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Printemps difficile pour les abeilles… et les apiculteurs

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Le début de la saison s’avère particulièrement difficile cette année pour les apiculteurs de la région. Les perturbations climatiques, la pression parasitaire et le printemps qui tarde à s’installer seraient en cause.

À la Ferme citoyenne de La Matanie, le constat est sans appel : les trois ruches que possédait l’organisme n’ont pas survécu à la saison froide.

 On sait qu’au cours de l’hiver, au début mars, elles étaient encore en vie parce qu’on entendait le bourdonnement et on pouvait voir de la vie de temps en temps, se désole Florence L. Leblanc, coordonnatrice de la ferme citoyenne.

D’après elle, les changements climatiques jouent un rôle majeur dans cette situation, puisque les fluctuations de température déstabilisent les abeilles.

 L’automne est plus long et ça bouscule le cycle des abeilles […]. Pendant l’hiver, il y a des journées avec un redoux, comme en plein milieu du mois de mars où il fait plus chaud. Les abeilles sortent en pensant que c’est le printemps, mais finalement, le mercure redescend et elles subissent les conséquences de ça, explique Mme Leblanc.

Une ruche remplie d'abeilles.

L’installation des ruches à la ferme citoyenne avait initialement pour but de favoriser la pollinisation locale tout en permettant une bonification de l’offre de l’organisme. L’an dernier, 75 kilogrammes de miel ont été récoltés et distribués. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

La ferme citoyenne compte déjà relancer sa production avec l’arrivée prochaine, en juin, de trois nouvelles colonies. On ne dépend pas de ça pour nos activités, précise tout de même la coordonnatrice.

Ce constat de difficultés généralisées est partagé par Myriam Fauteux, apicultrice de l’entreprise de miel artisanal Apis Lacris.  Ce n’est pas un bon début de saison à date, dit-elle.

 Beaucoup de pertes hivernales, un printemps tardif. Il fait froid, les colonies tardent à se développer, détaille Mme Fauteux.

On attend les pissenlits avec impatience !

Des abeilles sur le dessus des cadres d'une ruche.

Lorsque les alvéoles sont recouverts d'un opercule, le miel peut être récolté. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Du côté de Baie-des-Sables, le Projet La Ruche dresse lui aussi un bilan préoccupant, avec un bilan de pertes qui atteint 35 % jusqu’à présent. La copropriétaire, Gabrielle Trigaux, indique que la rigueur du climat printanier actuel complique la reprise des activités pour les insectes survivants.

Il devient de plus en plus difficile de prédire l’impact d’une intervention sur la santé des colonies.

 Le printemps est froid, donc c'est plus difficile pour les abeilles de sortir. On a connu deux étés assez exceptionnels en termes de volume de miellée en 2024 et 2025. On se croise les doigts pour cette année, confie Mme Trigaux par écrit.

Menace parasitaire

Plus à l’est, dans le secteur Douglastown de Gaspé, Stéphane Thériault, propriétaire de la Micro-Miellerie St Ambroise, fait face à une situation similaire d’effondrement de ses colonies.

Sur un total de 13 ruches placées en hivernation, 8 étaient encore vivantes au début du printemps : 4 considérées comme fortes et 4 comme moyennes.  Ce n’est pas le meilleur ratio, par contre, j’étais relativement satisfait , mentionne l’apiculteur.

Toutefois, lors de la deuxième inspection des installations, le bilan s’est détérioré : il ne restait plus qu’une seule ruche forte, tandis que les sept autres étaient devenues très faibles, un signal clair pour M. Thériault de l'effondrement de ses colonies.

Ce déclin marqué est attribuable en grande partie au Varroa destructor, un parasite acarien qui affaiblit les abeilles et raccourcit leur espérance de vie.

Gros plan sur une abeille morte avec un acarien sur le dos dans une ruche.

L'acarien « varroa destructor» affecte le système immunitaire des abeilles ainsi que leur longévité. (Photo d'archives)

Photo : getty images/imagebroker rf / Horst Sollinger

 Si le Varroa est en présence importante dans une ruche, veux, veux pas, il continue de faire son travail pendant l’hiver, soutient-il.

Il y a des traitements qui existent, mais c’est pratiquement impossible de se débarrasser du Varroa.

L’apiculteur de Douglastown aborde la saison avec réserve, qualifiant la production de cette année incertaine.

L’Association des apiculteurs du Québec a par ailleurs tiré la sonnette d’alarme un peu plus tôt cette semaine pour réclamer une aide financière au gouvernement afin de donner un peu de souffle aux apiculteurs québécois en situation précaire.

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