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Pourquoi les Français acceptent qu'un footballeur devienne millionnaire mais pas un député

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Pour la Caste, la réponse est simple : le peuple est envieux, inculte, et probablement manipulé par des pulsions primaires que seule une "pédagogie" gouvernementale (comprenez : une propagande d'État) pourrait corriger. Pourtant, si l'on prend la peine de quitter les ors des ministères pour observer la réalité du "pays réel", on s'aperçoit que ce jugement est non seulement méprisant, mais faux.

Ce rejet de la classe politique n'est pas une crise de jalousie. C'est une crise de légitimité. C'est le symptôme d'une rupture profonde du contrat social, une intuition collective que le philosophe libertarien Robert Nozick avait théorisée bien avant que notre pays ne s'enfonce dans le "Grand Collapse". Pour comprendre pourquoi le Français accepte la fortune du footballeur et refuse celle de l'élu, il faut relire "l'argument de Wilt Chamberlain". Et comprendre que nous vivons désormais la sécession entre ceux qui vivent du consentement et ceux qui vivent de la spoliation.

Appliquer la pensée libertarienne aux débats actuels

Bienvenue dans ce onzième module de la Liberty Academy. Il s’agit probablement du module le plus essentiel dans notre parcours ! Ne le manquez pas.

Verhaeghe BriefingEric Verhaeghe

La parabole de Wilt Chamberlain : le marché comme plébiscite

Commençons par un détour philosophique nécessaire. Dans son œuvre majeure, Anarchie, État et Utopie, Robert Nozick détruit le mythe de la justice distributive telle que la conçoit notre État-Providence obèse. Pour la social-démocratie française, une société juste est une société où l'État corrige les inégalités pour atteindre un modèle préétabli (le "pattern").

Robert Nozick’s “Wilt Chamberlain” Argument for Libertarianism - 1000-Word Philosophy: An Introductory Anthology

Nozick thinks that a story about the basketball superstar Wilt Chamberlain shows why the government should not take from the rich to help everyone else. This article explains Nozick’s argument which he uses to support “libertarianism,” his view that the government’s role is not to redistribute wealth but to promote liberty.

Nozick thinks that a story about the basketball superstar Wilt Chamberlain shows why the government should not take from the rich to help everyone else. This article explains Nozick’s argument which he uses to support “libertarianism,” his view that the government’s role is not to redistribute wealth but to promote liberty. - Philosophy, One Thousand Words at a Time1000-Word Philosophy: An Introductory Anthology

Nozick oppose à cette vision statique une vision procédurale : si l'histoire de la richesse est propre, alors la richesse est juste. Il prend l'exemple de Wilt Chamberlain, la star du basket de son époque. Imaginez une société parfaitement égalitaire. Tout le monde a la même somme. Chamberlain signe un contrat : pour chaque billet vendu, il touche 25 cents. Un million de spectateurs, enthousiastes, paient volontairement leur place. À la fin, Chamberlain est riche. Est-ce injuste?

Non. Car qui a été lésé? Les spectateurs ont échangé leur argent contre du plaisir. Personne n'a été forcé. Interdire à Chamberlain d'être riche reviendrait à interdire des "actes capitalistes entre adultes consentants".

Cours n°3 de la Liberty Academy: Rothbard le terrible

Je livre aujourd’hui un support de formation au libertarisme sur la pensée de l’Américain Rothbard, fondateur de l’anarcho-capitalisme. Focus sur le principe de non-agression…

Verhaeghe BriefingEric Verhaeghe

C'est exactement ce qui se joue aujourd'hui avec le football. Pourquoi le salaire de 200 millions d'euros de Ronaldo en Arabie Saoudite ou les revenus stratosphériques des stars du PSG ne déclenchent-ils pas d'émeutes? Parce que ces sommes, aussi délirantes soient-elles, sont le fruit d'une agrégation de consentements.

  • Le fan achète le maillot.
  • L'abonné paie Canal+ ou Amazon.
  • Le spectateur remplit le stade.

