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Bercy rassure : les Français qui ne mangent plus trois fois par jour font enfin des économies.
La vie chère n’est donc plus seulement une histoire de loisirs sacrifiés ou de vacances reportées. Pour une partie de la population, l’arbitrage descend désormais jusqu’à l’assiette.
40 % des actifs ne couvrent plus toutes leurs dépenses
Le reste du baromètre n’est guère plus rassurant. 26 % des Français se déclarent en situation de fragilité économique, soit six points de plus en un an. Surtout, 40 % des actifs estiment que leur travail ne leur permet plus de couvrir l’ensemble de leurs dépenses.
Le Secours populaire constate également que 37 % des Français rencontrent des difficultés pour se procurer une alimentation saine permettant de prendre trois repas par jour. Chez les ménages vivant avec au maximum le SMIC, cette proportion grimpe à 58 %.
Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours populaire, résume la situation : certains Français « gagnent à peine de quoi vivre dignement ».
Le panier à 100 euros est devenu un panier à 124 euros
L’inflation alimentaire ralentit aujourd’hui, mais ralentir ne signifie pas revenir en arrière. Les hausses passées restent intégrées dans les étiquettes. Comme nous l’avions calculé à partir des séries de l’Insee, les prix alimentaires ont augmenté d’environ 24 % depuis août 2021.
Autrement dit, un panier alimentaire coûtant 100 euros à l’été 2021 tourne aujourd’hui autour de 124 euros, à composition identique. Pendant ce temps, l’Insee estimait encore l’inflation à 2,4 % sur un an en août 2026. Un petit pourcentage supplémentaire qui vient donc se poser sur plusieurs années de hausse déjà encaissées.
Le gazole a pris 53 % depuis 2018
Pour ceux qui doivent prendre leur voiture pour travailler, l’autre addition arrive à la pompe. Le 7 septembre 2018, le gazole se vendait en moyenne 1,477 euro le litre. Le 4 septembre 2026, les données de la Direction générale de l’énergie et du climat donnaient 2,257 euros. Soit environ 53 % de hausse.
Un plein de 50 litres est ainsi passé d’environ 74 euros à près de 113 euros. Dans le même baromètre du Secours populaire, 46 % des Français disent désormais rencontrer des difficultés pour financer leurs frais d’essence ou leurs abonnements aux transports.
Une économie qui tient surtout dans les communiqués
Le contexte général n’aide pas. Au deuxième trimestre 2026, le PIB français a stagné et le chômage atteint 8,3 %. Le pouvoir d’achat par unité de consommation a lui aussi reculé.
Il serait évidemment simpliste d’attribuer à Emmanuel Macron chaque hausse du pétrole ou chaque choc international. Il devient en revanche difficile, après neuf années de macronisme, de présenter éternellement la dégradation du niveau de vie comme une succession de malchances venues de l’extérieur.
Le signal le plus inquiétant n’est finalement pas un taux d’inflation. C’est qu’en France, travailler ne suffit plus toujours à payer ses dépenses, se déplacer devient un luxe et près de trois Français sur dix disent avoir déjà connu la faim au point de sauter un repas. À ce stade, parler simplement de « pouvoir d’achat » commence presque à devenir pudique.


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