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Présidentielle 2027 : Pourquoi Retailleau est accusé de « truquer » le jeu dans son camp

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David Lisnard conteste la méthode choisie au sein de LR pour trancher sur la désignation d’un futur candidat à la présidentielle et annonce claquer la porte.

Pourquoi Retailleau (ici en novembre 2024) est accusé de « truquer » le jeu dans son camp pour 2027

VALENTINE CHAPUIS / AFP

Pourquoi Retailleau (ici en novembre 2024) est accusé de « truquer » le jeu dans son camp pour 2027

Retour aux fondamentaux. Après des élections municipales en demi-teinte, marquées malgré tout par plusieurs belles prises, Les Républicains s’écharpent de nouveau sur la future élection présidentielle. Précisément, sur le mode de désignation de leur candidat et les contours du rassemblement politique qu’il faudrait opérer.

Prévu pour apaiser les tensions et aboutir à une méthode consensuelle, le bureau national organisé ce mardi 24 mars au soir n’a, semble-t-il, permis aucune clarification. Pire, ses conclusions ont entraîné la colère de David Lisnard, l’un des prétendants à l’Élysée au sein du parti (il préside aussi « Nouvelle Énergie »), et l’annonce de son départ à venir ce mercredi.

« Ce qui s’est passé est un non-sens, un non-sens absolu », a effectivement expliqué sur BFMTV l’influent président de l’association des maires de France, réélu à Cannes ce printemps, dès le premier tour. Il reproche à Bruno Retailleau et à la direction une méthode « biaisée, truquée. » Elle risque, quoi qu’il en soit, de ne rien arranger.

« Ce n’est pas honnête »

Mardi soir, la direction du parti a confirmé qu’elle allait confier à ses adhérents le choix du mode de désignation. En clair, ils devront voter en avril pour dire s’ils préfèrent opter directement pour leur patron Bruno Retailleau comme candidat à la présidentielle ou s’ils préfèrent passer par une primaire fermée (avec les adhérents) ou semi-ouverte (avec les sympathisants). Soit peu ou prou la suite logique des conclusions du groupe de travail dédié à ce sujet, réuni ces derniers mois sous la houlette du président du Sénat Gérard Larcher.

Problème, pour ses contempteurs, ce système favorise in fine le chef du parti en divisant mécaniquement les électeurs qui lui sont sceptiques. « On propose deux votes sur des modalités partielles (un vote interne et une primaire), et un vote sur une personnalité (...) vous voyez bien ce n’est pas honnête », déplore ainsi David Lisnard, en claquant la porte depuis les studios de BFM. Et il n’est pas le seul à remettre en cause le processus.

La compétition est pour l’instant « verrouillée » par l’appareil confirme ainsi au HuffPost un parlementaire LR plus proche de Laurent Wauquiez que de Bruno Retailleau. Mais « ce n’est qu’une étape » vers 2027, prévient-il, et pas la fin de la course à droite. D’ailleurs, le député de Haute-Loire, comme Xavier Bertrand, deux élus caressant des espoirs pour 2027, ont séché la réunion mardi soir, marquant leur désaccord, sinon leur prise de distance avec la méthode choisie par leur parti.

Outre le président de la région Hauts-de-France, critique des primaires et de la ligne de Bruno Retailleau, mais silencieux depuis les municipales, Laurent Wauquiez a déploré des « options de boutiquiers » sur RTL, mardi matin. « Cela n’a aucun sens. On raisonne à l’intérieur du petit parti, chacun dans sa petite boutique pour désigner à tout prix un candidat LR », a-t-il regretté, en évoquant une « machine à perdre. »

À l’écouter, le chef des députés LR pourrait bien enjamber les décisions prises par son camp, en l’occurrence par des électeurs qui l’ont largement désavoué en mai 2025 contre Bruno Retailleau. À la façon de David Lisnard, plus que jamais candidat déclaré à la présidentielle.

« Il faut un quart de finale avant », défend Lisnard

Derrière ce nouvel épisode, se cachent les deux questions qui divisent la droite depuis des mois : comment unir les troupes derrière un seul chef de file, et qui intégrer dans ce rassemblement plus ou moins large.

Du côté de Bruno Retailleau, on comprend à travers son récent passage dans le journal de France 2, que les « conditions du rassemblement » qu’il appelle lui aussi de ses vœux se joueront après la désignation du candidat des Républicains. Ensuite, celui-ci avisera avec ses différents adversaires ou concurrents également choisis par leurs partis, comme Edouard Philippe pour Horizons. Sans doute sur la base des sondages.

D’autres veulent faire différemment. Parmi eux, Laurent Wauquiez et David Lisnard portent depuis des semaines l’idée d’un candidat commun à la droite et à l’extrême droite d’Éric Zemmour, via une primaire très large incluant par exemple Edouard Philippe (qui n’en veut pas.) « Il vaut mieux les affronter avant » explique le maire de Cannes, appelant LR à « comprendre que l’on n’est plus au XXe siècle. On ne peut pas aller directement au premier tour et se qualifier pour le deuxième. Il faut un quart de finale avant. »

Comme Laurent Wauquiez, il promet « d’autres initiatives » si sa vision unitaire « n’avance pas dans les prochaines semaines. » En somme, les remous ne font que commencer.

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