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Pourquoi la ministre de la décentralisation est venue féliciter une entreprise installée dans l’Orne ?

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Ville à Joie est une entreprise installée à Cisai-Saint-Aubin (Orne). L’organisme, créateur de lien social, a été félicité par la ministre de la décentralisation, Françoise Gatel.

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La ministre Françoise Gatel (chemise blanche) en pleine discussion avec Clarisse Leudière, responsable de la tournée Ville à Joie en Normandie

La ministre Françoise Gatel (chemise blanche) en discussion avec Clarisse Leudière, responsable de la tournée Ville à Joie en Normandie ©TB

Par Theo Boissonneau Publié le 10 août 2026 à 18h24

Cisai-Saint-Aubin (Orne) est un petit village de moins de 200 habitants, près de Gacé (Orne). Sans commerce ni école, on pourrait penser qu’il ne s’y passe pas grand-chose. Pourtant fin juillet, une flopée de personnalités politiques, dont la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation Françoise Gatel, se sont rendues dans la commune.

Pour la fête du vendredi 24 juillet, près de cent personnes étaient présentes, habitants du village ou des environs.

« C’est une initiative géniale ! Toutes les générations sont venues, ça fédère vraiment le village », se réjouit entre deux parties de blind test Christine, l’une des habitantes. « Ça redynamise le village », poursuit Xavier Caplet, ancien maire de Cisai-Saint-Aubin.

Une installation durable dans l’Orne

Cette animation a été organisée par l’entreprise sociale et solidaire Ville à Joie. Née en Côte-d’Or en 2020, cela fait trois ans qu’elle intervient également en Normandie. En conséquence cet été, l’organisme a acheté une maison à Cisai-Saint-Aubin.

Celle-ci sert de logement et de bureau à cinq employés durant près de six mois, de juin à novembre.

« Cela nous permet d’intervenir facilement dans l’Orne, l’Eure et l’Eure-et-Loir », souligne Clarisse Leudière, responsable de la tournée Ville à Joie en Normandie.

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Lien social et services de proximité

Partout où elle passe, Ville à Joie organise des fêtes ouvertes à tous, en ciblant les communes de moins de 1 000 habitants, où le lien social tend à s’effacer.

Mais outre le côté festif, l’objectif de ces rendez-vous est aussi d’amener des services de proximité dans des petits villages où ils disparaissent de plus en plus.

Ainsi, ce 24 juillet, quelques commerçants présentaient leurs fabrications artisanales. Des stands ont aussi été mis à la disposition d’associations.

Des stands pour les associations

Catherine Gendronneau et Marylène Olivier sont bénévoles à la Ligue contre le cancer, à Alençon (Orne). « Ce rendez-vous permet de nous faire connaître. L’association fait de la prévention à la télévision mais c’est mieux quand on peut rencontrer directement les gens », explique Catherine Gendronneau.

En ces temps de canicule, l’organisme mène une campagne de prévention solaire en sensibilisant aux risques liés à une surexposition au soleil.

« Chaque année, on dénombre de plus en plus de cancers de la peau. D’une part, parce que les rayons du soleil sont plus agressifs, mais aussi parce que les gens ne font pas assez attention », déplore la bénévole.

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Les sapeurs-pompiers recrutent

Parmi les stands, les sapeurs-pompiers étaient eux aussi de la partie. « Nous sommes partenaires de Ville à Joie depuis 2025 », indique le commandant Eric Guais, chargé du développement du volontariat au sein du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) de l’Orne.

« Une vingtaine de centres de secours ont déjà été impliqués dans le dispositif », poursuit-il.

L’enjeu de cette présence de pompiers est de se faire connaître auprès de la population. « L’objectif est aussi de recruter de potentiels volontaires », ajoute le lieutenant Jérôme Gautier, chef du centre de Gacé.

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Des hommes et femmes politiques au rendez-vous

Plusieurs responsables politiques se sont joints à la fête afin de saluer l’initiative menée par Ville à Joie et remercier son fondateur, Marius Drigny, ainsi que ses équipes.

Figuraient notamment Alain Renou, maire de la commune, Véronique Louwagie, conseillère départementale, Sandy Lecoq-Espallargas, sous-préfète de Mortagne-au-Perche (Orne), Hervé Tourmente, préfet de l’Orne, et Thierry Liger, député de la 2e circonscription de l’Orne.

« La ruralité est l’avenir de notre pays »

Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, avait également fait le déplacement.

« Ce qu’il se passe ici est juste génial ! On a des jeunes gens qui agissent pour rallumer la lumière dans les villages, félicite la ministre. La ruralité est l’avenir de notre pays. C’est un territoire à haute valeur ajoutée qui nous garantit notre souveraineté avec l’agriculture et les énergies renouvelables ».

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Un abandon des collectivités et de l’État ?

Ce genre d’action est bien entendu à encourager, mais peut-être qu’elle illustre par ailleurs une défaillance des politiques locales et nationales. En effet ici, l’événement qui apporte du lien social, tout en donnant une vitrine à des associations et artisans locaux, n’est pas orchestré par les collectivités ou l’État, mais par un organisme privé.

Françoise Gatel se défend cependant d’avoir abandonné les territoires ruraux. « Marius a vu les commerces et le lien social disparaître dans le village de sa grand-mère, et c’est cela qui l’a poussé à créer Ville à Joie. Il faut saluer les jeunes qui portent ces valeurs, il n’y a pas de fatalité », rétorque la ministre.

Aujourd’hui, la vie est différente, on ne peut pas forcer les commerces à s’installer dans des villages où ils n’auront pas assez de clients, donc il faut s’adapter avec des services qui se déplacent.

Après une pause en août, Ville à Joie animera de nouveaux rendez-vous dans l’Orne dès le mois de septembre

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