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International 24/08/2026 19:22 Actualisé le 24/08/2026 19:34
La série pour enfants « Masha et Michka » est accusée de faire la promotion de la Russie par le gouvernement ukrainien.
C’est l’histoire d’une petite fille et d’un ours brun qui font rire les enfants, mais pas l’Ukraine. Les deux personnages sont les héros de « Masha et Michka », un dessin animé destiné aux plus jeunes, très populaire partout dans le monde.
En France, il est diffusé sur Netflix, sur Okoo, l’offre jeunesse de France Télévisions, et également sur YouTube, où sa chaîne compte plus de 12 millions d’abonnés et cumule les milliards de vues. Dans le monde, les aventures des deux compagnons sont disponibles dans une vingtaine de langues.
Mais, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, sa très large diffusion pose problème à l’Ukraine pour une raison : « Masha et Michka » est russe. Le 21 août, le ministère ukrainien de la Culture a annoncé des mesures destinées à limiter la diffusion de la série. Il a imposé des sanctions contre les producteurs et les distributeurs de « Masha et Michka », ce qui permet de bloquer le contenu en Ukraine.
Dans un communiqué publié sur Instagram, la ministre ukrainienne de la Culture Tetyana Berezhna a expliqué que « les produits culturels russes constituent une instrument d’influence et de propagande », ajoutant qu’« à travers les dessins animés et les séries, la Russie touche des millions d’enfants et en tire des millions de bénéfices ».
Des références à l’URSS
La série animée, lancée en 2009 par le studio russe Animaccord, est considérée par le gouvernement ukrainien comme un outil de propagande culturelle pour Moscou, qui contribue à donner une image positive de la Russie.
Différents épisodes de « Masha et Michka » mettent effectivement en avant des éléments de l’histoire russe et des références à son passé. Dans l’épisode 12, intitulé « On ne passe pas » et diffusé il y a dix ans, la petite fille enfile une casquette du NKVD, la police secrète de l’URSS chargée de l’administration du Goulag sous Joseph Staline. Dans la version originale du dessin animé, elle entonne également un chant bien particulier : « Les trois tankistes », une chanson militaire soviétique très populaire. Deux épisodes plus tard, l’héroïne porte cette fois un casque de tankiste russe.
« Aucun message politique »
Tout comme l’Ukraine, le paysage politique britannique se pose des questions concernant le « soft-power » russe lié à cette série animée pour enfants. Début juillet, cinquante élus britanniques ont écrit à la Secrétaire d’État à la Culture Lisa Nandy pour lui demander d’intervenir, face à la diffusion du dessin animé sur Netflix et sur la plateforme numérique d’ITV, ITVX.
Le ministre estonien des Affaires étrangères s’est lui positionné contre la diffusion de « Masha et Michka » sur Netflix, estimant que « le monde ne tolérerait jamais des contenus pour enfants présentant positivement des symboles nazis. »
De son côté, Animaccord rejette les accusations associant le studio d’animation à la propagande russe. L’entreprise expliquait en juillet dernier au média britannique The Guardian être une entreprise privée « n’ayant jamais bénéficié de fonds publics », et que « la série ne véhicule aucun message politique ».


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