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Politique 03/09/2026 06:01 Actualisé le 03/09/2026 09:12
L’ancien chef de l’État, qui publie ce jeudi un livre, ne fait plus mystère de sa volonté de revenir au premier plan. Quitte à encombrer le PS, en pleine campagne pour la primaire.

ALAIN JOCARD / AFP
François Hollande à Blois le 28 août 2026.
La sortie d’un livre, pour un responsable politique, est généralement l’occasion de courir les séances de dédicaces et de multiplier les invitations sur les plateaux télé. François Hollande n’échappe pas à la règle puisqu’à l’occasion de la publication de Unir, nouveau monde, nouvelle gauche (éd. Robert Laffont) en librairie ce jeudi 3 septembre, l’ex-chef de l’État a prévu de se déployer sur le terrain et d’inonder les ondes.
« Une nouvelle séquence s’ouvre pour lui, confirme son entourage au HuffPost. À partir de maintenant, il sera beaucoup plus présent, beaucoup plus actif ». Une apparition à Blois pour les universités d’été du PS le 28 août, un débat face à Édouard Philippe le lendemain à Sens, des interviews accordées au Point, à la matinale de France Inter et à C à vous, un déplacement à la Foire de Châlons-en-Champagne jeudi... Difficile, en cette rentrée, de passer à côté du député de Corrèze.
De quoi brouiller le message du Parti socialiste, engagé dans un processus de primaire qui doit accoucher d’un candidat mi-octobre ? « C’est vrai que c’est difficile de savoir au nom de qui parle François Hollande. Il s’exprime pour lui-même ou au nom du PS ? », s’interroge une députée proche d’Olivier Faure auprès du HuffPost. Beaucoup, au sein de la direction du PS, craignent une confusion dans la tête des Français.
Car au moment où Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Philippe Brun chercheront à intéresser les sympathisants de gauche aux enjeux de la primaire, François Hollande parcourra la France pour dire tout le bien (et surtout le mal) qu’il pense de ce mode de départage. « Je n’ai jamais été favorable à cette procédure, même quand je l’ai gagnée », a-t-il ironisé le week-end dernier depuis Blois, convaincu que la primaire « suscite plus de divisions qu’elle ne propose de rassemblement ».
« Le trou de souris »
L’ex-Président refuse d’y participer, préférant rester au-dessus de la mêlée et attendre tranquillement que la situation se décante. Car son pari est ailleurs. S’il n’ose le formuler ainsi, on comprend qu’il mise sur une chute dans les sondages du candidat désigné par la primaire. Alors, se dit-il, un candidat sera appelé à la rescousse. Et celui-ci s’appellera, au hasard, François Hollande. Après tout, qui mieux qu’un ancien président de la République pour faire face au fracas d’une actualité internationale toujours plus inquiétante ? Le récit, cousu de fil blanc, semble écrit d’avance.
Cette situation de recours n’est pas pour lui déplaire. « L’embusqué », a titré Le Point, placardant le visage de l’ancien locataire de l’Élysée dans tout Paris. « Son truc, c’est le trou de souris. Il a toujours cru en sa bonne étoile », décrypte le député européen François Kalfon au HuffPost. Même ses adversaires le reconnaissent : François Hollande sait faire de la politique. Celui qui a pris sa carte pour la première fois au Parti socialiste en 1979 a occupé toutes les fonctions possibles et imaginables au sein d’un appareil où les manœuvres et les intrigues de couloirs sont légion : maire, député, président de conseil départemental, Premier secrétaire du PS, Président de la République…
« On ne va pas se plaindre »
Mais au sein du PS, certains pensent que la parole de François Hollande peut être un atout. « Il contribue à faire vivre notre camp dans le débat, contrebalance un proche de Boris Vallaud, désormais soutien de Raphaël Glucksmann. Et en commençant sur des thèmes chers au centre, voire à la droite, comme la TVA sociale, il nous permet de dérouler sur la gauche et de renouer avec nos électeurs naturels ». L’ancien Président a pu dérouter une partie de son camp en proposant de réinstaurer la TVA sociale, qu’il avait lui-même supprimée en entrant à l’Élysée, ou fixer l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans, puis d’allonger progressivement la durée de cotisation.
Quant à la question de savoir si François Hollande ne « mange » pas trop de temps d’antenne, au détriment notamment des candidats à la primaire, cette même source nuance : « On ne va pas se plaindre d’avoir beaucoup de socialistes sur les plateaux ».
D’autres, plus fatalistes, rappellent qu’il est impossible « d’interdire à tel ou tel d’aller sur les plateaux », et a fortiori de s’exprimer dans le débat public. « Olivier Faure n’a pas de télécommande magique. Chacun est libre d’exprimer ses idées », évacue le député Laurent Baumel, soutien du Premier secrétaire à la primaire, auprès du HuffPost. Il ajoute : « Vous n’empêcherez pas un ancien Président d’être invité du 20h ».
Mais dans l’entourage d’Olivier Faure, on tient à rappeler « qu’on ne soutiendra jamais un candidat qui s’est autoproclamé ». Avant d’ajouter : « François Hollande ne sera jamais le candidat du PS et ne demandera pas à l’être ». Rendez-vous en décembre, moment où le député de Corrèze prendra sa décision.


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