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Pourquoi les femmes aiment-elles autant le true crime?

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Depuis plusieurs années, le true crime s'est installé partout: dans nos écouteurs, sur nos plateformes de streaming et jusque sur nos tables de chevet. Podcasts dédiés, séries documentaires addictives ou polars inspirés de faits divers sanglants: les récits de crimes sont devenus un genre culturel à part entière, aussi fascinant que controversé. Cette tendance plaît à des millions de personnes, en particulier aux femmes.

Une équipe de l'Université de Graz, en Autriche, s'est intéressée à cet intérêt féminin pour les histoires de meurtres souvent sordides. Ses résultats, publiés dans le British Journal of Psychology, montrent que la gent féminine en consomme davantage pour réguler ses émotions et affûter ses mécanismes de survie.

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À partir de données récoltées auprès d'un échantillon de 570 participants, les chercheurs ont relevé des différences entre les sexes, en matière de quantité de true crime consommés ainsi que sur les motivations qui conduisent à s'effrayer devant un fait divers bien ficelé. Les femmes, bien plus que leurs homologues masculins, utilisent les histoires de crimes réels comme outil d'apprentissage, pour augmenter leur sentiment de sécurité dans la vie quotidienne, comme le rappelle un article de The Debrief.

En 2023 déjà, le Pew Research Center montrait que «les femmes sont presque deux fois plus susceptibles que les hommes d'écouter régulièrement des podcasts consacrés au true crime». Jusqu'ici, les tentatives d'explication s'apparentaient plutôt à des spéculations genrées qu'à des preuves scientifiques. La nouvelle étude apporte des réponses étayées à ce phénomène largement débattu –et pas uniquement à coups d'arguments solides.

Une stratégie de prévention

Pour comprendre cette surreprésentation féminine, les chercheurs ont testé plusieurs facteurs-clés: l'excitation, l'authenticité, la régulation des émotions et la «vigilance défensive». Le constat est sans appel: c'est cette dernière qui distingue le plus nettement les femmes. Autrement dit, elles se tournent vers le true crime parce qu'elles estiment que ces récits peuvent les aider à anticiper et éviter des dangers réels.

«Les risques de victimisation et le désir d'acquérir des connaissances pour prévenir les agressions dans la vie réelle peuvent expliquer leur fascination pour les crimes réels», écrivent les chercheurs. Dans cette optique, l'intérêt pour les faits divers cesse d'être une curiosité morbide pour devenir une stratégie de prévention.

Reste une inquiétude tenace: se nourrir quotidiennement d'histoires de meurtres, d'enlèvements et de prédateurs ne rend-il pas le monde plus anxiogène qu'il ne l'est déjà? Là encore, les chercheurs nuancent: si les amateurs de true crime se voient plus facilement victimes, ils ne se sentent pas pour autant moins en sécurité. La peur ressentie s'accompagne paradoxalement d'un sentiment de préparation accrue. En clair, le true crime rendrait à la fois plus conscient du danger et mieux armé pour y faire face.

Pour ceux qui redoutent les effets d'une exposition répétée à la violence, la science va vous étonner. Les chercheurs n'ont trouvé aucune preuve solide indiquant que consommer des récits morbides traduit un mal-être émotionnel. «La consommation de faits divers criminels n'était pas significativement associée à une affectivité négative ou à des problèmes de santé mentale», précisent les chercheurs, ajoutant que les liens avec le stress ou l'anxiété restent «très faibles». Chez certains participants, écouter des podcasts sur des crimes favoriserait même la résilience émotionnelle.

En conclusion, les auteurs insistent: l'engouement pour le true crime est davantage lié à la nécessité d'évoluer dans un monde où le danger semble omniprésent, plutôt qu'à une fascination morbide pour la violence. «Notre étude franchit une nouvelle étape dans la compréhension de la psychologie qui sous-tend l'un des genres médiatiques contemporains les plus importants», résument-ils. Un genre qui, derrière le sang et les frissons, raconte surtout une histoire de peur, de contrôle… et de stratégies de sécurité.

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