Le leader de Place Publique a officiellement annoncé dimanche soir sur TF1 sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. S’il compte déjà plusieurs soutiens dans le camp socialiste, sa candidature ne pourra certainement pas échapper à une primaire avec le Parti socialiste.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 20:29 | mis à jour aujourd'hui à 21:18 - Temps de lecture :

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Il s’était donné trois mois pour tenter de convaincre le camp de la social-démocratie. Un pari qu’il estime réussi : Raphaël Glucksmann a sans grande surprise officialisé dimanche sa candidature à la présidentielle au 20h de TF1.

La première conséquence immédiate est la mise en retrait sur la chaîne concurrente France 2 de sa compagne Léa Salamé, qui présentait le JT et devait initialement reprendre lundi. Jean-Baptiste Marteau, joker aux manettes cet été, devrait la remplacer. L’eurodéputé de 46 ans avait annoncé le 26 mai dernier sur TF1 se donner trois mois « pour sillonner le pays », « proposer (un) nouveau contrat patriotique », et « réunir (sa) famille politique » pour la présidentielle.

Fort de ses 13,8% aux dernières européennes, où il menait une liste PS-Place Publique qui l’a placé en tête de la gauche, Raphaël Glucksmann s’est senti peu à peu pousser des ailes : « Je suis comptable de l’espoir que j’ai levé », disait-il fin mai, rappelant qu’il avait fait « le seul score à deux chiffres de ces dix dernières années pour la social-démocratie à une élection nationale ». Mais alors que le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, son principal rival à gauche, est crédité de 15% des intentions de vote, le chef de Place publique n’est évalué qu’à 10-11%, tout en restant le mieux placé sur l’espace social-démocrate.

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Mais alors, que faut-il retenir des annonces du désormais candidat ?

Vers une primaire avec les socialistes

Ne disposant pas d'une structure suffisante pour appuyer sa candidature, Raphaël Glucksmann a besoin de l'appareil du Parti socialiste pour mener campagne. Il a donc confirmé sur le plateau de TF1 qu'il se soumettra à la primaire des socialistes. « J'ai toujours dit que je voulais mener cette bataille avec mes amis socialistes. On va gagner l'élection présidentielle », a-t-il clamé. Les modalités de ce processus de désignation doivent être finalisées dans les prochains jours et validées par les instances des deux partis mardi prochain.

Plusieurs socialistes se dressent déjà sur sa route. Le député Philippe Brun et l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal sont sur les rangs. Dans La Tribune dimanche, le député Jérôme Guedj confirme aussi sa candidature, promettant de défendre « les deux piliers de notre identité républicaine : la Sécurité sociale et la laïcité ». Mais le principal adversaire de Raphaël Glucksmann devrait être Olivier Faure : le premier secrétaire n'a pas encore fait acte de candidature, mais entend défendre sa ligne d'union de la gauche et de refus des « gauches irréconciliables ».

Pas d’accord avec La France insoumise

Le coprésident de Place Publique a en revanche fermé la porte à toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon. « Si je gagne cette primaire, il n’y aura plus jamais d’accord avec Jean-Luc Mélenchon », a-t-il revendiqué, estimant que « la seule manière pour la gauche de revenir au pouvoir est d’être absolument claire ».

La main tendue au reste de la gauche

Raphaël Glucksmann a par ailleurs tendu la main aux autres formations de gauche, hors LFI. « Les Écologistes ont eu raison avant tout le monde. (…) Venez avec nous fonder la République écologique », a-t-il lancé. Un message également adressé au Parti communiste, avec qui il assure partager « des objectifs communs ». Interrogé sur l’ancien chef de l’État, il a répondu : « François Hollande ? Je lui tends la main comme à tous. »

Un barrage face au RN

Le candidat a justifié sa démarche par la menace de l’extrême droite. « Va-t-on offrir la France à Madame Le Pen et l’extrême droite ? », a-t-il demandé. « Je me prépare depuis des mois. Ça fait des années que je me bats pour les intérêts français au Parlement européen. »

Un programme centré sur l’écologie

Après un été marqué par des incendies jamais vus et des températures inédites, Raphaël Glucksmann a fait de l’environnement la colonne vertébrale de son projet. « Je veux être le président de l’urgence écologique », a-t-il promis. Sur le volet économique, il a annoncé vouloir « augmenter la rémunération des travailleurs en taxant les 1% d’héritages les plus gros ». L’eurodéputé a enfin défendu « un plan de sauvetage de l’école publique sur cinq ans avec la hausse de la rémunération des enseignants et la baisse du nombre d’élèves par classe ».

Raphaël Glucksmann : des soutiens... et des critiques

L’eurodéputé peut déjà compter sur le soutien de plusieurs socialistes, qui en ont fait leur candidat, comme la présidente de la région Occitanie Carole Delga, la sénatrice Laurence Rossignol, ou le maire de Montpellier Michaël Delafosse. Dans le camp écologiste, le sénateur Yannick Jadot est également favorable à sa candidature. 

Mais celui qui a récupéré dans son équipe d’anciens macronistes, est soupçonné par certains à gauche d’un virage vers le centre et d’une vision social-libérale, ce qu’il dément vigoureusement. Le fils du philosophe André Glucksmann pâtit aussi d’une image de déconnexion et de parisianisme qu’il s’efforce de gommer.