Douze milliards d’euros. C’est la facture totale, actualisée en 2010, de ce surgénérateur isérois planté sur les rives du Rhône, à Creys-Malville.
Il n’a fonctionné qu’à 6,7 % de sa capacité en onze ans.
À retenir
- Le réacteur a produit seulement 8 TWh sur les 120 TWh attendus entre 1985 et 1996
- Le coût total a atteint 12 milliards d’euros au lieu des 4 milliards initialement prévus
- Le démantèlement, commencé en 1999, doit se poursuivre jusqu’en 2030
Sommaire
Un pari technologique lancé en pleine crise pétrolière
Le projet naît en 1974, en pleine onde de choc pétrolier, quand la France cherche à réduire sa dépendance énergétique et mise tout sur l’atome. Dans les années 70, le choc pétrolier et la trop grande dépendance énergétique du pays conduisent la France à décider la construction dans l’Isère de la centrale de Creys-Malville, conçue pour produire de l’électricité. Le Premier ministre Pierre Messmer présente alors ce réacteur à neutrons rapides, refroidi au sodium liquide, comme la vitrine du savoir-faire nucléaire français, présenté officiellement le 5 mars 1974 par le premier ministre français Pierre Messmer. Douze ans de chantier plus tard, la centrale nucléaire est couplée au réseau électrique le 15 janvier 1986.
Les incidents techniques s’enchaînent dès les premières années, entre pannes en série et longs arrêts, les incidents en série, les longs arrêts techniques et les coûts élevés auront eu raison de ce qui était présenté à l’époque comme ce qui devait être le fleuron du nucléaire français. Autour du site, les manifestations antinucléaires se multiplient, jusqu’à la ville de Genève, distante d’à peine 70 kilomètres, où de nombreuses manifestations contre Creys-Malville, des défilés parfois hauts en couleur et où les slogans rivalisent d’ironie noire se succèdent pendant des années. Le 18 janvier 1982, en plein chantier, des roquettes sont tirées sur le chantier de Creys-Malville, sans faire de blessés, mais occasionnant quelques dégâts matériels. L’auteur de cette attaque, un ancien député écologiste genevois, ne revendiquera l’attentat qu’en 2003, après avoir acquis un lance-roquettes russe via les Cellules Communistes Combattantes belges.
8 TWh produits sur 120 attendus : l’addition qui ne pardonne pas
Sur la période 1985-1996, un fonctionnement à pleine puissance aurait dû livrer environ 120 TWh d’électricité au réseau, pour un fonctionnement à pleine puissance (1 240 MW) pendant 365 jours, la production annuelle maximale théorique serait de 10,86 TWh, soit environ 120 TWh pour la période de 1985 à 1996. Le réacteur n’en a produit que 8, selon le rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale française.
Le facteur de charge moyen sur cette période s’établit ainsi à 6,7 %.
La construction, elle, devait coûter 4 milliards de francs à l’origine, le prix de la construction est évalué à 26 milliards de francs pour une prévision initiale de 4 milliards. En intégrant l’entretien du réacteur pendant toute son exploitation, la facture totale atteint 12 milliards d’euros actualisés en 2010, jusqu’à son arrêt définitif. Dans son rapport de janvier 1997, la Cour des comptes l’a évalué à 60 milliards de francs répartis entre les partenaires du consortium européen NERSA. Le démantèlement, lui, s’ajoute à cette note et se poursuit encore aujourd’hui, plus de vingt-cinq ans après l’arrêt du réacteur.
Un démantèlement qui s’étire depuis plus de vingt ans
Le gouvernement acte l’arrêt définitif du réacteur par décret le 30 décembre 1998. Le chantier de démantèlement débute l’année suivante et ne se limite pas au seul bâtiment réacteur. L’essentiel du sodium utilisé comme caloporteur a depuis été neutralisé sous forme de béton, le réacteur a été déchargé et l’essentiel du sodium a été neutralisé sous forme de béton ; Superphénix est associé à une autre installation, l’atelier pour l’entreposage des combustibles.
En 2025, EDF a retiré le sommier de la cuve, pièce massive et irradiante, transférée en février dans un atelier de découpe téléopéré.
Le chantier doit désormais se poursuivre jusqu’en 2030, alors que le
Sources : osti.gov | senat.fr | techno-science.net


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