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Sport 20/07/2026 20:14
Pour clore cette Coupe du monde un commentateur suisse s’est lancé dans une diatribe à l’encontre de la FIFA. Prix des billets, pauses fraîcheurs, intervention de Trump… Rien ne lui a échappé.

EVRIM AYDIN / Anadolu via AFP
Le président de la FIFA Gianni Infantino et le président américain Donald Trump pour la remise de la Coupe du Monde à l’Espagne.
« Bravo au commentateur suisse de dire les termes sur cette Coupe du monde 2026. » Quelques minutes avant de rendre l’antenne ce dimanche 19 juillet, et alors que l’Espagne recevait son trophée, le commentateur suisse de la RTS s’est lancé dans une critique salée envers la compétition et plus particulièrement envers la FIFA. Une « honnêteté » particulièrement appréciée par les téléspectateurs et les internautes sur les réseaux sociaux.
« C’était sans aucun doute la Coupe du monde la plus mercantile de l’histoire, l’une des plus politisées aussi », débute David Lemos. « Hier, Gianni Infantino l’avait présentée, et vous m’excuserez la paraphrase, comme la plus belle chose qui soit arrivée à l’humanité à peu de chose près. Et ce qui est sûr, c’est qu’elle aura rapporté plus que jamais auparavant. » Selon The Guardian, la FIFA doit annoncer un record de 15 milliards de dollars de recettes, soit un peu plus de 13 milliards d’euros.
Si le journaliste a reconnu « de beaux moments sur le plot sportif » et « un beau vainqueur », il a tenu à rappeler toutes les polémiques qui ont marqué cette édition de la compétition. « Nous n’oublierons pas, même si les stades étaient pleins, les prix qu’ont dû payer les personnes qui n’ont pas des moyens considérables pour leur passion pour le football, la passion qui les dévore », s’est-il souvenu, comme vous pouvez l’entendre dans la vidéo ci-dessous. Le prix de vente des billets a bondi de 35 % en moyenne par rapport au précédent mondial. Pour la finale, le prix d’une place ne descendait pas en dessous de 9 500 dollars, soit 8 320 euros.
Affaire Balogun, temps de jeu revisité…
Et de rappeler que certains, même après s’être acquittés de ces sommes parfois folles, n’ont pas pu entrer aux États-Unis car « leur nationalité n’était pas la bonne ». L’occasion pour David Lemos de reparler des staffs, journalistes mais aussi arbitres qui se sont vus refuser l’entrée comme le somalien Omar Artan, alors qu’il avait pourtant été sélectionné par la FIFA pour officier sur la compétition.
« On pense aussi au traitement inacceptable de l’équipe d’Iran, qui n’a pas pu défendre ses chances correctement dans ce tournoi. On pense également au cas Balogun », a poursuivi le commentateur suisse. « On aura vu un président se vanter d’avoir appelé le président de la FIFA pour faire annuler une suspension d’un joueur. Un politique qui s’est immiscé au cœur du jeu, alors que la Fédération Internationale dit vouloir le mettre au-dessus de tout. »
L’affaire Balogun a résonné jusque dans les plus hautes instances du football puisque, selon The Times, le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, qui est aussi vice-président de la FIFA, n’a justement pas assisté à la finale du Mondial estimant qu’une « ligne rouge a été franchie ».
Il évoque aussi une compétition qui aura vu « tous ces matchs se disputer en quatre quart-temps », en raison des pauses fraîcheur vivement critiquées. « Et sa finale peut naître une mi-temps de près de 30 minutes », pour assurer un show à l’image de ce qui se fait au Super Bowl.
« Il a parfaitement résumé les échecs de ce mondial »
« La crise a deux noms : l’argent et le pouvoir. Il y a aujourd’hui une crise de confiance entre de nombreux acteurs de ce sport et la FIFA. Ces prochaines semaines, l’argent va pleuvoir sur beaucoup de Fédérations, beaucoup d’acteurs de ce sport, qui seront gentiment invités à se taire et à tendre la main », ose même David Lemos.
Une tirade saluée sur les réseaux sociaux. Les internautes affirment qu’il « a parfaitement résumé les échecs de ce mondial » et y voient une « magnifique conclusion ». « Le journaliste suisse qui ose dire les choses, qui ose dénoncer les énormités dérangeantes de cette Coupe du Monde », écrit un autre. Un commentateur de la même chaîne y était lui aussi allé de sa critique au moment des Jeux olympiques d’hiver de 2026 en questionnant la présence d’un athlète israélien qui avait posté plusieurs messages sur les réseaux sociaux « en faveur du génocide à Gaza ». Cette prise de position avait également connu son succès sur les réseaux sociaux.
« On a le droit d’avoir l’espoir que certaines choses seront relevées et qu’on ne les reverra plus », a conclu le journaliste suisse ce dimanche soir, espérant que des polémiques semblables ne viendront pas entacher la prochaine édition de la Coupe du monde dans quatre ans, organisée entre l’Espagne, le Portugal et le Maroc.


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