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Alors que le conflit s'était calmé ces dernières semaines, les Etats-Unis ont bombardé, dimanche, deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, dans le détroit d'Ormuz. En représailles, l'Iran a visé des cibles en Jordanie et aux Emirats arabes unis.
Publié le 31/08/2026 12:14
Temps de lecture : 3min
Des navires dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, le 10 août 2026. (ATTA KENARE / AFP)
Un mois d'accalmie relative vient de voler en éclats. Après plusieurs semaines sans attaque directe entre Washington et Téhéran, les Etats-Unis ont frappé, dimanche 30 août, deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak, dans le stratégique détroit d'Ormuz. L'Iran a riposté dès lundi contre des installations militaires américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, invoquant son droit à la "légitime défense". Cette reprise des hostilités intervient alors que les négociations engagées pour tenter de mettre fin au conflit, débuté il y a six mois, sont dans l'impasse.
Des bombardements américains sur l'île iranienne de Larak
L'armée américaine a bombardé, dimanche, deux lanceurs sur l'île iranienne de Larak, située à l'entrée orientale du détroit d'Ormuz, au débouché du golfe d'Oman, et devenue un point stratégique du contrôle exercé par Téhéran sur le trafic maritime. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) affirme avoir agi après avoir observé des "forces des Gardiens de la Révolution" se préparer "à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit". Les bombardements ont fait deux morts et deux blessés, selon l'agence de presse iranienne Tasnim.
Les précédentes frappes américaines contre l'Iran remontaient au 29 juillet. Elles avaient été déclenchées après une tentative d’attaque surprise contre les forces américaines dans la région. Après cette date, l'administration de Donald Trump avait infléchi sa stratégie, privilégiant désormais la pression économique sur Téhéran. Washington avait notamment menacé de sanctions les pays et entreprises continuant à commercer avec l'Iran. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a récemment prévenu que les partenaires de Téhéran risquaient d'être coupés du système financier occidental.
Une riposte de Téhéran en Jordanie et aux Emirats arabes unis
Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a "fermement" condamné lundi "l'agression militaire américaine" contre l'île de Larak et affirmé que la riposte iranienne avait été menée "conformément au droit à la légitime défense". L'Iran dit avoir visé "avec des dizaines de drones d'attaque" la base d'al-Minhad, aux Emirats arabes unis, "où des hélicoptères et troupes américains sont stationnés", selon un communiqué de l'armée diffusé par la télévision d'Etat. Une "escalade dangereuse" condamnée "fermement" par le ministère des Affaires étrangères émirati.
Les Gardiens de la Révolution affirment aussi avoir attaqué des cibles militaires américaines en Jordanie avec des missiles balistiques et des drones. L'armée jordanienne a de son côté annoncé, lundi, avoir intercepté et abattu huit missiles entrés dans son espace aérien, sans en préciser l'origine.
L'Iran dit également avoir abattu un drone américain MQ-9 Reaper dans le détroit d'Ormuz, ce que Washington n'a pas confirmé.
"Nous ne cherchons pas la guerre", a déclaré lundi le président iranien, Massoud Pezeshkian, cité par les médias d'Etat. "Cependant, face à toute agression, nous ne resterons jamais les bras croisés", a-t-il prévenu avant de s'envoler pour le Kirghizstan, où il doit participer à un sommet régional en présence, notamment, de ses homologues chinois, Xi Jinping, et russe, Vladimir Poutine. La diplomatie iranienne a parallèlement averti que Téhéran répondrait de manière "ferme et appropriée" à toute nouvelle attaque.
Un superpétrolier immobilisé par des mines, selon Téhéran
La marine des Gardiens de la Révolution affirme qu'un "superpétrolier voyou" a été immobilisé après avoir heurté deux mines navales au sud du détroit, avant d'être ravagé par un important incendie. Une affirmation qui intervient alors que le Centcom assurait dimanche avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales". Avant la guerre, environ 20% des hydrocarbures mondiaux transitaient par ce passage maritime. L'Iran en verrouille désormais le passage, tandis que les Etats-Unis mènent en réponse un blocus des ports iraniens.
Des cours du pétrole qui redécollent
Après l'annonce des frappes américaines, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, a progressé lundi matin de 2,47%, à 90,28 dollars, repassant au-dessus du seuil des 90 dollars. Le West Texas Intermediate américain a gagné de son côté 2,17%, à 85,57 dollars.
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