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Invité du podcast de la chroniqueuse Flora Ghebali, l’ancien ministre de l’Économie et du Redressement productif estime que le leader insoumis «veut être le chef de l’insurrection future».
Passer la publicité Passer la publicitéArnaud Montebourg a beau être retiré du champ politique depuis sa candidature avortée lors de la présidentielle de 2022, il n’en reste pas moins mordant sur l’état de la gauche. Et notamment sur celui qui en est aujourd’hui la figure politique la plus influente, Jean-Luc Mélenchon. Si les deux hommes se sont côtoyés dans les années 2000 au sein du Parti socialiste (PS), le désormais producteur de miel ne mâche plus ses mots contre le leader insoumis. Un ancien camarade devenu adversaire, que l’ancien ministre de l’Économie et du Redressement productif qualifie de «fou furieux» et appelle à «neutraliser d’urgence» lors du podcast de la chroniqueuse des «Grandes Gueules» Flora Ghebali, passée par l’Élysée comme attachée de presse sous François Hollande.
Dans son viseur : la conflictualisation à outrance et la stratégie de radicalité adoptées par le triple candidat à la fonction suprême. «Il veut être le chef de l’insurrection future, il a mis son col Mao et il va délivrer les sermons sur la montagne, il va prophétiser le pire pour en être l’agitateur et le réparateur», charge l’ex-élu de Saône-et-Loire. Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’il s’en prenne au concept de «Nouvelle France», d’abord brandi par les Insoumis en vue de 2027 pour célébrer les origines immigrées d’une partie de la population, avant d’être élargi au renouvellement des générations ainsi qu’aux évolutions des mœurs et des pratiques politiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Tout ça, c’est du délire, c’est de l’agit-prop de gaucho mal digéré.
Arnaud Montebourg à Flora Ghebali«Tout ça, c’est du délire, c’est de l’agit-prop de gaucho mal digéré», poursuit le chantre du «Made in France», avant d’étriller le programme L’Avenir en commun défendu par Jean-Luc Mélenchon. «225 milliards d’euros de dépenses nouvelles, un million de fonctionnaires embauchés en plus, 100 milliards d’impôts nouveaux, 9 points de déficit... Bref, le FMI va prendre le pouvoir, c’est le scénario grec, prédit Arnaud Montebourg. C’est ça Mélenchon, mais il s’en fiche.» Une opposition loin d’être fortuite entre les deux hommes puisqu’elle ravive la fracture des «deux gauches irréconciliables», conceptualisée par Manuel Valls il y a près de dix ans.
Ce n’est pas la première fois que l’ancien ministre socialiste ferraille contre le projet présidentiel de l’Insoumis. «Si vous voulez couler la France, votez Mélenchon dès le premier tour», avait-il lancé début mai sur BFMTV, estimant que la France finirait «soit sous tutelle, soit ruinée». «Ce n’est même pas une question de gauche. Il est inadmissible que, lorsqu’on se présente à une élection, on ne cherche même pas à résoudre les problèmes de la nation, mais qu’on les aggrave notoirement», avait-il taclé. Lui qui, quelques années plus tôt, avait tendu la main à plusieurs figures de gauche, dont... Jean-Luc Mélenchon, à l’approche de la présidentielle de 2022, dans des séquences filmées et publiées sur ses réseaux sociaux où il se mettait en scène, téléphone à la main, tentant de les joindre faute de parvenir à sceller une union.


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