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Les pluies abondantes des dernières semaines ont multiplié par dix le nombre de moustiques en Saskatchewan par rapport à l'an dernier, et les experts redoutent maintenant une émergence massive de la cécidomyie du blé, un insecte ravageur pour les cultures.
Le printemps particulièrement humide en Saskatchewan fait grimper de manière spectaculaire les populations de moustiques. Selon les données recueillies par la Ville de Saskatoon, le décompte moyen de moustiques piqueurs dans les pièges atteignait 8,94 la semaine dernière, contre seulement 1,54 à la même période l'an passé.
Sean Prager, professeur agrégé de phytologie à l'Université de la Saskatchewan, confirme cette tendance en comparant les données récentes des pièges.
Je pense que lorsque j'ai regardé la dernière semaine répertoriée, le décompte des moustiques était environ 10 fois plus élevé, a déclaré Sean Prager lors d'une analyse de la situation.
Selon le chercheur, la pluie engendre directement les moustiques, et la combinaison de l'humidité et des températures chaudes accélère leur prolifération.
Les prévisionnistes qui avaient annoncé un mois de juin sec se sont trompés, ce qui complique désormais les activités de plein air. Pour se protéger, M. Prager rappelle que les produits contenant du DEET demeurent la référence absolue, bien que l'huile d'eucalyptus citronné et le composé IR3535 soient aussi efficaces, tout comme les vêtements traités à la perméthrine.
L'autre menace : la saison de la cécidomyie
En plus des désagréments causés par les moustiques, les agriculteurs de la province s'apprêtent à affronter une menace plus insidieuse pour leurs champs. La cécidomyie du blé, un délicat moucheron orange deux fois plus petit qu'un moustique, pourrait faire une apparition massive dans les prochains jours. Cet insecte est capable de survivre pendant des années dans le sol, enroulé dans un minuscule cocon, en attendant que l'humidité et la chaleur soient suffisantes pour en sortir.
Tyler Wist, chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada, estime que les conditions actuelles sont idéales pour leur réveil.
Je pense qu'une mauvaise saison pour la cécidomyie se prépare, compte tenu de toute la pluie que nous avons eue. Les cécidomyies aiment l'humidité ; elles ne sortent pas du sol à moins qu'il ne soit assez humide. Elles ont donc besoin de chaleur et d'humidité dans le sol, a expliqué M. Wist.
Le chercheur ajoute que les cécidomyies ont déjà commencé à émerger dans le sud du Manitoba. Une fois sorties de terre, elles s'attaquent directement à l'intérieur du grain de blé en développement, le flétrissant et le déformant sans que l'épi ne paraisse malade de l'extérieur.
L'émergence commence généralement juste avant la longue fin de semaine de juillet, et une forte population pourrait réduire le rendement et la qualité des récoltes. En Saskatchewan, la première épidémie majeure de ce ravageur remonte à 1983 et avait coûté des dizaines de millions de dollars aux producteurs.

Tyler Wist tient un piège à phéromones utilisé pour capturer la cécidomyie du blé. Il affirme que des pièges ont été installés dans tout l'Ouest canadien pour surveiller les populations de cécidomyies et aider les agriculteurs.
Photo : Radio-Canada / Aishwarya Dudha
Des pièges à phéromones pour surveiller les champs
Pour anticiper l'arrivée du moucheron, des scientifiques ont mis sur pied le programme Midge Busters, qui consiste à déployer des pièges collants un peu partout dans les champs de l'Ouest canadien afin de cartographier la population et de guetter le moment précis de leur sortie.
Ce que nous faisons avec le programme Midge Busters, c'est déployer cette phéromone sur des pièges collants dans des champs partout dans l'Ouest canadien pour observer des éléments comme l'état de la population de cécidomyies ou le moment où elles émergent, a indiqué M. Wist.
Ces dispositifs utilisent l'odeur des femelles pour attirer les mâles qui sortent de terre à la recherche d'un partenaire, les capturant ainsi sur une surface collante. L'ampleur des dommages dépendra de la météo des prochaines semaines et de la maturité des cultures.
Tyler Wist invite les agriculteurs à surveiller de près les cartes de prévisions, à inspecter leurs parcelles et à suivre les alertes qu'il diffusera prochainement sur le site Web du programme et sur les réseaux sociaux dès que les populations commenceront à sortir.
Avec les informations d'Aishwarya Dudha


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