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Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon, au coude-à-coude dans les sondages, ont fait valoir leur opposition sur la question migratoire à Mayotte.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 11:25 | mis à jour aujourd'hui à 11:33 - Temps de lecture :
Une des premières passes d'armes de campagne présidentielle : en visite à Mayotte, Édouard Philippe a répondu ce samedi aux critiques de Jean-Luc Mélenchon sur ses propositions contre l'immigration dans le 101e département français, l'incitant à venir constater sur place les « impacts » de la « crise migratoire ».
« J'aimerais qu'il vienne ici et qu'il constate que la crise migratoire, ici, elle est prégnante et qu'elle a des impacts, pas simplement dans des grandes questions de principes, mais dans la vie quotidienne de l'ensemble de nos concitoyens français qui vivent à Mayotte », a réagi le candidat Horizons à l'élection présidentielle, évoquant la question de la « distribution de l'eau », « de l'organisation de la scolarité », « de l'accès aux soins ». « Je ne suis pas très surpris que M. Mélenchon ne soit pas d'accord avec moi. Il m'arrive d'être souvent très en désaccord avec lui », a estimé Edouard Philippe, à propos de son rival, candidat LFI à la présidentielle.
Un habitant sur deux étranger
La veille, le chef de file des Insoumis avait dénoncé les propositions formulées par le maire du Havre pour mettre fin à l'« appel d'air » de l'immigration dans un territoire où Marine Le Pen a obtenu 59% des suffrages au second tour de l'élection présidentielle de 2022. Demandes d'asile, droit du sol et regroupement familial suspendus, création d'un centre de retour en Afrique de l'Est, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron a multiplié vendredi les propositions visant à « fermer les vannes de l'immigration à Mayotte ».
Aux universités d'été de LFI, des militants plus nombreux et confiants que jamais
Avec plus de 8 000 personnes attendues pendant le week-end, La France insoumise n’avait jamais organisé d’universités d’été aussi importantes. Une ferveur militante qui, combinée aux bons sondages de Jean-Luc Mélenchon, pousse les sympathisants à croire à la victoire en 2027.
À huit mois de la présidentielle, l’afflux de militants insoumis aux Amfis est inédit. Vendredi matin, il fallait ainsi compter sur 1h30 de bouchons pour arriver sur le site, obligeant l’organisation à trouver de nouveaux parkings et les députés Aurélien Le Coq et Bastien Lachaud à faire la circulation sur la départementale voisine.
La plupart des sympathisants insoumis croient fermement que leur candidat affrontera le Rassemblement national au second tour, comme il le prédit depuis 15 ans, et bénéficiera lui aussi d’un barrage républicain face à l’extrême droite.
Et ce n’est pas le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, qui va les contredire. « J’ai fait des recherches : ce sont les plus grosses universités d’été jamais organisées par un parti politique. Le précédent record, c’était celles du PS à La Rochelle en 2011. Et ils avaient gagné la présidentielle l’année d’après », a-t-il glissé dans un sourire.
« C'est aberrant, ridicule et provocateur », a réagi, au micro de BFMTV, Jean-Luc Mélenchon, en marge des universités d'été de son mouvement. « Il ne faut pas dire des choses qui ne peuvent pas se faire et dont on ne sait pas comment on les ferait. S'il s'agit de rejeter à la mer les gens, ça n'a pas de sens. Il le sait comme nous », a poursuivi l'ancien sénateur socialiste. La question migratoire est au centre des préoccupations de ce territoire de 323 000 habitants, dont près d’un sur deux est étranger, selon l’Insee.
Les propositions d'Édouard Philippe surviennent dans un contexte tendu face à l'immigration comorienne et l'arrivée croissante de demandeurs d’asile venant de la région des Grands Lacs (République démocratique du Congo, Burundi, Rwanda).


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