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Le chantier pour la nouvelle mine d’uranium de NexGen a été lancé dans le nord de la Saskatchewan. Lors d’une cérémonie officielle, jeudi, le premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, l’ancien premier ministre fédéral Stephen Harper et le secrétaire d’État au Développement rural, Buckley Belanger, ont participé à la traditionnelle première pelletée au côté de chefs autochtones de la Nation métisse de la Saskatchewan.
La mine souterraine d’uranium se trouve au sud du bassin d'Athabasca, à 130 kilomètres au nord de La Loche. La cérémonie de jeudi constitue la première étape d’un chantier qui s’étalera sur quatre ans, dont le coût s’élève à 2,2 milliards de dollars.
La construction de l’infrastructure extérieure a donc débuté et le forage des puits est prévu pour 2027. L'élargissement de la piste d’atterrissage sur le site est également prévu pour atteindre les 1780 mètres, doublant presque sa taille actuelle.
NexGen, l’entreprise à l’initiative du projet, estime que la mine pourrait produire près de 13 000 tonnes d’uranium par an, soit l’équivalent de 20 % de la production mondiale d’uranium.
Le projet a débuté en 2014 avec la découverte du gisement d’uranium par NexGen Energy. En mars dernier, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a accordé un permis à NexGen Energy pour lui permettre d’entamer la construction de l’une des plus grandes mines d’uranium au monde.
Dans un communiqué, le directeur général de NexGen, Leigh Curyer, a affirmé que l'avancée technologique a poussé la demande en énergie. L'énergie nucléaire est clé dans la réponse à cette demande et donc l’uranium est devenu l'une des sources les plus stratégiques au monde.
Des retombées économiques
Produire 20 % de la production mondiale d’uranium, c’est gros et c’est une bonne avancée économique pour le Canada et la Saskatchewan, estime Greg Kennedy, professeur associé en génie nucléaire à Polytechnique Montréal à la retraite.
Le chantier emploiera plus de 1400 ouvriers sur le terrain. Une fois opérationnelle, la mine créera 459 emplois à plein temps sur une période de 24 ans. Des dépôts d’uranium sur des terrains voisins restent également très prometteurs.
Dans une vidéo publicitaire de l'entreprise NexGen, le premier ministre saskatchewanais décrit la mine comme une source d’emplois à très long terme pour les habitants du Nord.

Le député libéral de Desnethé—Missinippi—Rivière Churchill, Buckley Belanger, en conférence de presse pour le lancement du chantier.
Photo : Fournie par le bureau de Buckley Belanger
L'entreprise a également signé des ententes confidentielles avec la Nation déné de Clearwater River, la Nation déné de Birch Narrows, la Nation déné de Buffalo River et la Nation métisse de la Saskatchewan.
NexGen a également noué un partenariat avec la Nation déné de Clearwater River et la Nation métisse locale 39 de la Saskatchewan pour construire un hôtel de 59 lits à La Loche.
En Saskatchewan, les mines d’uranium emploient plus de 2300 personnes, dont 49 % sont des résidents du Nord, selon l'Association minière de la Saskatchewan.
Une demande croissante pour l’uranium
Le Canada produit les réacteurs qui sont en utilisation en Ontario et au Nouveau-Brunswick et ailleurs dans le monde. Le Canada est un pays nucléaire et on a parmi les meilleures mines d'uranium au monde et on peut fournir le monde avec une bonne partie de l’uranium, dit le professeur retraité.
Ces paroles font écho à des propos tenus par le premier ministre Scott Moe dans la vidéo promotionnelle de NexGen.
Scott Moe estime que la mine est vitale pour le rôle de la Saskatchewan dans la sécurité énergétique canadienne et mondiale. C’est crucial que nous participions au développement de ressources comme celle-ci [...] pour une expansion du nucléaire mondial auquel la Saskatchewan participera.
Après une période de stagnation, la demande en uranium a augmenté dans le monde, note Greg Kennedy.
Cet engouement est notamment dû à des enjeux environnementaux. Le monde, l’Europe, l'Asie, même en Afrique et au Moyen-Orient, il continue à essayer de réduire les émissions de gaz à effet de serre , explique Greg Kennedy.
L’uranium offre alors une source d’énergie nucléaire plus stable, moins sujette aux aléas climatiques, comme l’éolien ou le solaire.
Si on veut produire une grande partie de l'électricité avec ces deux sources-là, faible en émission de gaz à effet de serre, il faut avoir un moyen de stocker l’énergie. Et pour installer des batteries, ça coûte assez cher, précise Greg Kennedy. Mais, le nucléaire peut fournir [de l'électricité] 24 heures par jour.
Au Canada, l’uranium représente entre 15 et 20 % du bouquet énergétique du pays, c’est une faible fraction du total, mais une fraction nécessaire pour avoir une source stable d’électricité, souligne Greg Kennedy.
Avec les informations de Julien Sturbois et Jeremy Warren


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