Déplacement et bain de foule le matin, conseil national l’après-midi : Marine Le Pen commence ce mercredi sa campagne présidentielle tambour battant, affichant un optimisme sans égal.

Nathalie Mauret - Aujourd'hui à 18:01 | mis à jour aujourd'hui à 18:10 - Temps de lecture :

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Même pas mal. Marine Le Pen est entrée en campagne ce mercredi avec un premier déplacement à La Flèche, une commune de la Sarthe arrachée par le Rassemblement national (RN) à la gauche lors des dernières municipales. Une ville symbole de ce qui a été longtemps une terre de mission pour le RN et qui se veut la porte d’entrée vers l’électorat de l’Ouest, plus rétif au parti d'extrême droite.

Veste blanche, immaculée, et sourire indéfectible, flanquée du président du RN Jordan Bardella qu’elle présente comme son « binôme » et qui la suit à quelques pas, Marine Le Pen offre l’image de son invincibilité. Au lendemain de l’annonce de l’arrêt de la cour d’appel de Paris qui l’a condamnée mais rendue éligible, la désormais candidate à la présidentielle (pour la quatrième fois) se lance dans une campagne avec une joie évidente. Le concert de casseroles et les noms d’oiseaux (« Voleuse ! », « Rends l’argent ! ») qui l’ont accueillie sur le marché sarthois, majoritairement bienveillant, ne l’ont pas refroidie. La déambulation prévue a dû être écourtée, sans que cela ne plombe l’atmosphère euphorique qui règne au sein de l’état-major du parti d'extrême droite. « Les manifs, on est habitués. Et on ne va pas se laisser dicter notre campagne par l’extrême gauche », glisse un cadre, visant La France insoumise (LFI).

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« Marine et Jordan trépignent »

Au RN, on est convaincu que la campagne à venir de Marine Le Pen ne ressemblera pas à celle, très mouvementée, de François Fillon. Et ce n’est pas la petite phrase de Jordan Bardella, disant que Marine Le Pen « est partiellement innocente » qui va changer la donne. « LFI est le pourrisseur de notre démocratie », balaye Marine Le Pen, installant le match avec Jean-Luc Mélenchon. « Je ne vais pas passer la campagne à parler d’analyses juridiques », évacue-t-elle, marquant sa volonté de parler de fond : sécurité, pouvoir d’achat, etc. Mais peut-on mener campagne normalement après avoir été condamnée à deux reprises même si la Cour de cassation est saisie ? « On laissera nos adversaires nous attaquer mais ils prennent le risque que cela renforce notre base », indique le cadre cité plus haut.

  • Marine Le Pen enchaîne les selfies à La Flèche (Sarthe), avec derrière, Jordan Bardella. Photo Sipa/Charles Bury

    Marine Le Pen enchaîne les selfies à La Flèche (Sarthe), avec derrière, Jordan Bardella. Photo Sipa/Charles Bury

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  • Marine Le Pen enchaîne les selfies à La Flèche (Sarthe), avec derrière, Jordan Bardella. Photo Sipa/Charles Bury

    Marine Le Pen enchaîne les selfies à La Flèche (Sarthe), avec derrière, Jordan Bardella. Photo Sipa/Charles Bury

  • Marine Le Pen et Jordan Bardella face aux journalistes ce mercredi. Photo Sipa/Charles Bury

    Marine Le Pen et Jordan Bardella face aux journalistes ce mercredi. Photo Sipa/Charles Bury

Le site de campagne de Marine Le Pen mis en ligne dès mardi soir a recueilli plus de 30 000 soutiens en une soirée. Le slogan « Pour la France, la Renaissance » a été dévoilé et un tractage devrait être organisé dès cette fin de semaine. Un conseil national élargi aux élus s’est tenu ce mercredi pour caler les premiers événements de campagne. « Marine et Jordan trépignent », assure Laurent Jacobelli, l’un des porte-parole de campagne. « Les deux seront aux manettes. Ils feront beaucoup de choses ensemble », ajoute-t-il, prenant soin de citer le binôme.

Créer une dynamique avant l’été

Ce début de campagne doit marquer le début d’une dynamique pour permettre peut-être d’élargir une base électorale déjà très confortable. Même si Marine Le Pen défend davantage le clivage peuple/élite que celui qui oppose la droite à la gauche, c’est vers l’électorat du parti Les Républicains (LR) que les regards se tournent. « François-Xavier Bellamy [vice-président de LR, NDLR] ne vendrait pas son âme en venant chez nous », ironise un proche de Jordan Bardella qui ne croit pas à la candidature de Bruno Retailleau : « Tout ce qui a touché le macronisme sera toxique pour l’électorat de droite. »

Les premiers sondages post-décision de la cour d’appel de Paris ont de quoi réjouir le RN : les sympathisants de LR sont certes 33 % à être choqués par le jugement mais ils sont 28 % à être satisfaits et 39 % à être indifférents selon Odoxa (*). Et l’étude en intention de vote de l'Ifop (**), qui certes peut évoluer, place Marine Le Pen en tête (36 %, en hausse de quatre points) alors que Bruno Retailleau est à huit points, en chute de trois points. La digue autrefois dressée entre la droite et l’extrême droite est devenue un muret franchissable.

(*) Sondage Odoxa réalisé avec Backbone pour le Figaro les 7 et 8 juillet auprès de 1 005 personnes.

(**) Enquête Ifop pour LCI et le Figaro menée les 7 et 8 juillet auprès d’un échantillon de 984 personnes.

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