Chaque euro gagné par le footballeur est un bulletin de vote. C'est une démocratie directe et économique. Le joueur est soumis à la loi d'airain du marché : s'il ne joue plus, s'il ne fait plus rêver, le robinet se ferme. Sa richesse est la contrepartie d'un risque immense (carrière courte, blessure) et d'un talent rare validé par la foule. C'est ce que j'appelle la "légitimité du marché". Le peuple, même s'il tire le diable par la queue, respecte inconsciemment cette règle du jeu : tu as ce que tu vaux aux yeux des autres.

Le Député : l'anti-Chamberlain et la rente de la coercition

Tournons maintenant notre regard vers l'Hémicycle. Si le footballeur est l'enfant du consentement, le député est la créature de la contrainte.

La rémunération du politique ne procède pas d'un échange libre. Elle naît de l'impôt. Or, comme le rappelait Philippe Nemo dans sa philosophie de l'impôt, le "consentement à l'impôt" est devenu, dans notre système de prélèvements obligatoires records, une vaste fiction juridique. L'argent qui atterrit dans la poche du député a d'abord été arraché, sous la menace de la contrainte administrative et judiciaire, au travailleur du secteur privé.

Regardons les chiffres, non pas tels que la Caste nous les vend, mais tels qu'ils sont. Un député touche une indemnité nette mensuelle d'environ 5 953 euros. C'est déjà, en soi, un salaire qui place l'élu bien au-dessus du salaire médian des Français qu'il est censé représenter. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Ajoutez-y l'Avance de Frais de Mandat (AFM), cette enveloppe obscure de 5 373 euros par mois. Officiellement, elle sert à payer les frais. Officieusement, elle est gérée avec une opacité qui ferait rougir n'importe quel comptable d'entreprise. On apprend ainsi qu'il existe une "tolérance" de 150 euros par semaine sans aucun justificatif. Qui, dans le privé, bénéficie d'une telle largesse? Personne.

Fiche n°7<br>La situation matérielle du député

Assemblée nationale

Le scandale ne réside pas dans le montant absolu. 11 000 euros (salaire + AFM), c'est une somme qu'un bon cadre sup' ou un petit entrepreneur peut gagner. Le scandale réside dans l'absence de lien entre la performance et la rémunération. Que le député soit absent, qu'il dorme en séance, qu'il vote des lois liberticides qui détruisent l'économie, ou qu'il passe son temps sur des sites de rencontres ou à payer des frais d'obsèques avec l'argent public — comme nous l'ont rappelé les récents déboires de certains élus —, la paie tombe.

C'est là que la fracture morale est totale. Le footballeur est payé pour créer de la valeur (du spectacle, de l'émotion). Le politique est perçu comme un destructeur de valeur, un parasite qui vit sur la bête, protégé par un statut qui l'immunise contre le réel.

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Le Courrier des Stratèges brise l'omerta sur ce que beaucoup considèrent comme l'une des plus grandes opérations de kompromat (chantage par le dossier) du siècle.

Pourquoi Jeffrey Epstein, "actif stratégique" protégé par une impunité quasi-magique, recevait-il l'élite mondiale dans des résidences truffées de caméras espionnes? Entre l'ombre de Robert Maxwell, le détournement du logiciel PROMIS et les réseaux de renseignement, nous avons réuni les faits pour vous offrir une grille de lecture sans concession.

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La Caste, le risque et l'entre-soi : l'exemple Labrune

Cette détestation de la "rente publique" est si forte qu'elle contamine même le football dès que celui-ci se met à singer les mœurs de l'administration. Regardez le cas Vincent Labrune, président de la Ligue de Football Professionnel (LFP). Voilà une entité privée, mais qui fonctionne comme une administration soviétique. Alors que les droits TV s'effondrent et que les clubs sont au bord de la faillite, Labrune s'est augmenté, passant de 420 000 euros à 1,2 million d'euros, avant de concéder une baisse en "trompe-l'œil" à 840 000 euros sous la pression du Sénat.

