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En septembre 2026, John Coltrane aurait eu 100 ans. Mais c’est un hasard qui a conduit la chorégraphe Natasha Powell, fondatrice de la compagnie Holla Jazz, à créer un spectacle inspiré de cette légende de la musique : « on aurait dû le présenter en 2020, mais nous savons tous ce qui s’est passé », explique-t-elle. « Le projet a été mis en pause et, six ans plus tard, nous y revenons presque par hasard pour notre 10e anniversaire, qui coïncide avec celui de John Coltrane, c’est providentiel!
Son admiration pour le saxophoniste s’est renforcée après avoir vu le documentaire Chasing Trane, de John Scheinfeld, au festival Hot Docs en 2016. Le film révélait magnifiquement son humanité, ses valeurs, son cheminement spirituel, sa vie familiale et les obstacles qu’il a surmontés, au-delà de sa musique, qui est déjà monumentale, se rappelle Natasha Powell. Une révélation qui lui a donné envie d’entrer en relation avec Coltrane à travers la danse.
Un lieu particulier
The Room Upstairs s’inspire d’un espace que le musicien avait aménagé dans la maison qu’il partageait avec son épouse, Alice, en banlieue de New York. John Coltrane y avait un espace à lui. L’existence de cet endroit fascine la fondatrice de Holla Jazz : C’était une sorte de grenier, il y partageait son temps entre la création, sa pratique spirituelle, la composition et la méditation. C’est en imaginant cet espace que Natasha Powell a construit sa chorégraphie.

Natasha Powell est la fondatrice de la compagnie Holla Jazz.
Photo : Holla Jazz / Kevin Jones
Elle a aussi été inspirée par la distribution de son spectacle, particulièrement remarquable. Parmi les danseurs et musiciens qui participent, on retrouve par exemple Caroline Lady CFraser, lauréate de deux prix Doras en 2023, et Thompson Egbo-Egbo, pianiste de jazz, figure du renouveau de cette musique à Toronto.
Ce qui me pousse à travailler avec ces artistes, c’est qu’ils sont eux-mêmes chorégraphes et créateurs dans leurs propres projets, détaille Natasha Powell. Elle est reconnaissante que chacun apporte une voix, des perspectives et des questions singulières.
Du hip-hop et de la house au jazz
Ce spectacle est à l’image de ce qui a conduit Natasha Powell à fonder Holla Jazz en 2016 : Cette compagnie est un lieu de rencontre, un point de convergence. Danseuse avant de devenir chorégraphe, elle a commencé par le hip-hop et la house avant de découvrir plus tardivement la danse jazz authentique, se souvient-elle. J’ai réalisé les similitudes entre ces différents courants qui ont en commun les danses sociales afro-américaines, qu’il s’agisse de ragtime ou de cakewalk, jusqu’à la disco et au funk.
Cette prise de conscience, elle la doit à Moncell Durden : « Je l’ai rencontré quand il travaillait sur un documentaire intitulé Everything Remains Raw, qui retrace la filiation de ces pratiques de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 2000 ». Elle se rappelle de cette sensation tenace qui l’habitait quand [elle] a vu la partie sur le jazz, impression qui, depuis, ne l’a plus quittée et qui l’a guidée jusqu’à la création qui sera présentée toute la fin de la semaine.
The Room Upstairs, chorégraphie deNatasha Powell, avec les danseurs Caroline Lady C Fraser, Hollywood Jade, Miha Matevzic et Raoul Wilke. Spectacle présenté au théâtre de la rue Winchester à Toronto jusqu’au 2 mai.


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