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  • « Cela peut laisser des traces profondes » : comment la mobilisation sociale bouscule ...

Le débat présidentiel est inaudible depuis le début du mouvement lycéen et de la mobilisation contre la vie chère, qui captent toute l’attention médiatique. C’est inédit et la campagne s’en trouve chamboulée.

Nathalie Mauret - Aujourd'hui à 21:00 - Temps de lecture :

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Le mouvement social concurrence la scène présidentielle. C’est inédit à six mois de cette échéance majeure. Et forcément, l’impact est conséquent. Les pôles les plus extrêmes de l’échiquier politique en profitent et les autres marquent le pas. Le dernier sondage Ifop (*) voit ainsi progresser Marine Le Pen (35 %, +1 point) et Jean-Luc Mélenchon (18 % +3 points), au préjudice de tous les autres candidats, de droite ou de gauche, qui stagnent ou perdent des points.

L’analyse est limpide : le candidat insoumis, qui soutient le mouvement, est boosté par la contestation sociale, et sa concurrente du RN, qui veut incarner le parti de l’ordre, profite des scènes d’émeutes urbaines. Elle a très vite adopté une attitude de surplomb, appelant le « retour à l’ordre républicain », lors d’une allocution diffusée sur les réseaux sociaux juste avant celle d’Emmanuel Macron, au lendemain des émeutes du 17 octobre.

Le bloc central est en revanche très affaibli par le contexte. « C’est très difficile pour les gens qui ont été aux manettes de manière récente, notamment Gabriel Attal et Édouard Philippe, qui sont très liés à Emmanuel Macron », décrypte le communicant Gaspard Gantzer, qui a écrit un essai sur l’impact des crises sur la politique (**).

Le débat présidentiel inaudible

Dans tous les camps, les états-majors ont conscience que beaucoup se joue en ce moment. « Nous appelons à agir dans la rue avant les urnes », clame Fabien Roussel. Le candidat communiste à la présidentielle sera dans la rue ce jeudi 5 novembre, comme une grande partie de la gauche. Raphaël Glucksmann, candidat de la gauche socialiste et démocrate, défilera aussi, pour soutenir ce mouvement contre la vie chère, même s’il y est régulièrement chahuté par les militants de La France insoumise. « Les brutaux ne m’impressionnent pas », prévient-il, faisant là de la politique.

En conférence de presse mardi, Fabien Roussel, candidat PCF à la présidentielle, a demandé à ce que les Français descendent dans la rue pour créer un rapport de force avec le pouvoir. Photo Sipa/Jeanne Accorsini

En conférence de presse mardi, Fabien Roussel, candidat PCF à la présidentielle, a demandé à ce que les Français descendent dans la rue pour créer un rapport de force avec le pouvoir. Photo Sipa/Jeanne Accorsini

Le bloc central fait le dos rond, et attend que la tempête s’apaise. Il accuse LFI de mettre de l’huile sur le feu, sans aller jusqu’à la proposition de Bruno Retailleau (LR) qui « pose la question » de l’interdiction du parti mélenchoniste.

Ce climat social rend inaudible tout autre sujet. Pour longtemps ? « Si le mouvement perdure tout novembre, cela peut laisser des traces profondes », pronostique Gaspard Gantzer. Beaucoup s’inquiètent. « On peut se réjouir de voir la jeunesse s’investir mais cela peut aussi dire que les Français, en se mobilisant, n’attendent plus rien de la présidentielle », se lamente un proche de Raphaël Glucksmann. Le débat pourrait être terminé avant même d’avoir commencé.

(*) Sondage Ifop pour LCI réalisé du 27 au 29 octobre auprès de 1 501 personnes.

(**) À lire : Joie et paix, Novice Éditeur.

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