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Rozenn Lallouet, 40 ans, est arrivée du Loir-et-Cher en 2018. Elle a créé un élevage de dressage et de chevaux d’obstacles au Tronquay (Calvados) : l’élevage Utopia. Interview.
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Par Rédaction Le Bessin Publié le 17 août 2026 à 18h30
Quel est votre parcours dans le monde équin ?
J’ai commencé à travailler avec les chevaux à 18 ans. J’ai appris sur le tas. J’ai été groom, cavalière maison. Je me suis formée seule. Quand j’ai voulu changer de métier, j’ai gardé les chevaux en passion et j’ai eu un métier qui me permettait de vivre des chevaux comme je l’entendais, avec les éthiques et les critères qui m’étaient chers, mais propres.
D’ailleurs, le cheval a toujours été au centre de mes projets. Avec mon mari, Jérôme, la qualité de vie des chevaux a toujours été notre priorité.
Parlez-moi de votre élevage…
L’élevage s’étend sur une superficie de 15 ha et nous avons 20 chevaux. Nous nous concentrons surtout, pour nos chevaux, sur la génétique. Par exemple, aujourd’hui, pour le concours de dressage, j’ai présenté trois chevaux qui sont issus de la même mère, Sand Silver de Hus. Elle est très intéressante parce que c’est une souche Coupe du monde.
Pourquoi avoir choisi le dressage ?
Aujourd’hui, j’ai des chevaux d’obstacles et des chevaux de dressage. Pourquoi le dressage ? Parce que c’est la reine des disciplines. La génétique, aujourd’hui, a vraiment beaucoup évolué sur le dressage et, en France, il y a quelque chose à exploiter. On fait connaître les numéros « un » mondiaux de CSO (concours de sauts d’obstacles) en France. Mais on n’y fait pas naître les numéros « un » mondiaux de dressage.
Pourquoi avez-vous organisé le concours de dressage qualificatif pour les France ?
J’ai de la chance d’être bien accompagnée avec tous les bénévoles, mais également par mon mari et mon fils, Ewenn, sans qui le concours ne pourrait pas exister. Aujourd’hui, notre vision est de mettre toujours le cheval au cœur du projet, d’aller graduellement et de respecter leur croissance.
C’est pour ça qu’on propose des épreuves en liberté, qu’on les accompagne jusqu’à la compétition et qu’on les vend ensuite à des champions de France. Des éleveurs normands font naître des chevaux de dressage et nous avons des cavaliers de haut niveau dans cette discipline.

Le concours est en train de se pérenniser grâce au bouche-à-oreille. Ça, c’est intéressant ! C’est la 5e édition. Les gens nous contactent de plus en plus en amont pour avoir des conseils de préparation. Ça veut dire que ça se professionnalise, on n’arrive plus le jour J en n’étant pas préparé.
Qu’est-ce qui vous anime aujourd’hui ?
On a hâte de développer la discipline avec des courants de sang encore plus disruptifs. Aujourd’hui, par exemple, on a un poulain de Grey Tonic PS, qui est un étalon star en Allemagne et pour lequel il y a seulement deux ou trois poulains en France. Il faut valoriser la recherche génétique.
Vos chevaux seront-ils présents aux championnats de France ?
Oui, mes trois chevaux sont qualifiés pour les France qui auront lieu au Mans, du 10 au 13 septembre 2026. Qoeur de Grey Utopia (foal) termine avec 78,93 points, Orchidée Utopia (cheval de deux ans) obtient 77,15 points et Nifty Danse Utopia (cheval de trois ans) obtient 77,10 points.
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