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L'ampleur de l'affaire est tentaculaire. Des millions de nouveaux documents liés au prédateur sexuel américain Jeffrey Epstein ont été révélés, à la fin du mois de janvier, par le ministère de la Justice des États-Unis et ils éclaboussent des personnalités du monde entier. Ces révélations sont pourtant loin de lever le voile sur les nombreuses zones d'ombre de ce dossier effroyable.
L'un des mystères de cette affaire, qui fait froid dans le dos, reste la mort de son principal protagoniste: Jeffrey Epstein. Le financier américain, figure centrale d'un vaste réseau d'exploitation sexuelle de jeunes filles, souvent mineures, est retrouvé mort le 10 août 2019 dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center (MCC) de New York. Une mort qui, au vu de l'ampleur du scandale, a toujours été le fruit de nombreuses spéculations et rumeurs. Qu'en est-il vraiment?
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Impunité, arrestation, prison
Pour tout comprendre, revenons quelque peu en arrière. À partir des années 1980, Jeffrey Epstein se construit, sans diplôme mais grâce à un sens du relationnel aigu, une image d'homme d'affaires, gérant la fortune de milliardaires. Il parvient en un rien de temps à intégrer les cercles les plus influents du milieu. Élites politiques, économiques, dont Donald Trump, mais aussi célébrités: Jeffrey Epstein côtoie le gotha américain et international.
Un personnage va notamment jouer un rôle central dans son ascension dans les milieux les plus élitistes: Ghislaine Maxwell. Mondaine britannique, fille d'un magnat de la presse, elle introduit Jeffrey Epstein auprès de personnalités influentes, notamment Bill Clinton et le prince Andrew. Cette dernière sera d'ailleurs condamnée à vingt ans de prison dans cette histoire (mais ne nous égarons pas).
Pendant des années, Jeffrey Epstein reçoit beaucoup de monde dans ses résidences, à New York, en Floride, mais aussi sur une île privée des Caraïbes. Des résidences qui sont au cœur de son vaste réseau d'exploitation sexuelle de mineures, un système pédocriminel et d'abus sexuels massifs dont on peine encore à saisir l'ampleur –tant il est effroyable.
Longtemps, Jeffrey Epstein échappera à la justice américaine et agira pendant des années en totale impunité. En 2008, une première condamnation tombe en Floride. Mais un accord judiciaire très controversé lui permet d'éviter des poursuites fédérales lourdes. La peine est incroyablement clémente. Il faudra attendre près de dix ans pour que la justice commence véritablement à faire son travail.
Le 6 juillet 2019, Jeffrey Epstein est enfin arrêté à New York par le FBI pour trafic sexuel de mineures en bande organisée. Alors qu'il encourt jusqu'à quarante-cinq ans de prison, un événement vient bouleverser l'affaire. Le 10 août 2019, un peu plus d'un mois après son incarcération, Jeffrey Epstein est retrouvé… pendu dans sa cellule.
Suicide... et mystères
La mort de Jeffrey Epstein fait la une des journaux et provoque un choc: à la fois pour les victimes, privées d'un procès, mais aussi auprès de l'opinion publique. Cette mort empêche de nombreuses questions d'être posées. Ainsi, beaucoup de personnes crient très tôt à un assassinat visant à faire taire cet homme devenu encombrant et dont les secrets auraient pu, selon les théories du complot, faire tomber plusieurs personnalités influentes.
Pourtant, officiellement, l'autopsie conclut à un suicide par pendaison à l'aide d'un drap. La justice américaine tranche à son tour: Jeffrey Epstein est bel et bien mort par suicide. Une décision qui est loin de convaincre les plus sceptiques.
Ce qui cloche? Les nombreuses défaillances dans la surveillance du détenu, notamment le jour de sa mort, qui ne cessent d'alimenter les doutes. Des défaillances reconnues par les autorités américaines et qui sont, il faut le dire, assez troublantes pour une prison réputée pour sa sécurité.
Tout d'abord, les projecteurs se tournent vers les deux agents chargés de surveiller le détenu. Alors qu'ils étaient tenus d'effectuer des rondes toutes les trente minutes, ces derniers reconnaîtront n'avoir effectué aucune de ces vérifications. Pire, ils ont même falsifié les registres attestant de leurs passages pour masquer cette absence.
Les gardiens? Les images de vidéosurveillance les montrent à leur bureau, naviguant sur internet, avant de s'endormir à plusieurs reprises. Plusieurs caméras de surveillance, notamment dans l'aile où se trouvait Jeffrey Epstein, ne fonctionnaient pas le soir de sa mort.
Autopsie contestée
Vous pensez avoir tout vu? Loin de là. Le matin de la découverte de son corps, la cellule de Jeffrey Epstein est… mystérieusement restée ouverte pendant sept heures avant l'arrivée du FBI, rapporte l'émission «Complément d'enquête», diffusée sur France 2 en janvier 2025. De nombreuses personnes entrent et sortent sur les lieux, brouillant totalement la reconstitution des faits.
Plus troublant encore, des preuves matérielles, y compris certains vêtements et éléments présents dans la cellule, sont détruites (on ne sait toujours pas pourquoi), moins d'une heure après la découverte du corps de Jeffrey Epstein.
Vous voulez toujours plus de mystère? En revoilà une couche: le médecin légiste Michael Baden, qui était présent lors de l'examen du corps, contesterait même la version de l'autopsie officielle. Selon lui, certaines fractures observées au niveau du cou ne seraient pas banales et pourraient davantage correspondre à une strangulation.
D'autres spécialistes, qui concèdent que ce type de fractures est atypique dans des cas de pendaison, se montrent plus prudents et estiment qu'elles restent malgré tout possibles. La mort par suicide est donc toujours la version officielle des autorités américaines. Faute de preuves matérielles exploitables, aucune conclusion alternative n'a pu être juridiquement établie.
Pourquoi envions-nous l'orgasme des cochons? Les gauchers sont-ils davantage intelligents? Quand il pleut, est-ce que les insectes meurent ou résistent? Vous vous êtes sans doute déjà posé ce genre de questions sans queue ni tête au détour d'une balade, sous la douche ou au cours d'une nuit sans sommeil. Chaque semaine, L'Explication répond à vos interrogations, des plus existentielles aux plus farfelues. Une question? Écrivez à [email protected].





























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