Football : la commission d’enquête du Sénat dénonce une baisse « en trompe l’œil » du salaire du président de la Ligue - Public Sénat

Le conseil d’administration de la Ligue de football professionnelle vient d’annoncer une diminution de 30 % du salaire de son président. Au Sénat, la commission d’enquête sur la financiarisation du football dénonce au contraire un doublement de la rémunération de Vincent Labrune. Une décision qui va « à contresens » de la situation de la Ligue, qui subit une forte perte de recettes.

Public SénatRose-Amélie Bécel

Pourquoi Labrune est-il haï alors que Mbappé est adoré? Parce que Labrune se comporte comme un haut fonctionnaire : il se sert avant de servir. Il incarne cette oligarchie de l'entre-soi, ces copains de promotion qui se distribuent les postes et les prébendes indépendamment de leurs résultats. Labrune, c'est la politique qui a envahi le foot. C'est la logique de la Caste : socialisation des pertes, privatisation des profits, et impunité des dirigeants.

Vers la Sécession : le refus de la spoliation

Ce que nous dit l'argument de Nozick appliqué à la France de 2025, c'est que nous vivons une crise de "Sécession". D'un côté, une France périphérique, productive, qui accepte les règles du jeu du marché et admire ceux qui réussissent par leur talent, fut-ce avec un ballon. De l'autre, une "Caste" politico-administrative qui vit en vase clos, protégée par le statut de la fonction publique (n'oublions pas que la plupart des députés sont des fonctionnaires en détachement qui ne risquent jamais le chômage), et qui utilise l'appareil d'État pour siphonner la richesse nationale.

L'inflation normative, la pression fiscale, la gestion calamiteuse de la crise Covid et le délire bureaucratique de l'hôpital public ont fini par convaincre les Français que l'État n'était plus la solution, mais le problème. L'argent versé aux députés n'est plus vu comme le salaire de la démocratie, mais comme le coût d'entretien d'une oligarchie nuisible.

Éric Verhaeghe : « Le monopole public a soviétisé les hôpitaux »

Entretien avec Éric Verhaeghe, haut fonctionnaire, essayiste, journaliste économique et fondateur du « Courrier des stratèges ». → Pourquoi le système de santé français est-il victime d’une thrombose administrative ? Il faut bien préciser que la thrombose concerne l’hôpital public, pas l’hospitalisation privée, qui n’a pas recouru aux méthodes absurdes de son concurrent subventionné. Dans la pratique, […]

Contribuables AssociésJean-Baptiste Leon

Nous sommes entrés dans l'ère du soupçon généralisé. Le citoyen ne croit plus au "bien commun" brandi par les élus. Il voit des intérêts particuliers déguisés en intérêt général. Il voit la spoliation. Et face à cela, sa réaction est saine : il préfère mille fois donner 100 euros pour voir un match, geste libre et plaisant, que de voir 100 euros prélevés sur sa fiche de paie pour financer les errances d'un parlementaire déconnecté.

Liberty Academy : budget 2026 et spoliation légale

Bienvenue dans ce dixième module de la Liberty Academy. Aujourd’hui, nous faisons une analyse libertarienne des projets de budget.

Verhaeghe BriefingEric Verhaeghe

Au fond, le peuple français est peut-être plus libéral qu'il ne le croit. Il a compris, instinctivement, la leçon de Nozick : la justice n'est pas dans l'égalité forcée des résultats, mais dans la liberté des échanges. Tant que nos politiques n'auront pas remis leur "peau en jeu" (skin in the game), tant qu'ils n'auront pas renoncé à leurs privilèges de caste pour affronter le risque du réel, ils resteront, aux yeux de la foule, des usurpateurs bien moins légitimes que le moindre remplaçant de Ligue 1.

Une critique libertarienne de l’État-Providence

Je le répète souvent : l’Etat-Providence est la première cause de l’avachissement de notre pays. Je l’explique dans cette nouvelle livraison de la Liberty Academy.

Verhaeghe BriefingEric Verhaeghe

Le "Grand Collapse" n'est pas seulement économique, il est moral. Et il commence par ce regard lucide et terrible que le peuple pose sur ses maîtres : vous nous coûtez trop cher pour le mal que vous nous faites.

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