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Préférence nationale : l’hypocrisie de la caste culturelle français

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Dans les salons parisiens, les dîners en ville et les plateaux de service public, les milieux culturels français se parent des oripeaux du mondialisme le plus décomplexé. Ils prônent l’ouverture des frontières, la dissolution des souverainetés nationales dans un grand marché et la lutte farouche contre toute forme de « préférence nationale », assimilée à un péché mortel. Mais qu’il s’agisse de leur propre secteur – cinéma, audiovisuel, presse, spectacle vivant ou arts subventionnés –, ces mêmes milieux défendent avec une férocité inégalée un système de préférence nationale assumée, protégée et abondamment financée par l’argent public. C’est l’hypocrisie à l’état pur : globalistes pour les autres, protectionnistes pour eux-mêmes.

L’idéologie mondialiste : ouverture sans frein et rejet de la préférence nationale

Les « intellectuels », artistes et journalistes dominants ne cessent de célébrer la « diversité » et la « circulation des cultures ». Ils militent pour une Europe des peuples mélangés, vantent les bienfaits des flux migratoires massifs et dénoncent comme « populiste » ou « xénophobe » toute velléité de contrôle aux frontières. L’Union européenne, avec ses politiques libre-échangistes, est leur horizon indépassable : concurrence débridée des biens et des services, libre circulation des personnes, et surtout, hostilité viscérale à toute mesure privilégiant les nationaux.

Dans leurs discours, la nation française n’est qu’une construction archaïque. La préférence nationale ? Un mot tabou, réservé aux nationalistes. Ils appellent à plus d’ouverture, plus de mixité, plus de « richesse culturelle » venue d’ailleurs, tout en ignorant superbement les conséquences sociales et identitaires sur le « peuple de souche » qu’ils méprisent .

L’exception culturelle européenne : un protectionnisme assumé

Au niveau européen, cette hypocrisie prend une dimension encore plus flagrante avec la défense acharnée de l’exception culturelle. La France a imposé, depuis les années 1990, le principe selon lequel la culture n’est pas une marchandise comme les autres. Elle a réussi à l’inscrire dans les traités et directives européennes : quotas de diffusion, obligations d’investissement des diffuseurs (télévisions, plateformes), aides publiques ciblées, et surtout, exclusion partielle des négociations de libre-échange.

Les chaînes et plateformes sont obligées d’investir des pourcentages significatifs dans des œuvres européennes et d’expression originale française. Les financements publics protègent le secteur contre la concurrence hollywoodienne ou des géants du streaming. C’est un véritable protectionnisme intra-européen : on accepte la libre circulation des biens, mais on érige des barrières pour les films, séries et spectacles.

Pourtant, ces mêmes milieux qui brandissent l’« exception culturelle européenne » comme un étendard refusent toute logique similaire dans d’autres domaines. Elles soutiennent l’élargissement de l’UE, les accords de libre-échange globaux et la politique migratoire ouverte de Bruxelles, tout en défendant farouchement leur bulle protégée. L’Europe qu’elles veulent est un marché unique pour les travailleurs et les marchandises, mais un sanctuaire subventionné pour les artistes et producteurs français.

L’économie française de la culture : un système de préférence nationale subventionné

  • Quotas d’œuvres françaises : Obligations légales pour la diffusion et la production d’œuvres d’expression originale française (EOF). Les diffuseurs (Canal+, France Télévisions, etc.) doivent consacrer des parts importantes de leur activité à la création nationale.
  • Audiovisuel public : Financé par des milliards d’euros (redevance et subventions), il incarne cette exception tout en promouvant souvent une ligne idéologique mondialiste et communautariste.
  • Presse, art et spectacle vivant : Aides massives du ministère de la Culture et des Collectivités, avec un fort biais en faveur d’une création de propagande de gauche ou d’extrême gauche.

Guillaume Vuillemey de l’institut économique Molinari écrit dans Le Monde du 2 décembre 2008 : « L’augmentation des budgets alloués à la culture alimente aussi une administration pléthorique, qui plaide en faveur de son propre maintien et de la hausse continuelle des dépenses ».

Jean-Marc Daniel, professeur d’économie à l’ESCP-EAP et directeur de la revue Sociétal, va plus loin encore. « L’État culturel, pour l’instant, a produit une classe intellectuelle en situation de rente. Ce qu’elle défend, ce n’est pas la qualité car il faudrait pour cela qu’elle se projette sur internet pour se confronter avec d’autres classes intellectuelles. Ce qu’elle défend à l’heure actuelle, c’est sa rente, sa capacité à récupérer l’argent de l’État culturel. Le véritable enjeu n’est donc plus de défendre l’exception culturelle mais la question de savoir si la classe intellectuelle qui a accaparé la rente est à la hauteur de ce que l’on attend d’elle. »

Ce double standard est criant : on taxe les films états-uniens pour financer le cinéma hexagonal, on impose des quotas européens, mais on vilipende toute préférence nationale pour l’emploi ou les aides sociales. On protège le milieu culturel face à l’extérieur, tout en acceptant l’effacement progressif de l’identité française face à l’immigration de masse et à la standardisation mondialisée.

Le grand écart révélateur

La caste culturelle a réussi le tour de force de concilier l’inconciliable : ses membres sont les meilleurs avocats du mondialisme et de l’ouverture des frontières pour la société en général, notamment les travailleurs, tout en vivant dans un État providence culturel protégé 2par des mécanismes protectionnistes qu’ils refusent ailleurs. Cette exception culturelle européenne, légitime en soi pour préserver les identités face à la domination anglo-saxonne, devient un privilège corporatiste quand elle sert à financer une caste déconnectée qui méprise les préoccupations du peuple.

Jean Lamolie 

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