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Ce 17 août, c’était le jour J. Marqué par des chaleurs extrêmes et une absence prolongée de précipitations, ce cru 2026 impose aux vignerons de s’adapter rapidement sur le terrain.
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Par Augustin Thiefaine Publié le 17 août 2026 à 20h36
Vendanges pluvieuses, vendanges heureuses ? Attendue comme le messie par la nature et les professionnels de la vigne et de la terre, ce fût finalement au premier jour de récoltes que la pluie se sera montrée après un été terriblement sec. Si les vignerons vont entamer une danse de la pluie pour la faire perdurer, le cru 2026, lui, s’annonce particulièrement solaire en bouche. Qualitatif, ses bouteilles jurassiennes risquent de s’arracher, mais sa quantité, elle, risque d’être plus limitée.
Un millésime 2026 « particulier »
Dans la capitale mondiale du Ploussard, à Pupillin comme un peu partout dans le Jura, au petit matin de ce lundi 17 août la valse des sécateurs commençait son œuvre dans le vignoble. Cinquante-quatre travailleurs saisonniers de 17 à 75 ans ont été recrutés par le domaine Désiré Petit. Sous les consignes d’Anne-Laure, cogérante, la première parcelle de Côtes du Jura est attaquée. Des grappes recouvrant une parcelle de trois hectares seront récoltées. En tout, vingt-sept seront passés au scalp pendant les quinze prochains jours.

« Il ne faut pas de qualités extraordinaires », glisse la vigneronne pupillanaise. « Il faut du courage pour avancer, c’est le premier jour, je suis dur, mais pour nous, ces grappes, c’est le travail d’une année », sourit-elle. Une année bien difficile qui plus est alors que le climat aura mis à rude épreuve une douceur printanière suivie d’une période de gel et d’un été sec et caniculaire sans eau. « Les grappes sont gorgées de sucres, mais les grains sont petits. C’est un millésime particulier de par sa précocité et les fortes chaleurs. On était passé à deux doigts de la correctionnelle à cause du gel, on s’attendait à une belle récolte, mais la sécheresse a détruit nos attentes », tempère Damien Petit, le frère d’Anne-Laure et maître de la vinification. Des pertes sont à déplorer, notamment chez les jeunes plants. « Certains plants de cette année n’ont pas supporté la chaleur. On a une grosse diminution des rendements par rapport à ce qu’on espérait. » Côtes du Jura, Chardonnays et Ploussards sont récoltés, le savagnin, lui, est pour l’instant bloqué. « Il faut un peu plus d’eau. »
« On discute, mais on avance »
Côté vendangeurs aussi c’était le branle-bas de combat. Dans les rangs des saisonniers du domaine Petit, Marc Denizot, 75 ans, que tout le monde surnomme « Marco ». C’est la quatorzième année consécutive qu’il épaule Anne-Laure et Damien Petit dans la période la plus importante du calendrier.
« J’avais déjà participé aux vendanges dans le Midi quand j’étais jeune, près de Montpellier », se remémore ce Dolois. « Avec ma binôme de coupe, on apprécie être ensemble dans les vignes. On s’entend bien et je ne voudrais pas cueillir avec quelqu’un qui n’avance pas. Nous ne sommes pas des rapides non plus, mais on connaît la maison, on sait comment cela se passe. On discute, mais on avance. Les trois premiers jours sont les plus durs. Je me suis préparé en utilisant de l’arnica depuis une semaine. »
Un peu plus loin, Charles Béguiot, 20 ans, porte la bouille ; la hotte dans laquelle les vendangeurs vident leurs seaux. Celle-ci peut peser plusieurs dizaines de kilos. Ce sont ces deuxièmes vendanges et il le fait avec le sourire. « Je le fais déjà pour aider le domaine, ça me plaît car il y a une bonne ambiance et cela me fait voir autre chose que l’agriculture et les élevages laitiers. J’aime avoir du contact, voir les gens, discuter, ça se complète bien avec le travail et ça reste convivial », explique celui qui intégrera une école d’ingénieur en agronomie à la rentrée de septembre.

Des raisins sucrés, mais pas mûrs
Bien qu’il soit trop tôt pour définir précisément le profil des futurs vins, on sait déjà qu’ils seront « riches », « concentrés » et avec « des degrés assez élevés ». Cette situation met en lumière un véritable paradoxe de maturité dû au manque d’eau, qui a concentré les raisins sur pied. « Entre la maturité physiologique donc le sucre et la maturité phénolique, celle des pépins de la peau, il y a des différences. Le sucre est déjà très en avance mais par contre phénoliquement on n’y est pas », détaille Damien Petit.
Ainsi, certains raisins affichent déjà quatorze degrés sans pour autant être pleinement mûrs. Face à cette montée rapide des degrés, le domaine de Pupillin, imité par bien d’autres, n’a eu d’autre choix que de lancer des vendanges prématurées.
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