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International 12/06/2026 06:15 Actualisé le 12/06/2026 06:24
Le président américain avait promis une nouvelle offensive contre l’Iran dans la soirée de jeudi. Quelques heures plus tard, il a finalement assuré qu’un accord était en passe d’être conclu avec Téhéran.
Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

KENT NISHIMURA / AFP
Alors qu’il promettait de frapper l’Iran « très fort », Donald Trump (ici dans le Bureau Ovale le 11 juin 2026) affirme finalement avoir tout annulé à la dernière minute.
Jusqu’en fin d’après-midi, tout semblait pointer vers une nouvelle escalade militaire. Donald Trump avait promis que les États-Unis frapperaient l’Iran « très fort » dans la soirée et évoquait même la possibilité de s’en prendre à des infrastructures pétrolières stratégiques du pays.
Et alors qu’à Washington, le ton était celui d’une riposte imminente, à Téhéran, les responsables iraniens répondaient par des menaces de représailles et mettaient en garde contre une extension du conflit à l’ensemble de la région. Quelques heures plus tard pourtant, le président américain a annoncé exactement l’inverse : les bombardements prévus n’auront finalement pas lieu. Il les a annulés.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a expliqué avoir décidé de suspendre les frappes après avoir été informé que les négociations avaient été validées « par les plus hautes autorités » iraniennes. Un sujet sur lequel il a été démenti, du moins en partie, par une dépêche de l’agence de presse iranienne Tasnim News publiée ce vendredi matin et qui assure qu’aucune décision n’a été prise au sommet du pouvoir iranien. « Jusqu’à présent, l’Iran n’a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l’accord », a ajouté le porte-parole Esmaeil Baqaei aux médias d’État iraniens, rapporte Le Parisien.
Trump évoque (encore) un accord imminent
Selon Donald Trump pourtant, qui a multiplié les sorties de ce genre depuis le début du conflit, les principaux points d’un accord ont reçu l’approbation de toutes les parties impliquées. Le président américain affirme même que la signature d’ « un très bon accord » pourrait intervenir dans les prochains jours, possiblement dès ce week-end en Europe.
Devant le scepticisme de journalistes, Donald Trump est allé plus loin et a assuré que le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei avait donné son feu vert à ce qu’il décrit comme un accord-cadre entre les deux pays.
Selon le président américain, ce compromis prévoirait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz et empêcherait l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Côté israélien, le bureau de Benyamin Netanyahu a également indiqué que Donald Trump lui avait assuré que tout accord final inclurait le retrait de l’uranium enrichi iranien, le démantèlement des infrastructures d’enrichissement et des restrictions sur le programme balistique de Téhéran.
Une version immédiatement contestée en Iran
L’optimisme affiché à Washington n’est toutefois pas partagé à Téhéran. Peu après les déclarations du président américain, l’agence iranienne Fars, proche du pouvoir, a affirmé qu’aucun texte n’avait été approuvé avec les États-Unis. Un autre média iranien, Tasnim, a lui aussi appelé à la prudence, rappelant que Donald Trump avait déjà annoncé à plusieurs reprises des accords qui n’avaient jamais abouti.
Aucun responsable iranien n’a confirmé officiellement l’existence d’un compromis prêt à être signé. Et dans la soirée, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a donc affirmé que la République islamique n’avait pas encore arrêté de décision définitive concernant cet éventuel accord.
Comme souvent, l’annonce de Donald Trump a eu un effet quasi instantané sur les marchés.
Les cours du pétrole, soutenus depuis plusieurs jours par les craintes d’une aggravation du conflit au Moyen-Orient, ont brusquement décroché après ses déclarations. Les investisseurs ont interprété la perspective d’un accord comme un signal d’apaisement susceptible de réduire les risques pesant sur l’approvisionnement énergétique mondial.
Reste désormais une inconnue majeure : l’accord présenté comme imminent par Donald Trump existe-t-il réellement sous la forme qu’il décrit ? Pour l’heure, Washington et Téhéran livrent deux versions très différentes de l’état des négociations.


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