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Le dossier de la privatisation partielle de Belfius pourrait-il connaître en fin de semaine une percée décisive ? Cela reste à démontrer mais on nous confirme en coulisses que le point sera en tout cas bien discuté ce vendredi en conseil des ministres, le dernier avant les vacances parlementaires. Sur la table : l'"éligibilité" des offres émanant des investisseurs privés candidats à une entrée dans le capital de la banque publique. Pour le reste, du côté des cabinets des vice-premiers, c'est la discrétion qui est de mise.
Pour rappel, le gouvernement a l'intention de céder à des investisseurs privés une tranche de 20 % de la banque publique. Une cession qui pourrait rapporter de l'ordre de 2 milliards d'euros dans les caisses de l'État, la valorisation de la banque tournant aux alentours des 10 milliards. Le gouvernement est, on le sait, à la recherche de milliards, notamment pour financer les efforts dans le domaine de la défense.
Appel aux investisseurs
Un appel aux investisseurs a été lancé récemment. Mais le dossier est complexe et le gouvernement pourrait décider ce vendredi de se donner davantage de temps et reporter à la rentrée l'heure d'un choix définitif par rapport aux offres reçues. Le gouvernement a en effet fixé certaines conditions : pas question de voir une grande banque étrangère entrer dans le capital de Belfius et qui pourrait à terme avoir la volonté de contrôler la banque belge. La priorité est donnée à des fonds d'investissement, voire des "family offices" qui présenteraient l'avantage de bétonner l'ancrage belge dans l'actionnariat de Belfius, aux côtés de l'État actionnaire qui restera majoritaire au terme de l'opération.
Récemment, le nom du fonds CVC a été cité par la presse néerlandophone parmi les candidats investisseurs. Le nom du milliardaire Marc Coucke est également cité ici ou là, sans confirmation.
La privatisation compliquée de BelfiusMais la recherche de candidats investisseurs n'est pas une tâche simple. Rentrer dans le capital d'une banque majoritairement détenue par un État qui garderait la main sur la politique de dividendes, sans la possibilité de détenir une minorité de blocage, ni une perspective de contrôle, pourrait en refroidir certains.
Le MR continue de pousser la piste Ethias
Un autre élément pourrait aussi retarder le processus de décision du gouvernement : la volonté exprimée par le MR d'envisager un rapprochement entre Belfius et Ethias en vue de créer un champion belgo-belge de la bancassurance. Pour le président du MR, Georges-Louis Bouchez, cette piste participe de la volonté de s'inscrire dans une philosophie d'"État stratège", à l'image de la décision d'analyser l'opportunité d'une possible nationalisation de nos centrales nucléaires.
Le MR ne souhaite pas dissocier cette analyse sur l'opportunité de créer un champion national de la bancassurance de la question de la vente de cette tranche de 20 %. Une étude a d'ailleurs été demandée à un consultant extérieur. Le dossier Belfius est ainsi aussi devenu politiquement sensible au sein de la majorité Arizona : si la N-VA a accepté le principe de cette étude, c'est aussi en partie pour ne pas se mettre à dos le MR, dont le parti est proche idéologiquement sur le plan socio-économique.
Belfius sort de ses frontières avec une acquisition qui lui ouvre les portes du marché de l'assurance digitale en FranceMais ce scénario d'un rapprochement Belfius-Ethias n'a pas la cote chez plusieurs acteurs du dossier. D'abord en raison de sa lourdeur, alors que le gouvernement est urgemment à la recherche de milliards. Et si cette piste était très attrayante il y a 4 ou 5 ans pour le management de Belfius, elle l'est beaucoup moins aujourd'hui : la banque a en effet fortement développé son pôle assurance et met désormais la priorité sur son développement à l'international en raison de la saturation du marché belge. Un développement en France a d'ailleurs été annoncé récemment par Belfius dans le domaine de l'assurance digitale, la banque ayant mis la main sur Insurlytech, société-mère de l'insurtech Leocare. Par ailleurs, les Régions wallonne et flamande, actionnaires d'Ethias, ne veulent pas de ce rapprochement. Ni le management d'Ethias d'ailleurs. Cela fait beaucoup…
Le dossier de la privatisation de Belfius s'apparente donc à une course d'obstacles. Et la ligne d'arrivée n'est pas encore en vue…
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