commune. Elle a continué à écrire et a publié deux zines avec l'Atelier universel ainsi que des textes dans les revues Les écrits et Mœbius. Actuellement, elle collabore à la revue Liberté.
Il s’agit de sa première participation aux Prix de la création et elle dit avoir réagi avec une incrédulité joyeuse à cette place de finaliste. Très reconnaissante, elle estime toutefois que l'essentiel réside dans la démarche : Ce choix répété, qu’on gagne ou pas, c’est le fait de persister qui me semble le plus fort. Elle poursuit son travail de création et souhaite terminer son roman au cours de la prochaine année.
Une inspiration diversifiée
Il lui est difficile de donner des noms d’écrivaines et d’écrivains qui l’inspirent, car elle dit concevoir la lecture par des phases et préfère parler de type de lecture. Ce qui m’amène à lire un livre est hasardeux et j’aime une grande variété de choses.
L’autrice a longtemps été intéressée par l’autofiction et le témoignage en raison des liens complexes entre fiction et réalité, mais cet intérêt ne l’a pas empêchée d'explorer d'autres types de romans. Plus récemment, elle s’intéresse aux œuvres abordant la question de la décolonialité.
Jennyfer Philippe pour Dossier 20.1

Jennyfer Philippe est finaliste du Prix du récit Radio-Canada 2026.
Photo : Élyse Bourassa-Girard
Originaire de Québec, Jennyfer Philippe habite Montréal depuis l’adolescence. Après des études en littérature, elle enseigne cette matière au collégial depuis une quinzaine d’années. Une éternité pendant laquelle j’ai complètement mis de côté l’écriture au profit du travail.
Depuis peu, elle cherche à renouer avec l’écriture, qu’elle dit avoir trop longtemps négligée. J’ai ressenti un fort besoin de retrouver mon chemin vers elle. On en est encore à s’apprivoiser, elle et moi.
Une première émouvante
Finaliste pour la première fois, Jennyfer Philippe a été très touchée d’apprendre que son texte sera publié. Peut-être qu’il rejoindra d’autres enfances où flottent aussi les cadavres.
Elle ajoute que son rapport avec la littérature a toujours été affectif. J’éprouve beaucoup de respect, d’admiration pour celles et ceux qui fouillent les flaques stagnantes et visqueuses de l’enfance, particulièrement quand il y a quelque chose de communicable avec la mienne.
Merci pour ces textes qui m’ont fait sentir que j’avais une place dans le monde
Raphaël Potvin pour Points de suture

Raphaël Potvin est finaliste du Prix du récit Radio-Canada 2026.
Photo : Marie-Michelle Lacroix
Originaire de Beauport, à Québec, Raphaël Potvin habite aujourd'hui Saint-Ferréol-les-Neiges. Pigiste en montage vidéo et en animation graphique, il a auparavant travaillé dix ans dans une boutique de planches à roulettes, organisé des spectacles et géré une maison de disques.
Musicien, il est parolier et bassiste du groupe Caravane depuis 2013. La formation effectue une dernière tournée cet automne, qui se terminera à L'Impérial Bell de Québec le 19 décembre. Il est également père d'une fillette d'un peu plus d'un an : Ça m’occupe pas pire.
Des débuts en anglais
Il commence à écrire au secondaire des poèmes en anglais inspirés par la musique métal et punk. Recruté comme bassiste par The Hunters, il signe des chansons pour le groupe, puis écrit pendant 15 ans pour divers artistes comme Caravane, New Bleach, Bønanza et Dom Pelletier.
J'ai essayé la nouvelle, le récit, des romans, tout en continuant la poésie ici et là, mais ça sonnait jamais comme je voulais. C'est quand le groupe a pris moins de place dans ma vie, pendant la pandémie, que je m'y suis remis pour vrai.
Son écriture a été influencée par divers types de littérature et par la musique, notamment celle de Leonard Cohen et de Jean Leloup. Il a été marqué au secondaire par Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… et L'écume des jours, de Boris Vian, puis il a découvert au cégep la plume brutale de Charles Bukowski, qui l'inspire encore profondément. Il est aussi passionné de science-fiction : Neuromancer, de William Gibson, est le roman qui m'a donné envie d'écrire de la fiction, puis qui a changé ma manière de voir ce qu'un livre peut faire. Il admire également Réjean Ducharme, Jean-Christophe Réhel, Jean-Philippe Baril Guérard, Stéfanie Tremblay, Kristina Gauthier-Landry et Stéphane Larue.
Le récit soumis aux Prix de la création est le premier texte qu’il montre officiellement. Stupéfait d'être finaliste, il espère que sa prochaine publication sera le roman auquel il travaille actuellement.
Il termine avec ces mots pour les gens qui hésitent à participer aux concours d’écriture : Un texte fini qui n’est pas parfait, ça bat un chef-d'œuvre qui existe juste dans votre tête. L'écriture, c'est tough, mais faut se rendre jusqu'au bout. Comme la vie, dans le fond.
Sophie René de Cotret pour Femme de main

