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Le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko a été élu mardi 21 avril 2026 à la tête de l'intercommunalité Plaine commune face au socialiste Karim Bouamrane.
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Par Dorine Goth Publié le 21 avr. 2026 à 21h29
C’est la fin du suspens. Ce mardi 21 avril 2026, les 80 élus de l’intercommunalité Plaine commune ont élu leur président. Le duel, qui a pris des allures de bataille politique, se jouait entre l’insoumis Bally Bagayoko et le socialiste Karim Bouamrane. Dans un clip diffusé pendant le week-end, le premier appelait à « une gouvernance partagée, respectueuse de chaque commune ». Le second, qui défend une ligne anti-LFI, au PS voit en Bally Bagayoko l’ombre du parti de Jean-Luc Mélenchon et craint que l’institution soit mise uniquement au service des ambitions nationales de ce dernier. À l’issue du scrutin à bulletins secrets, les conseillers ont finalement élu Bally Bagayoko avec 46 voix (sur 80) pour succéder à Mathieu Hanotin (PS). Tout au long de la journée, le suspens s’était réduit à mesure que le maire de Saint-Denis engrangeait des soutiens parmi les élus des six autres villes du territoire.
« Un coup KO pour Plaine co »
Dès dimanche 19 avril, les maires de La Courneuve, Stains et L’Île-Saint-Denis avaient affiché publiquement leur ralliement au maire insoumis alors que la candidature de Karim Bouamrane n’était toujours pas officialisée. Détournant le slogan de sa campagne municipale, Bally Bagayoko appelait à faire « Un coup KO pour Plaine co » alors que les insoumis jouissent d’une majorité relative au sein de l’assemblée. « Nous soutenons la candidature de Bally Bagayoko pour porter une vision collective, respectueuse de chaque commune et tournée vers les habitants », justifiait Mohamed Gnabaly, maire EELV de L’Île-Saint-Denis.
Il a fallu ensuite attendre la candidature de Karim Bouamrane pour voir un quatrième soutien se dessiner, mettant fin au suspens de la bataille pour la gouvernance de l’une des plus importantes intercommunalités d’Île-de-France. Lundi soir, à 24 heures du scrutin, le maire d’Aubervilliers Sofienne Karroumi, soutenu par les socialistes lors des municipales, a annoncé dans un communiqué appuyer la candidature de Bally Bagayoko. « La relation fraternelle entre Aubervilliers et Saint-Denis lui tient à cœur autant qu’à nous : elle permettra de défendre les intérêts de notre territoire », justifiait-il ajoutant que les négociations lui ont permis d’obtenir trois vice-présidences et trois délégations supplémentaires. Le lendemain, c’était au tour de sa colistière Nabila Djebbari de signer un communiqué défendant la candidature du maire dionysien.
Soutien tardif des communistes
Le sort de l’élection était finalement scellé moins de deux heures avant le vote après la déclaration du groupe communiste appelant au rassemblement autour de Bally Bagayoko. « Nous sommes convaincus que cette dynamique gagnante saura relever les défis qui attendent notre territoire et œuvrer avec exigence dans l’intérêt des habitants en construisant une intercommunalité qui agit au plus près des réalités », soulignait-il.
Ce mardi soir, les lignes n’ont pas bougé malgré les tentatives de Karim Bouamrane de reporter le scrutin « pour trouver une candidature qui fait consensus ». Dans une ultime joute pour convaincre, le maire de Saint-Ouen a proposé, en vain, de démissionner au bout d’un mois en cas de victoire, le temps de s’entendre autour d’une future présidente. Ce week-end, plusieurs élues avaient signé une tribune regrettant le peu de représentativité des femmes dans les villes de Plaine commune. Bally Bagayoko a regretté « un piètre spectacle » avant de tendre la main à l’édile à l’issue du scrutin.
Dans la foule, déplacée en nombre et largement acquise au maire de Saint-Denis, la victoire de Bally Bagayoko a été saluée par des applaudissements. L’élu s’est offert un bain de foule, porté par ses soutiens, avant d’ouvrir grand les portes de la salle du conseil pour faire entrer le public. « Le peuple à Plaine co ! », scandait le public. Le slogan du nouveau président est encore une fois repris. « Deux coups, KO. Le troisième, ce sera la présidentielle ! », ont jubilé les soutiens.
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