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Vous aussi, il vous arrive parfois de galérer à trouver votre chemin en ville? Vous avez beau avoir votre GPS à portée de main, l'adresse souhaitée écrite sur un bout de papier, et tout un tas de noms de rues à votre disposition: vous arrivez quand même à vous perdre, ou à faire des détours. Un conseil, n'allez pas au Japon.
Car si le système de noms de rues à la française vous semble parfois compliqué, le Japon, lui, voit les choses en grand: ils n'ont tout simplement… pas de nom de voie. De quoi transformer chaque sortie en une sorte d'escape game géant pour trouver son chemin? Bien au contraire.
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Les adresses fonctionnent à l'envers
En France, nous sommes habitués à fonctionner ainsi: on part généralement de l'adresse la plus précise à la plus large. C'est-à-dire qu'on commence par le numéro, puis le nom de la rue, avant de terminer par la commune ou la ville. Par exemple: 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008, Paris. (C'est là où vit Macron, si vous avez des réclamations).
Au Japon… c'est tout l'inverse! On part plutôt du plus général pour aller vers le plus particulier. Et au lieu de se reposer sur un numéro et un nom de voie, le système japonais s'appuie d'abord sur un quartier, puis un secteur, un bloc et enfin un bâtiment. Autrement dit, on ne cherche pas forcément une rue pour trouver une adresse, mais plutôt une pièce précise dans un ensemble de blocs.
Exemple: 150-0002 Tokyo-to, Shibuya-ku, Shibuya 2-Chome, 24-12. (Rien à voir avec Macron cette fois-ci, c'est juste un lieu super touristique de la capitale japonaise). Ici, on commence d'abord par le code postal (150-0002), puis la ville, Tokyo; Shibuya, l'arrondissement; 2-Chome, le secteur; 24, le bloc, et 12, le bâtiment. C'est comme si l'on réduisait progressivement la zone, jusqu'à l'adresse cherchée.
Une histoire d'urbanisme
Si l'on se penche un peu plus sur les raisons de cette singularité, il faut remonter à l'époque féodale, vers le XIIe siècle. Pendant longtemps, les habitants des villes n'utilisaient alors pas de noms de rues, mais plutôt des repères visuels. Un marché, un temple ou toute autre architecture qui dénote, connue de tous. La logique a tenu jusqu'en 1962, où une loi est venue moderniser tout ça, avec ce système de blocs.
Bon, on ne vous a pas encore tout dit, mais il y a encore une petite complication. Côté numéros des bâtiments, l'affaire se corse un peu plus: ces derniers sont généralement numérotés selon leur ordre d'attribution ou… de construction. Il n'est pas rare d'ainsi voir le numéro 1 à côté du 9, ou encore le 3 qui se balade près du 18. Parce que pourquoi pas, en fait…
Dernière étrangeté (promis, c'est la dernière), ce système n'est même pas vraiment uniforme dans le pays. Si à Tokyo les blocs sont rois, à Kyoto, ce sont plutôt les grandes avenues et grandes intersections qui font office de repères de marque; tandis qu'à Sapporo, une ville bien quadrillée, cela correspond presque à un modèle occidental. De quoi s'y perdre.
Alger, Cambodge… et Paris ?
Si le cas du Japon est un chouïa extrême, il n'est pourtant pas le seul exemple dans le monde où le moyen de localisation dans les villes est différent du nôtre. Prenez Alger, Oran ou Constantine, en Algérie: peu de noms de rues, mais beaucoup de repères. Les monuments, cafés ou mosquées font souvent office de points de référence, note Ouest-France. Au Cambodge, on se repère volontiers grâce aux pagodes, ces édifices religieux bouddhistes qui s'élancent jusque dans le ciel. Facile à voir de loin.
Et en France? Des rues avec des noms restent l'écrasante norme, mais quelques bastions résistent. Certaines petites communes fonctionnent parfois avec des lieux-dits, ou des noms de fermes connus de tous. Une loi de 2022 est venue renforcer les obligations de numérotation et de dénomination. Finie, la ferme du vieux Michel. Snif.
Même à Paris, nous ne sommes pas à l'abri de quelques surprises. Parmi les milliers de voies que compte la capitale, certaines ne portent… pas encore de nom traditionnel. C'est le cas de plusieurs bretelles du périphérique, des tunnels ou des accès techniques, qui se retrouvent désignés de manière provisoire comme A/1 ou BZ/12. Les lettres indiquent le rang de la voie parmi les voies non nommées, tandis que le chiffre après la barre correspond à l'arrondissement.
Vous rêveriez de retrouver votre nom adossé à une belle bretelle d'autoroute bien bouchée? Depuis 1982, la dénomination des voies relève des communes. À Paris, la tâche d'attribuer les nouveaux noms revient donc au Conseil de Paris. Et si vous êtes une femme, ça part plutôt mal: seuls 15% des dénominations dans l'espace public (voies, mais aussi plaques, jardins, écoles, gymnases…) font référence à des femmes. Un problème que le Japon n'a pas.





























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