Sophie René de Cotret est finaliste du Prix du récit Radio-Canada 2026.
Photo : Éric Cantin
Sophie René de Cotret a grandi à Québec, une ville qu'elle aime pour son cachet, du Petit-Champlain aux plaines d'Abraham. J'habite Charlesbourg depuis une dizaine d'années. Comme la quasi-totalité de ma famille y réside, je me sens profondément enracinée dans mon milieu de vie.
Déjà finaliste du Prix du récit en 2019 avec le texte Formule privée, elle se dit choyée d’être à nouveau sélectionnée parmi les cinq finalistes. Entre 2019 et 2026, j'ai proposé plusieurs textes au Prix du récit. La plupart n'ont pas été retenus, mais j'ai continué à essayer. Des fois, ça marche.
Les journaux intimes comme déclencheur
Elle a commencé à écrire très jeune dans ses journaux intimes, puis dans un petit journal conçu avec son frère et des amis. Après une pause au secondaire à la suite de critiques décourageantes, elle retrouve le plaisir d'écrire au cégep grâce à un professeur inspirant.
Cette intervenante psychosociale vit avec le cancer depuis plusieurs années ainsi qu'avec la maladie de Graves. Contrainte de renoncer à l'enseignement, elle s'inscrit en création littéraire à l’université. Les ateliers pour personnes greffées du CHUM l'encouragent à aller plus loin : elle y rédige une autofiction à paraître prochainement. J'ai découvert que non seulement j'aimais toujours profondément écrire, mais que je pouvais en faire quelque chose.
Active dans le milieu du slam depuis quatre ans, elle a remporté la finale régionale et participera aux championnats provinciaux en décembre 2026.
La persévérance récompensée
Sophie avait soumis son texte à deux reprises aux Prix de la création avant sa sélection : Je suis très surprise. C'est un texte que j'aime, car il montre ma vingtaine sous un angle original.
Cette reconnaissance la stimule et elle énumère plusieurs projets : l'écriture d'un second manuscrit, de nouveaux slams et la préparation d'une conférence sur l'écriture pour en montrer les bienfaits sur la santé physique et mentale. Inspirée par chacune de ses lectures, elle a récemment lu Maple, de David Goudreault, Frappabord, de Mireille Gagné, et L'interrogatoire de Salim Belfakir, d’Alain Beaulieu. Elle apprécie beaucoup l'œuvre de Catherine Mavrikakis et de Clara Dupuis-Morency.
La maladie prend beaucoup de place dans sa vie, mais elle lit, écrit et slame dès qu'elle a le temps. Être malade est un emploi à temps presque complet. J'ai la chance d'être bien entourée par ma famille, mes amis et mon mari.
Véritable tremplin pour les écrivaines et les écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à toute personne qui écrit, de façon amateur ou professionnelle. Ils récompensent chaque année les meilleurs récits (histoires vécues), nouvelles et poèmes inédits soumis au concours. Pour tous les détails du concours, consultez notre page.


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