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Pouvoir d'achat, prix du carburant... Ces Américains expliquent le "Blunami", cette "vague bleue" aux midterms 2026 qui déstabilise Donald Trump

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Au lendemain des élections de mi-mandat, mercredi, la défaite est totale pour Donald Trump. Les démocrates ont remporté tous les scrutins serrés et indécis, avec des percées dans des territoires largement acquis au président, il y a deux ans. En cause, son incompétence à relever le pouvoir d'achat des Américains moyens.

Publié le 04/11/2026 10:59 Mis à jour le 04/11/2026 11:26

Temps de lecture : 4min

Le Capitole des États-Unis, à Washington, D.C., le 2 novembre 2026. (Kevin Carter / Getty Images North America / GETTY) Le Capitole des États-Unis, à Washington, D.C., le 2 novembre 2026. (Kevin Carter / Getty Images North America / GETTY)

Les démocrates auront, en janvier, une majorité incontestable, au Congrès, à la Chambre des représentants comme au Sénat. Des candidats démocrates se sont imposés dans des bastions conservateurs comme le Texas ou le Kansas, mais également dans l'Iowa ou l'Ohio. Mercredi 4 novembre, on constate que des percées ont eu lieu dans des territoires où Donald Trump était largement dominateur il y a encore deux ans, par exemple en Floride ou même dans le Kentucky, dans des zones rurales du Midwest où les démocrates étaient quasi inexistants ces dernières années.

Dans le Maine, État rural du nord-est des États-Unis, une figure du Parti républicain, la gouverneure Susan Collins, a aussi été battue par le démocrate Troy Jackson, après cinq mandats consécutifs. Dans cet hôtel de Bangor, une poignée de collaborateurs de la sénatrice déchue se sont pris dans les bras, certains en larmes. Susan Collins s'est éclipsée sans saluer une dernière fois ses militants. Tous ses efforts pour se démarquer du président, martelant son indépendance, sa capacité à lui dire non, en mettant en avant toutes ses réalisations sur le terrain dans le Maine, n'ont pas suffi. Le vainqueur démocrate Troy Jackson, un ancien bûcheron, a été porté par le vote sanction contre Donald Trump.

L'enjeu était trop fort pour ces électeurs qui ont choisi de voter démocrate. "Cette élection dépassait les frontières du Maine, ont-ils confié plus tôt dans la journée devant le bureau de vote de Bangor. C'est à la Maison Blanche qu'il fallait faire passer le message. Il fallait faire entendre cette colère sur la vie chère, les prix du carburant, la guerre en Iran", faire résonner "leur rejet" du président et de sa politique.

Et parmi ces citoyens, de nombreux républicains ont basculé, au point que le siège au Sénat est aussi tombé aux mains des démocrates. Alicia Collins, une élue républicaine à la Chambre des représentants de l'État du Maine, tente d'en tirer une leçon : "C'est décevant, et cela montre peut-être que nous n'avons pas suffisamment travaillé pour faire comprendre au peuple américain à quel point il était important d'aller voter pour des candidats conservateurs pour préserver notre majorité. Je suis très sensible aux difficultés liées au coût de la vie. Cela touche tout le monde, moi y compris. Je pense que la perspective à long terme, celle de la liberté pour nos enfants et nos petits-enfants, l'emporte sur les souffrances à court terme engendrées par la hausse du coût de la vie. Je réfléchis encore pour ma part à la manière dont nous aurions pu mieux formuler notre message à l'attention du peuple américain."

Ici comme ailleurs, la vague bleue qui vient de déferler sur les États-Unis l'a finalement emportée. Le "Blunami", contraction de "blue" (bleu, la couleur des démocrates) et "tsunami", est le nouveau mot qui est apparu cette nuit aux États-Unis. Pour les Américains, le vote sanction est indiscutable. Presque tous les républicains battus ont été soutenus et même choisis par Donald Trump. L'impopularité record du président a évidemment mis son parti en difficulté. Un tiers seulement des Américains soutiennent son action.

Les électeurs lui reprochent son inaction sur le pouvoir d'achat. L'inflation atteint encore 3,5%. Elle n'a pas baissé depuis les années Biden, contrairement à ce qu'affirme Donald Trump. Les Américains critiquent aussi la guerre en Iran et la hausse des prix du pétrole qui en découle. Le diesel atteint des prix records aux États-Unis. D'autres estiment aussi que l'administration Trump est trop alignée sur Israël. Et pour beaucoup d'entre eux, la politique anti-immigration est allée trop loin, des excès symbolisés par deux morts à Minneapolis l'hiver dernier. C'est tout cela qu'on peut lire dans les résultats de ces élections de mi-mandat, un rejet des politiques du second mandat de Trump.

Pour l'instant, Donald Trump accepte sa défaite, il salue même le bon travail dans cette campagne des candidats démocrates. Mais dans la nuit du 3 au 4 novembre, il a posté sur son réseau social une casquette rouge, la fameuse casquette MAGA, avec le mot "veto", ce qui veut dire qu'il va empêcher toutes les initiatives des démocrates au Congrès.

C'est le début en tout cas d'une cohabitation. Donald Trump n'aura plus ce Congrès devenu une simple chambre d'enregistrement depuis l'an dernier. Les démocrates vont pouvoir mener des enquêtes, bloquer des nominations, demander des comptes, peut-être lancer une nouvelle procédure de destitution, même si elle a peu de chances d'aboutir. Donald Trump, lui, pourra encore se rabattre sur la politique étrangère, son pré carré, et il fera certainement entendre sa voix. Il peut aussi prendre beaucoup de décisions importantes dans les deux mois à venir, avant l'entrée en fonction du nouveau Congrès en janvier. Mais son autorité sera affaiblie jusqu'à la fin de son mandat, dans deux ans.

L'autre enseignement est que les démocrates américains ont réussi à se reconstruire. Ils ont su parler aux électeurs, traiter de sujets du quotidien comme le coût de la vie. Et le parti se réveille avec de nouvelles figures : James Talarico au Texas, John Ossoff qui s'impose nettement en Géorgie et devient un possible candidat pour 2028, ou encore Abdel El-Sayed qui devrait l'emporter au Michigan. Pour la première fois depuis longtemps, les divisions chez les démocrates passent au second plan et le parti peut célébrer ce triomphe. Il faudra toutefois réconcilier l'aile gauche du parti et son centre historique. Les fractures finiront par réapparaître.

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